12/08/2009

BABA MERZOUG OU LA CONSULAIRE

BRAVO CHRISTIAN POUR AVOIR REMARQUE LE COQ FRANCAIS DANS LE DIAPORAMA SUR LE MUSEE DE LA MARINE !!!EN CONSEQUENCE CETTE PETITE NOTE EXPLICATIVE POUR LUI ET TOUS LES AMATEURS DE NOTRE HISTOIRE !
CE COQ EST PLACE AU SOMMET D'UNE PIECE D'ARTILLERIE PEU ORDINAIRE INSTALLEE A BREST DANS L'ARSENAL.LES ALGERIENS L'APPELLENT "BABA MERZOUG" ET VOUDRAIENT A JUSTE TITRE LA RECUPERER !!


VOIR CE SITE
http://sauvonslacasbahalger.viabloga.com/baba_marzoug_per...


La Consulaire est le nom d'une pièce d'artillerie, prise lors du siège d'Alger en 1830, et érigée en monument à proximité de la forme de Troulan.
Localisé dans l'Arsenal, son accès n'est rendu possible que par l'ouverture de celui-ci lors des festivités maritimes tel que Brest 2008.

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Description
La pièce d'artillerie d'une longueur d'environ 7 mètres, est dressée verticalement sur un bloc de granit. Elle est surmontée d'un coq tenant un globe sous une de ces pattes. Ce coq victorieux, c'est bien sur le symbole de la France tenant sous sa patte le monde.
Le socle est en granit de l’Aber-Ildut, flanqué de plaques en bas-reliefs du sculpteur Seur.
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2009.05.28 Brest Visite du Chateau et du musée de la Marine 48 (24).jpg

COPIE DU COQ EXPOSEE AU MUSEE

La Consulaire, prise à Alger le 5 juillet 1830, jour de la conquête de cette ville par les Armées Françaises, l'Amiral Baron Duperré commandant l'escadre. Érigée le 27 juillet 1833, Sa Majesté Louis Philippe régnant, le Vice Amiral Charles de Rigny ministre de la Marine, le Vice Amiral Bergeret préfet maritime.

Histoire du canon
Cet énorme canon date de la fin des travaux de fortification de la ville d'Alger, en 1542. Fabriqué par un fondeur vénitien suite à la commande du pacha Hassan, long de 7 mètres, et d’une portée exceptionnelle de 4 872 mètres, cette pièce d’artillerie fut baptisée Baba Marzoug (Père Fortuné). Elle interdisait à tout navire ennemi l’accès à la rade d’Alger.

Pourquoi La Consulaire ?
Son nom provient de son utilisation comme engin de mise à mort du consul français à Alger en 1671. Celui-ci, accusé de traitrise, fut en effet placé devant la bouche à feu avant que celle-ci ne fasse feu sur le navire amiral de la flotte française qui bombardait la ville. Le consul martyr baptisera la pièce d'artillerie pour les français, et donnera toute son importance à son érection comme monument à la gloire des Armées françaises.

Erection du monument
Erigée en 1833, sur l'ordre de l’amiral en chef Victor-Guy Duperré, originaire de Brest, face au Magasin Général quai Tourville, ce monument est tout à la fois le symbole d'une victoire française et celle d'une volonté colonisatrice qui durera encore plus d'un siècle!!

Récupérée de « http://www.wiki-brest.net/index.php/Consulaire »

12/11/2008

QUELQUES PAGES SUR 14-18....

A UN ASPIRANT TUE - Poème de Henry de Montherlant
J'ai lavé ton front, tête vide,
défait les cuirs sur tes reins étroits,
défait le col sur ton sein aride.
Pauvre corps, qu'a-t-on fait de toi!

Tu priais que passât ce calice.
Je tairai tes yeux tournoyants.
Frère du choix plus fort que le sang,
Qu'avais-tu fait pour qu'on te punisse ?
(...)

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Extrait de "Chant funèbre pour les morts de Verdun", poème liminaire au livre de prose Mors et Vita, 1932.
Tiré de "Les poètes de la Grande Guerre" (Anthologie de poèmes choisis par Jacques Béal, le cherche midi éditeur, 1992)
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Henry de Montherlant (1869-1972), à la mort de sa mère, en 1915, s'engage dans l'armée active et se bat courageusement sur le front de l'Est et en Belgique. Grièvement blessé en 1918, il est nommé secrétaire général de l'ossuaire de Douaumont, fonction qu'il occupe de 1920 à 1925.




SOUVENIRS DU 11 NOVEMBRE - Souvenirs de Roland Dorgelès
Je l'ai encore dans l'oreille, le chant du Onze novembre.
Des hymnes? La Madelon ?
Mais non, voyons, souvenez-vous :

Ah! Il n'fallait pas, il n'fallait pas
Qu'y aillent ...

Cela fusait des rues comme un rire triomphant, un grand rire de délivrance. La France soulagée l'a lancée jusqu'au ciel, cette boutade d'un passant reprise par un million de voix: "Il ne fallait pas qu'y aillent!" ces meurtriers vaincus, et l'on promenait sur les boulevards leurs canons devenus des joujoux. Cependant, tandis que la foule exultait, je me rappelais les boulevards, quatre ans plus tôt, quand couraient vers les gares ces cohortes de jeunes gens qui ne reviendraient plus, et au lieu de chanter, noyé dans cette mer humaine, j'élevais ma pensée vers la funèbre armée qui emplissait la nuit.
Il fallait qu'ils y aillent ceux-là, ils y étaient allés, et, dans leur troupe immense, je cherchais des visages, je réclamais tout bas mes morts ... Pas seulement les amis : les autres aussi, surtout les autres, ces figures effacées dont on n'a pas su le nom, le camarade de corvée qui a pris ton fardeau quand tes genoux pliaient, celui qui a déchiré ta capote lorsque, pris dans le barbelé, tu allais y rester, le petit volontaire qui a crié : "Présent!" quand il fallait traverser le tir de barrage pour porter un ordre d'où dépendait notre sort.
Tu me comprends bien : le frère d'un instant, celui qu'on rencontrait par hasard et qu'on retrouvait, le lendemain, en travers du boyau, ou couché sur la piste, ses doigts durcis enfoncés dans l'argile et un dernier rictus lui découvrant les dents ...
Ah! non, je n'ai pas chanté ... J'aurais dû peut-être, mais les souvenirs me serraient la gorge. Il défilait trop de fantômes dans ce ciel sans étoiles.
Aujourd'hui encore, en écrivant ces mots désordonnés qui veulent jaillir ensemble, je crois entendre les clameurs de l'Armistice et je lève les yeux vers la nuit éternelle où passaient les suppliciés. C'est ce défilé-là qu'auraient dû regarder les survivants.

Entre deux guerres, extrait de Bleu Horizon, Albin Michel, 1949
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Roland Dorgelès (1886-1973) est, bien sur, l'auteur du roman le plus populaire autour de la guerre de 14-18 : "Les croix de bois" (Prix Fémina, 1919). Il fût caporal au 39ème R.I.


EN CHAMPAGNE - extrait de "La Peur"

- En avant!
Nous sommes près d'une issue. Je prends place dans la file, je suis les autres. Nous sommes déjà au bas des escaliers, nous les gravissons, nous allons sortir... L'instant énorme où l'on renonce...
Dehors... Les souffles, les hurlements des artilleries déchaînées... L'aube incolore et froide. Nous y trempons nos visages comme dans un baquet d'eau glacée. Nous frissonnons, le teint vert, la bouche empâtée par cette puanteur d'estomac des mauvais réveils. Nous stationnons dans le boyau pour donner à la colonne le temps de s'organiser.
Des cravaches furieuses fouaillent l'espace, très bas, comme pour nous décapiter; c'est la crise de folie de nos 75 dont le barrage nous précède. Au-dessus l'artillerie lourde forme une voûte de ronflements, de halètements puissants. Un grand flilet de trajectoires est tendu sur la terre, et nous sommes pris dans ses mailles. Partout les ondes sonores se choquent, se brisent, se résolvent en remous aériens... On ne décèle pas encore la part de l'ennemi dans cette tempête métallurgique qui submerge tout.
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La Peur, Presses universitaires de France, 1930
Gabriel Chevallier (1895-1969)est l'auteur bien connu de Clochemerle. Il fût soldat au même régiment que Dorgelès et participa à l'offensive d'Artois en septembre 1915. Blessé, il revient au front en 1916 et finit la guerre au 163e

NUITS DE GUERRE - Maurice Genevoix
Ils vont, ces hommes, à grands pas souples balançant leurs bras gauche d'un geste long, qui rythme puissamment leur allure. Leur main droite se noue, près de l'épaule, à la bretelle de leur fusil; et le poids des cartouches, avec celui du sac, fait saillir en cordes les muscles de leur cou. Bien armés, le corps durci, les yeux redevenus calmes pour avoir reflété trop d'horreurs, ils vont leur marche, sûrs d'eux désormais, que la fin de l'étape soit la grange tiède et pleine de foin, ou la tranchée boueuse que cherchent les obus ou le combat crépitant qui fauche les hommes par rangées.

Extrait de Nuits de Guerre, Flammarion, 1916
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"Nuits de Guerre" a été réuni en 1950 à "Sous Verdun" (1916), "La Boue" (1921) et "Les Eparges" (1923) pour former "Ceux de 14", oeuvre majeure jugée comme un des meilleurs témoignages du conflit.
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Maurice Genevoix, éléve de l'Ecole Normale Supérieure, est mobilisé en 1914 comme sous-lieutenant au 106ème régiment d'infanterie. Il prend part à la bataille de la Marne et à de nombreuses opérations jusqu'en février 1915 où il est gravement blessé lors des attaques de la butte des Eparges. Il est réformé mais reprendra du service à la Fraternité franco-américaine jusqu'à l'armistice.


CAFARD - Paul Lintier
Dehors il vente. Morne réveillon! Il semble que ces grands anniversaires nous rendent plus tristes que de coutume. On songe aux Noëls passés, à l'incertitude d'en connaître d'autres ...
Demain, peut être demain ? ... Certes beaucoup, les yeux ouverts dans l'ombre, songent à cette boucherie, voient leur chair écartelée et pantelante ...
L'angoisse m'étrangle. Ce bouillonnement d'animalité et de pensée, qui est ma vie, tout à l'heure va cesser. Sur les perspectives de l'avenir qui toujours sont pleines de soleil, un grand rideau tombe. C'est fini! ... je n'ai que vingt et un ans.
Ah! si j'échappe à l'hécatombe, comme je saurai vivre! Je ne pensais pas qu'il y eût une joie à respirer, à ouvrir les yeux sur la lumière, à se laisser pénétrer par elle, à avoir chaud, à avoir froid, à souffrir même. Je croyais que certaines heures seulement avaient du prix. Je laissais passer les autres. Si je vois la fin de cette guerre, je saurai les arrêter toutes, sentir passer toutes les secondes de vie, comme une eau délicieuse et fraîche qu'on sent couler entre ses doigts. Il me semble que je m'arrêterai à toute heure, interrompant une phrase ou suspendant un geste pour me crier à moi-même : "Je vis! je vis!"
Et dire que tout à l'heure, peut être, je ne serai qu'une chair informe et sanglante au bord d'un trou d'obus!
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Paul Lintier est l'auteur de "Ma pièce", ses propres souvenirs comme maréchal des logis au 44ème d'artillerie. Il fût tué le 15 mars 1916.

LE JOUR DE LA VICTOIRE - Poème de Blaise Cendrars
A Paris

Le jour de la Victoire quand les soldats reviendront ...
Tout le monde voudra LES voir
Le soleil ouvrira de bonne heure comme un marchand de nougat un jour de fête
Il fera printemps au Bois de Boulogne ou du côté de Meudon
Toutes les automobiles seront parfumées et les pauvres chevaux mangeront des fleurs
Aux fenêtres les petites orphelines de la guerre auront toutes une belle robe patriotique
Sur les marronniers des boulevards les photographes à califourchon braqueront leur oeil à déclic
On fera cercle autour de l'opérateur du cinéma qui mieux qu'un mangeur de serpents engloutira le cortège historique
Dans l'après midi
Les blessés accrocheront leurs Médailles à l'Arc de Triomphe et rentreront à la maison sans boiter
Puis
Le soir
La place de l'Etoile montera au ciel
Le Dôme des Invalides chantera sur Paris comme une immense cloche d'or
Et les mille voix des journaux acclameront la Marseillaise
Femme de France

Paris octobre 1916 (Du monde entier au coeur du monde)
Tiré de "Les poètes de la Grande Guerre" (Anthologie de poèmes choisis par Jacques Béal, le cherche midi éditeur, 1992)
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Engagé volontaire en 1914 dans la légion étrangère, Blaise Cendrars (1887-1961) est grièvement blessé en 1915, subissant l'amputation du bras.
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14-18 EN CHANSONS....

Georges Brassens La Guerre De 14-18
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Depuis que l'homme écrit l'Histoire
Depuis qu'il bataille à cœur joie
Entre mille et une guerr' notoires
Si j'étais t'nu de faire un choix
A l'encontre du vieil Homère
Je déclarerais tout de suite:
"Moi, mon colon, cell' que j'préfère,
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit!"

Est-ce à dire que je méprise
Les nobles guerres de jadis
Que je m'soucie comm' d'un'cerise
De celle de soixante-dix?
Au contrair', je la révère
Et lui donne un satisfecit
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Je sais que les guerriers de Sparte
Plantaient pas leurs epées dans l'eau
Que les grognards de Bonaparte
Tiraient pas leur poudre aux moineaux
Leurs faits d'armes sont légendaires
Au garde-à-vous, je les félicite
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Bien sûr, celle de l'an quarante
Ne m'as pas tout à fait déçu
Elle fut longue et massacrante
Et je ne crache pas dessus
Mais à mon sens, elle ne vaut guère
Guèr' plus qu'un premier accessit
Moi, mon colon, celle que j' préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Mon but n'est pas de chercher noise
Au guérillas, non, fichtre, non
Guerres saintes, guerres sournoises
Qui n'osent pas dire leur nom,
Chacune a quelque chos' pour plaire
Chacune a son petit mérite
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Du fond de son sac à malices
Mars va sans doute, à l'occasion,
En sortir une, un vrai délice
Qui me fera grosse impression
En attendant je persévère
A dir' que ma guerr' favorite
Cell', mon colon, que j'voudrais faire
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

La "Chanson de Craonne"
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Quand au bout d’huit jours, le repos terminé,
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c’est bien fini, on en a assez,
Personn’ ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civelots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s’en va là haut en baissant la tête…

Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés,
C'est nous les sacrifiés !

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu’un qui s’avance,
C’est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe,
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes… (au refrain)

C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c’est pas la mêm’ chose.
Au lieu de s’cacher, tous ces embusqués,
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens, car nous n’avons rien,
Nous autr’s, les pauvr’s purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là. (au refrain)

Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les troufions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l’plateau,
Car si vous voulez faire la guerre,
Payez-la de votre peau !

Une chanson antimilitariste de 1917
Premier couplet
Dans toutes les villes, dans toutes les campagnes
Vous entendez crier des mots partout
Oui, il nous faut anéantir l’Allemagne
On les aura, faut aller jusqu’au bout
Oui, mais ceux-là ne sont pas à la guerre
Ils sont chez eux à l’abri du canon
Ils sont bien loin, loin des balles meurtrières
Y a pas d’erreur, ils ne vont pas sur le front

REFRAIN
On les aura, vous pouvez être tranquille
Dans les bistrots et dans les cinémas
Au coin du feu en tapant la manille
Le civil tient bon on les aura

Deuxième couplet
On les aura la victoire est certaine
Car nos poilus ne se battent pas pour la peau
On reprendra l’Alsace et la Lorraine
Albert Thomas l’a crié assez haut
Plus de socialistes, plus de révolutionnaires
Plus d’anarchos, patriotes avant tout
Des munitions pour continuer la guerre
Pour la Patrie faut aller jusqu’au bout

REFRAIN
On les aura cela vous pouvez le croire
Car c’est Hervé et Briand qui l’ont dit
Cela est sûr on aura la victoire
Car leurs amis sont à l’abri

3° Couplet
On les aura c’est devenu populaire
Pour les civils et pour les embusqués
C’est pour cela qu’on leur donne la croix de guerre
Car les poilus ne veulent plus la porter
Mais pourtant c’est la classe ouvrière
Qui se fait tuer oui sans savoir pourquoi
Pour un drapeau, une loque, quelle chimère
Les patriotes allez-y c’est votre droit

REFRAIN
Mais nous les gars crions à bas la guerre
Sachez le bien c’est le cri le plus beau
Plus de canons ni fusils ni frontières
A bas la guerre et ses bourreaux

4° Couplet
Ecoutez tous, vous les jusqu’auboutistes
Pour les avoir je vous montre le chemin
Prendre un fusil c’est logique c’est simple
Et vous irez sûrement jusqu’à Berlin
Près du canon près des balles meurtrières
C’est votre place, il faut vous dépêcher
Car les poilus eux ne veulent plus la guerre
C’est votre devoir d’aller les remplacer

REFRAIN
Dans les tranchées cela est bien facile
Par les poilus vous serez approuvés
Engagez vous ce n’est pas difficile
Alors peut-être, peut-être vous les aurez


Mutins de 1917
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Vous n'êtes pas aux Monuments aux Morts
Vous n'êtes même plus dans les mémoires
Comme vos compagnons de la Mer Noire :
Vous êtes morts et deux fois morts.
A vos petits enfants l'on ne répète
Jamais comment finit leur grand-papa :
Il y a des chos's dont on ne parle pas,
Mutins de mil neuf cent dix-sept

Sur votre dos, les Joffre et les Nivelle
Faisaient carrièr' dans les états-majors,
Leur humeur décidait de votre sort :
Aujourd'hui qui se le rappelle ?
Au lieu de s'emmerder en garnison,
Au lieu de piétiner au même grade,
C'était le temps béni de l'empoignade,
Vous parlez d'un' belle occasion...

Vous aviez fait tant d'assauts inutiles,
Juste pour corser le communiqué,
Vous vous sentiez tellement cocufiés,
Telle'ment pris pour des imbéciles,
Que vous avez voulu que ça s'arrête,
Cet abattoir tenu par la patrie,
Cette nationale charcuterie,
Mutins de mil neuf cent dix-sept

Avant l'attaque arrivaient les cercueils
Et vous coupiez votre pain sur leurs planches,
Tout juste si le crêpe à votre manche
N'annonçait votre propre deuil.
Par malheur, la France n'était pas prête,
Se révolter lui paraissait énorme,
Ell' bavait encore devant l'uniforme,
Mutins de mil neuf cent dix-sept

L'Histoir' vous a jetés dans ses égouts,
Cachant sous les flots de ses Marseillaise
Qu'un' bonne moitié de l'armée française
Brûlait de faire comme vous.
Un jour, sortirez-vous des oubliettes ?
Un jour verrons-nous gagner votre cause ?
J'en doute, à voir le train où vont les choses
Mutins de mil neuf cent dix-sept,
Mutins de mil neuf cent dix-sept

11/11/2008

FEUCHY,MONCHY,VIS EN ARTOIS ,VIMY....MEMOIRE DE PIERRES (suite)

Le Parc Mémorial Canadien de Vimy





Ce monument représente l'hommage le plus impressionnant que le Canada a rendu à ceux de ses citoyens qui ont combattu et donné leur vie au cours de la Première Guerre mondiale,


Points culminants stratégiques, offrant des vues imprenables sur le bassin minier, les collines de l’Artois qui furent à plusieurs reprises le cadre de violents et sanglants combats. Le Mémorial canadien de Vimy est le plus prestigieux des monuments canadiens d’Europe, devenu terre canadienne « un don de la nation française au peuple canadien » et symbole de l'histoire internationale, sur lequel sont gravés les noms des victimes des combats. Il a été élevé à la mémoire des 66000 jeunes canadiens ayant laissé leur vie ici et en France et commémore la bataille du 9 avril 1917.
Le Monument fait plus qu'indiquer l'emplacement des combats dont les Canadiens tirent plus de fierté que de toute autre opération de la Première Guerre mondiale. II représente un hommage à tous ceux qui ont combattu pour leur pays durant ces quatre années de guerre et, en particulier, à ceux qui ont donné leur vie. Sur le socle du Monument, sont gravés dans la pierre, en français et en anglais, les mots suivants :


À LA VAILLANCE DE SES FILS PENDANT LA GRANDE GUERRE, ET EN MÉMOIRE DE SES SOIXANTE MILLE MORTS, LE PEUPLE CANADIEN A ÉLEVÉ CE MONUMENT





Sur les parois du Monument, sont inscrits les noms de onze mille deux cent quatre-vingt-cinq soldats canadiens « manquant à l'appel et présumés morts » en France.










On notera par ailleurs la réalisation de la sculpture monumentale du sculpteur Canadien Seymour Allward qui travailla onze années durant pour ériger le monument mémorial de Vimy ainsi que différentes statues.

II a fallu onze mille tonnes de béton et de maçonnerie pour ériger la base du monument et cinq mille cinq cents tonnes de pierre, importée de Yougoslavie, pour les pylônes et les sculptures. La construction de cet ouvrage gigantesque commence en 1925; onze ans plus tard, le 26 juillet 1936, le roi Édouard VIII dévoilait le Monument commémoratif du Canada à Vimy.





Parc de 110 ha. constitué d'une multitude d'arbres et d'arbustes du Canada qui y ont été plantés pour rappeler les bois et les forêts du Canada. Depuis le sommet de la crête, on bénéficie d'un magnifique panorama de l'Artois. Aujourd'hui, autour de cette "montagne du souvenir" les trous d'obus, les tranchées et les souterrains restaurés font revivre cette journée historique, à la fois si lointaine et si proche.


La terre sur laquelle est érigé le monument commémoratif du Canada à Vimy a été cédée au Canada par la France en 1922, en reconnaissance des sacrifices accomplis par le Canada lors de la Première Guerre mondiale et pour la victoire remportée par les troupes canadiennes lors de la bataille pour la capture de la crête de Vimy en avril 1917.

ATTAQUE BRITANNIQUE D'AVRIL 1917. : La conquête de la falaise de Vimy :
Au printemps 1916, les Britanniques, étendant leur front de tranchées vers la Somme, relèvent les bataillons français dans les secteurs d'Arras.
Pendant l'hiver 1916-1917, des travaux considérables d'équipement du front d'attaque sont entrepris.
Après les enseignements de Verdun et de la Somme, la méthode d'attaque s'est précisée les moyens matériels, surtout, en artillerie, se sont considérablement accrus.
La falaise de Vimy, dont fait partie la Cote 119, va enfin être emportée.
L'honneur de la conquête revient à la 1ere Armée britannique (Horne), et plus encore au corps Canadien (Byng) , à 4 divisions :1er division (Currie), 2e (Burstall), 3e (Lipset), 4e (Watron).
Le bombardement britannique, par rafales extrêmement violentes, bouleverse les défenses allemandes dont les réseaux de barbelés atteignent 100 mètres d'épaisseur.
Pour la première fois, l'armée britannique utilise le tir indirect de centaines de mitrailleuses qui, groupées par, batteries, font pleuvoir par-dessus les lignes une véritable pluie de balles. Avec le bombardement ce tir interdit tout ravitaillement à l'ennemi.
Enfin, dès les premières heures du 9 avril, un tourbillon de feu et de mitraille s'abat sur les lignes ennemies et leurs batteries. Le nombre des canons britanniques est formidable: leurs roues se toucheraient sur toute la longueur de la ligne de bataille si on les avait placés les uns à côté des autres.
Dans la pluie et la brume de l'aube naissante, des fusées rouges, vertes, blanches, s'élèvent des tranchées adverses. Ce sont les demandes urgentes des tirs de barrages protecteurs et d'envois de secours immédiats. La pluie redouble, poussée violemment par un vent d'ouest. A 5 h. 30, les Canadiens bondissent de leurs trous et escaladent les pentes de la falaise. Ni les intempéries, ni la terre gluante n'arrêtent leur élan endiablé.


En 40 minutes, 3 lignes de tranchées sont franchies ; les premiers objectifs sont enlevés : la ferme de la Folie et le hameau des Tilleuls. La première vague s'installe sur ces positions conquises. La deuxième vague la dépasse et descend les pentes de la falaise. La Cote 132, dite Colline du Télégraphe, puis le village de Farbus, sont emportés. Dans ce village et le bois voisin, les Canadiens capturent une nombreuse artillerie. Les Allemands résistent fortement dans les nombreux réduits établis à contre-pente. Des défenseurs, réfugiés dans les carrières de craie et dans deux tunnels, sont capturés. Les renforts allemands contre-attaquent désespérément pour reprendre leurs positions perdues; ils se heurtent, avec d'effroyables pertes, à la ténacité inébranlable des Canadiens. La lutte est particulièrement âpre à l'extrémité nord de la crête tenue par la 4e division canadienne, elle continue sanglante toute la nuit. Le lendemain, le point dominant de la crête de Vimy est arraché à la défense allemande, la côte 145.
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La victoire est rapide mais coûteuse en vies humaines : 10.602 victimes dont 3598 Canadiens...
Toute la falaise est aux Canadiens dont le butin est considérable 5.000 prisonniers, une centaine d'officiers, 50 canons, 125 mitrailleuses et une quantité d'engins de toutes sortes.
Cette victoire va constituer un point tournant pour les forces alliées, et au Canada, créer un sentiment d'unité dans un pays encore jeune...
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A VIMY ,IL Y A EGALEMENT CE MONUMENT..


Monument aux morts de la division marocaine
La division a été formée au Maroc par Lyautey. A leur arrivée à Bordeaux en juillet 1914, ces éléments furent complétés de métropolitains et, un peu plus tard, de cette élite des volontaires étrangers accourus de 52 nations différentes. Formés en régiments d’abord mixtes (zouaves et tirailleurs tunisiens ou algériens, notamment), puis en division sous le commandement du général Jacques Humbert ; elle se signale par son infanterie portant le chéchia rouge et la pantalon bouffant.
Texte de la dédicace :

Aux morts de la division marocaine, sans peur, sans pitié
A la mémoire du Colonel PLEIN, commandant la 1ère demi brigade, du Colonel CROS, commandant la 2ème demi brigade, des officiers, des sous-officiers et soldats de la Division marocaine tombés ici glorieusement les 9, 10 et 11 mai 1915. Le 9 mai 1915, les régiments de la division marocaine s’élançant à 10 heures des tranchées de Berthonval et brisant de haute lutte la résistance des allemands atteignirent d’un bond la côte 140, leur objectif, rompant pour la première fois le front ennemi.

Sur les côté figurent les différents lieux où fut engagée la division marocaine durant la Grande Guerre.

Plaque installé en avril 1987 :

La division marocaine, de 1914 à 1918, fut la plus glorieuse des divisions de l’armée française et la seule dont tous les drapeaux furent décorés de la légion d’honneur


Maître d’ouvrage : L’érection du monument revient à l’initiative des anciens combattants de la division. Le 31 janvier 1924, un comité d’érection se crée sous la présidence d’honneur de Pétain et Lyautrey. Le décret d'autorisation d'érection du monumenet date du 26 octobre 1925.

10/11/2008

FLEUCHY,MONCHY,VIS EN ARTOIS,VIMY...MEMOIRE DE PIERRES ....

LA REGION NORD -PAS DE CALAIS A ETE TRES MARQUEE PAR LE CONFLIT DE LA GRANDE GUERRE ET CEUX QUI LA CONNAISSENT SAVENT QU'ELLE EST JALONNEE DE TRES NOMBREUX CIMETIERES MILITAIRES .ILS OFFRENT UN SPECTACLE TOUT A FAIT PARTICULIER LORSQU'ON PARCOURT LA CAMPAGNE ET ON NE PEUT RESTER INSENSIBLE A CE QU'ILS REPRESENTENT DE SOUFFRANCES ,DE DESOLATION ,D'HORREURS...ILS NOUS FONT PRENDRE CONSCIENCE QUE DES MILLIONS D'HOMMES SONT VENUS D'OUTRE- MANCHE ET D'OUTRE -ATLANTIQUE ET QU'UN GRAND NOMBRE SONT MORTS SUR LE SOL FRANCAIS ,VICTIMES DE LA FOLIE DE LA GUERRE ....(Pour l’ensemble de la guerre, sur les 8 millions de soldats engagés par la Grande-Bretagne et son empire, 900 000 ne sont jamais revenus. La France, durement touchée, a perdu 1,35 million d’hommes sur 8,4 millions de mobilisés. L’Allemagne déplore 1,8 million de morts, et la Russie, 2 millions ! )
ORIGINAIRE DU NORD ,J'AI VISITE, L'AN DERNIER, QUELQUES UNS DE CES SITES ET A L'OCCASION DU 90éme ANNIVERSAIRE DE L'ARMISTICE ,J'AI EU ENVIE DE VOUS FAIRE PARTAGER CES VISIONS DE CAUCHEMAR ...


Cimetières militaires du Commonwealth :

Les cimetières militaires britanniques sont gérés par la Commonwealth War Graves Commission, constituée par Charte Royale en 1917 pour entretenir les sépultures des membres des forces du Commonwealth tués pendant les deux guerres mondiales, pour élever des monuments à la mémoire de ceux qui n'ont pas de sépulture connue et de conserver les archives et les registres. 1.700.000 hommes et femmes des forces du Commonwealth furent tués pendant les deux guerres mondiales. Plus de 900.000 ont une tombe individuel, dont 200.000 autres tombes sont non-identifiées. Les sépultures du Commonwealth se localisent dans 140 pays différents.
Chaque sépulture est surmontée d'une stèle sur laquelle est gravé l'emblême national ou l'écusson de l'armée ou du régiment, suivi du grade, du nom de l'unité, de la date de décès, de l'âge et d'un emblême religieux approprié, et tout en bas, dans la plupart des cas, une inscription choisie par la famille.
Deux monuments sont communs aux cimetières militaires de la Commonwealth : la Croix du Sacrifice, fixée sur une base octogonale, portant sur sa flèche une épée de bronze; et dans les plus grands cimetières, la Pierre du Souvenir portant l'inscription tirée du livre d'Ecclesiasticus : "Leur nom vivra à jamais".
Les registres des cimetières et monuments sont disponibles sur place et se trouvent dans les boîtes à registres.
Les dépenses encourues pour l'entretien de ces cimetières sont partagées par les gouvernements associés participant au travail de la Commission (Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle Zélande, Afrique du Sud et Inde) au prorata du nombre de leurs sépultures.
Le département du Pas-de-Calais comprend près de 650 cimetières du commonwealth (dans lesquels reposent 180.000 hommes tombés durant la première guerre mondiale, et 4.500 durant la deuxième guerre mondiale), il faut également ajouter 7 mémoriaux.





Feuchy British Cemetery (212 corps 14-18).
Le village de Feuchy est enlevé par la 15e division (Scottish) britannique le 9 avril 1917. Perdu à la fin mars 1918, il sera reconquis à la fin août. Ce cimetière a été utilisé par la 12e division d’avril 1917 à mars 1918, puis de nouveau en août 1918.
Feuchy Chapel British Cemetery, un peu au sud du village, fut construit en mai par l’officier du VIème corps
chargé des inhumations et contenait, à l’Armistice, 249 tombes.Il fut ensuite agrandi pour accueillir plus de 800
sépultures (d’avril et mai 1917, principalement) ramenées des champs de bataille et des petits cimetières de Fampoux,Roux, Monchy et Wancourt. Plus de la moitié des sépultures n’ont pas été identifiées.






Monument des Terre-Neuviens

À neuf kilomètres à l'est d'Arras, le village de Monchy-le-Preux couronne une colline en forme de cône, à environ un kilomètre au nord de la route principale Arras-Cambrai. En bordure est du village, sur les ruines d'une fortification allemande, se dresse le caribou du Mémorial de Terre-Neuve à Monchy, le regard fièrement tourné vers la colline de l'Infanterie où, le 14 avril 1917, une poignée de valeureux Terre-Neuviens repoussèrent les contre-attaques massives de l'ennemi.



Colline de l'Infanterie (1917)
La rencontre eut lieu au cours de la grande offensive du printemps du feld-maréchal sir Douglas Haig, tandis que les Première et Troisième armées britanniques attaquaient sur un front de vingt-deux kilomètres à l'est d'Arras. La 88e brigade devait lancer une attaque de deux bataillons contre la colline de l'Infanterie derrière un barrage d'artillerie roulant. Le Newfoundland Regiment, sous le commandement du lieutenant-colonel James Forbes-Robertson, se tenait sur la droite, et le 1st Essex Battalion, sur la gauche.
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À 5 h 30 le 14 avril, les Britanniques ouvrirent leur barrage d'artillerie et les deux bataillons amorcèrent leur avance. Au bout de quatre-vingt-dix minutes, l'Essex s'était emparé de son secteur de la colline de l'Infanterie. Mais, pendant que les compagnies terre-neuviennes avançaient, elles furent balayées par le feu des mitrailleuses. Malgré de lourdes pertes, les Terre-Neuviens continuèrent d'avancer afin d'occuper les premières tranchées ennemies en face de la colline de l'Infanterie.
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Arrivés au haut de la colline, ils furent reçus par un nouveau bataillon ennemi. Deux autres bataillons allemands entrèrent en lice et les Terre-Neuviens furent contre-attaqués sur trois côtés. Une poignée d'hommes poursuivirent le combat jusqu'à ce qu'ils fussent tous tués ou capturés.

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À 10 heures, le lieutenant-colonel Forbes-Robertson apprit que pas un seul Terre-Neuvien n'était sorti indemne à l'est de Monchy, et que de deux cents à trois cents Allemands avançaient à moins d'un demi-kilomètre de là. Groupant rapidement tous les hommes disponibles de son état-major, il les conduisit sous le feu ennemi vers une tranchée dans la banlieue du village. Ils tirèrent aussitôt des rafales de feu sur les Allemands qui arrivaient, mais qui, croyant affronter une force supérieure, se terrèrent en grande hâte. Pendant les quatre heures suivantes, ces dix hommes déterminés représentèrent, selon le British Official History, «tout ce qu'il y avait entre les Allemands et Monchy, une des positions les plus vitales de tout le champ de bataille».

Les défenseurs visèrent avec une extrême précaution afin que chaque belle comptât, tirant en particulier sur les éclaireurs ennemis envoyés pour étudier la situation; c'est ainsi qu'ils purent tromper les Allemands sur leur nombre si réduit. Ils furent finalement relevés au milieu de l'après-midi par des renforts britanniques arrivant à Monchy. L'ennemi tenta sans succès un dernier assaut sur Monchy, mais les grosses pièces de l'artillerie du Corps bombardèrent les zones de rassemblement allemandes au bois du Vert et au bois du Sart.

Si Monchy fut sauvé, c'est avant tout grâce à l'héroïsme et à la détermination de dix hommes. Toutefois, les pertes du Newfoundland Regiment furent très lourdes ce jour-là, soit quatre cent soixante militaires de tous rangs, dont cent cinquante-trois qui furent faits prisonniers






Monchy British Cemetery (chemin d'Arras, lieu-dit le Pichetien, à l'ouest du village, superficie : 2586 m2). Ce cimetière a été ouvert après la bataille du 11 avril 1917, dès la prise du village, puis a continué d'être utilisé comme cimetière de première ligne jusqu'au moment de l'avance allemande de mars 1918. 554 soldats y reposent, dont 531 britanniques et 23 canadiens. Trois soldats y ont été inhumés le 15 avril 1998, dont deux identifiés, tous du 13eRoyal Fusilliers. Cimetière conçu par Sir Edwin Lutyens.



Mémorial aux combattants du Commonwealth,dans le cimetière britannique de Vis-en-Artois.
Date d'inauguration : Août 1930, en présence de M. Thomas Shaw, ministre britannique de la Guerre, et du général Braithwaite

Architecte : J. R. Truelove (ou Thulowe)
Sculpteur : Gilliek







Le monument (Mémorial) de Vis-en-Artois qui est érigé dans ce cimetière rappelle les noms de 9806 soldats Britanniques et 16 soldats Sud-Africains qui sont tombés dans ce secteur mais dont les tombes sont inconnues.




La partie principale du monument est composé d'un imposant hémicycle, d'une sculpture sobre, comportant une immense pierre tombale et un bas-relief vigoureux représentant Saint-Georges terrassant le dragon.


Ce cimetière, situé entre Vis et Haucourt, qui furent pris par les Canadiens le 27 août 1918, fut constitué par les Canadiens et les Britanniques, à partir de tombes provenant des champs de bataille environnants d'avril à juin 1917 et d'août à septembre 1918 et de petits cimetières des alentours, comprenant des soldats autres, de diverses nationalités dont principalement des Allemands. Aujourd'hui près de 2 500 morts y sont commémorés(1748 Britanniques, 582 Canadiens, 6 Australiens et 2 Sud-Africains), dont les 2/3 ne sont pas identifiés. Les localités concernées par les regroupements de tombes à Vis en Artois sont les suivantes : Pelves, Dury, Ecourt St Quentin, Etaing, Lecluse, Monchy, Rumaucourt, Sailly en Ostrevant.


PROCHAINE NOTE SUR LE SITE DE VIMY
SI VOUS VOULEZ ALLER PLUS LOIN ,JE VOUS INVITE A ALLER SUR CE SITE QUI PRESENTE UN TRAVAIL REMARQUABLE SUR LE SUJET:
http://pagesperso-orange.fr/memoiresdepierre/cimetiere.html

11/11/2007

LE PREMIER ARMISTICE DE 1918 :LE 7 NOVEMBRE A LA PIERRE D'HAUDROY

CET ETE 2007,EN JUILLET, JE SUIS ALLE DANS L'AISNE POUR UN SEJOUR QUI N'AVAIT RIEN DE TOURISTIQUE...TOUTEFOIS ,J'AI PRIS LE TEMPS ,2 JOURS,DE FAIRE UNE INCURSION DANS LE NORD,MON PAYS NATAL ,LA OU SONT ENTERRES MES PARENTS ,MES GRANDS PARENTS.CETTE REGION C'EST L'AVESNOIS ,LA TIERACHE SITUEE A L'EXTREME SUD DU DEPARTEMEMENT DU NORD .J'Y AI VECU 40 ANS ET L'ESPACE D'UN MOMENT ,J'AI RETROUVE MES RACINES ...
AUJOURD'HUI ,JOUR OU L'ON COMMEMORE LA FIN DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE ,C'EST L'OCCASION POUR MOI,DE VOUS PARLER D'UN ENDROIT DEVANT LEQUEL JE SUIS PASSE DES DIZAINES DE FOIS SANS M'ARRETER .ET EN JUILLET DERNIER ,ALORS QUE JE CONNAISSAIS VAGUEMENT L'HISTOIRE, LA CURIOSITE A ETE PLUS FORTE .JE ME SUIS ENFIN ARRETE ET CE QUE J'AI DECOUVERT, JE VOUS LE PRESENTE MAINTENANT ...

A cet endroit ,s'est déroulé l’ un des événements les plus marquants de la grande guerre .Son nom : la Pierre d’ Haudroy, lieu situé sur la route reliant Wignehies dans le Nord à La Capelle dans l'Aisne.

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Et maintenant ,place à l'Histoire ...
Le Chemin des Dames (les filles du roi Louis XV l’empruntaient d’où son nom), situé entre Soissons et Reims, est le théâtre de combats répétés et surtout très meurtriers.
Une contre offensive alliée lancée en juillet 1918 contraint les allemands qui avaient fortifiés les crêtes de cette route à évacuer cette position le 10 octobre 1918.

Le 7 novembre 1918, l’avant-garde de l’armée française, dans son avancée victorieuse, fait halte à la "Pierre d' Haudroy".
Attendus à 16h, c'est finalement à 20 h 20 que les parlementaires allemands se présentent au 1er bataillon du 171ème régiment d’infanterie de Belfort pour négocier les conditions de l'armistice.
Ils arboraient un drapeau blanc, qu'ils avaient confectionnés, à Fourmies où ils s'étaient restaurés,à l'aide d'un bambou et d'un morceau de drap.
C'est le caporal-clairon Pierre Sellier, originaire de Beaucourt (près de Belfort) qui, grimpé sur le marche pied de la première voiture allemande, ouvrira la route au convoi en jouant le "cessez le feu" au clairon.
L’officier qui reçoit le Général von Winterfeld est le capitaine Lhuillier, commandant de ce bataillon.
Il sera finalement signé le 11 novembre 1918 à 5 heures à Rethondes, quartier général de Foch. Il doit prendre effet six heures plus tard.
Ce même jour à 11 heures, le caporal-clairon Pierre Sellier, sonne le « Cessez le feu » de la Pierre d’ Haudroy marquant la fin officielle de cette guerre si meurtrière.
Un monument en granit des Vosges sera élevé à cet emplacement et inauguré le 5 novembre 1925.
Depuis cette date jusqu'à sa mort en 1948, le clairon Sellier sonnera sur place chaque année le "Cessez le feu" en commémoration.
Le monument a été dynamité par les allemands le 14 août 1940 puis reconstruit et inauguré à nouveau le 14 novembre 1948.La pierre centrale utilisée pour reconstruire le monument a été rapportée par Ernest Gernez du chantier du Ravenna Brücke en Allemagne.









EN TERMINANT CETTE NOTE ,J'AI UN PENSEE POUR UN GRAND ONCLE ,FRERE DE MON GRAND PERE MATERNEL ,QUI EST MORT A L'AGE DE 22 ANS,VENANT DE SA SAONE ET LOIRE NATALE ,A ESTREES GAUCHY DANS LE PAS DE CALAIS.
J'AI TROUVE SA FICHE SUR LE SITE DU MINISTERE DE LA DEFENSE ,MEMOIRE DES HOMMES .... ILS ONT INDIQUE MORT POUR LA FRANCE LE 23/02/1916 !!!JE N'EN CROIS RIEN ...IL A ETE TUE,COMME DES MILLIONS D'AUTRES PAR LA BETISE DES HOMMES ET DES GOUVERNANTS DE L'EPOQUE .
MOURIR A 22 ANS ,QUEL GACHIS !!!!




UNE ROSE POUR TOI JEAN LOUIS !!!
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18/10/2007

COURRIERES .....1906

CE SOIR SUR LA 3, UN TELEFILM A VOIR ABSOLUMENT !!!....en pensant à Marcel du Pas de Calais.....



Moi, Louis, enfant de la mine
Courrières 1906

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Téléfilm dramatique
Date de diffusion : jeudi 18 octobre
Horaire : 20:55 - Durée : 1h35
Acteur : Pascal Elso, Morgan Sarpaux, Arthur Vaughan-Whitehead
Réalisateur : Thierry Binisti
Histoire : Une tragique catastrophe minière met un terme à l'amitié qui lit deux garçons, l'un fils d'ouvrier, l'autre enfant de l'ingénieur en chef des mines.
Résumé : A Courrières en 1906, Louis, fils de mineur, descend pour la première fois dans la mine. Une terrible catastrophe va l'emprisonner sous terre durant plusieurs semaines, contraignant l'enfant à manger jusqu'à son col de chemise pour tenter de survivre. A la surface, son ami Charles, fils de l'ingénieur en chef des mines de Courrières, découvre avec consternation que son père soutient la direction dans sa décision de fermer des puits par lesquels d'éventuels survivants pourraient remonter. Trois semaines après le drame, treize miraculés font leur apparition. Parmi eux se trouve le jeune Louis, que ces 21 jours d'angoisse ont radicalement transformé. Il se sent désormais solidaire des mineurs et refuse de renouer avec le fils de celui qui les a lâchement abandonnés...
Critique : A travers le regard de deux enfants, Thierry Binisti revient sur la plus importante catastrophe minière d'Europe, qui coûta la vie à plus de mille mineurs en 1906.

01/05/2007

LE 1er MAI

BONNE FETE DE 1er MAI A TOUTES ET A TOUS ! SOUVENONS NOUS !ET N'HESITONS PAS A EN PARLER A NOS PETITS ENFANTS ! C'EST UN DEVOIR POUR NOUS DE LEUR TRANSMETTRE NOTRE HISTOIRE !!!

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LE 1er MAI DANS LE MONDE.

Le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200.000 travailleurs américains d'obtenir la journée de huit heures. Le souvenir de cette journée amène les Européens, quelques années plus tard à instituer la Fête du Travail.


UNE REVENDICATION NATIONALE.
Au cours du IVe congrès de l'American Federation of Labor, en 1884, les principaux syndicats ouvriers des États-Unis s'étaient donné deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils avaient choisi de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d'entreprises américaines entamaient ce jour-là leur année comptable.

Arrive le 1er mai 1886. Beaucoup de travailleurs obtiennent immédiatement satisfaction de leur employeur. Mais d'autres, moins chanceux, au nombre d'environ 340.000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.

Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago.Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C'est alors qu'une bombe explose devant les forces de l'ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police.
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Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines.

Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l'un des condamnés, Augustin Spies : «Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui»
Manifester pour la journée de 8 heures
Trois ans après le drame de Chicago, la IIe Internationale socialiste réunit à Paris son deuxième congrès. Celui-ci se tient au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, pendant l'Exposition universelle qui commémore le centenaire de la Révolution française.

Les congressistes se donnent pour objectif la journée de huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé). Jusque-là, il est habituel de travailler dix ou douze heures par jour (en 1848, en France, un décret réduisant à 10 heures la journée de travail n'a pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale).

Le 20 juin 1889, sur une proposition de Raymond Lavigne, ils décident qu'il sera «organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d'appliquer les autres résolutions du congrès. Attendu qu'une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l'AFL, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation.»

LE PREMIER MAI 1891 A FOURMIES.
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Le premier mai 1891, à Fourmies, le beau temps est au rendez-vous en ce premier jour du "mois de Marie", un vendredi. Sur les haies du bocage, l'aubépine veut fleurir. Les amoureux ont cueilli des rameaux de frêle blancheur pour les fiancées. Quoi qu'il arrive, les jeunes seront les héros de la fête.

La scène du théâtre est prête: une esplanade rehaussée où la mairie, l'église et des estaminets invitent aux allées et venues, au rassemblement et aux harangues.

A 9 heures, après une échauffourée avec les gendarmes à cheval, quatre manifestants sont arrêtés. Des renforts sont demandés à la sous-préfecture qui envoie en renfort deux compagnies du 145e de ligne casernée à Maubeuge. Le 84e RI d'Avesnes est déjà sur place.


Dès lors le premier slogan : " c'est les huit heures qu'il nous faut " est suivi par " c'est nos frères qu'il nous faut ".
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18h15 : 150 à 200 manifestants arrivent sur la place et font face aux 300 soldats équipés du nouveau fusil Lebel qui contient de 9 balles (une dans le canon et huit en magasin) de calibre 8 mm. Ces balles peuvent, quand la distance n'excède pas 100 mètres, traverser trois corps humains sans perdre d'efficacité. Les cailloux volent ; la foule pousse. Pour se libérer, le commandant Chapus fait tirer en l'air. Rien ne change. Il crie : " baïonnette !.. en avant ! " Collés contre la foule, les trente soldats, pour exécuter l'ordre, doivent faire un pas en arrière. Ce geste est pris par les jeunes manifestants pour une première victoire. Kléber Giloteaux, leur porte drapeau s'avance.
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Il est presque 18h25....le commandant Chapus s'écrie : " feu !feu !feu rapide ! visez le porte-drapeau ! "
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Neufs morts, trente cinq blessés (au moins) en quarante cinq secondes. C'était à Fourmies le premier mai 1891.


Maria Blondeau,
18 ans
tuée à bout portant, les yeux dans les yeux de son exécuteur, d'une balle dans la tête

Louise Hublet
20 ans
deux balles au front et une dans l'oreille
Ernestine Diot
17 ans
une balle dans l'œil droit, une dans le cou, son corps contient cinq balles
Félicie Tonnelier
16 ans
une balle dans l'œil gauche et trois autres dans la tête
Kléber Giloteaux
19 ans
trois balles dans la poitrine et deux autres dont une à l'épaule
Charles Leroy
20 ans
trois balles
Emile Ségaux
30 ans
cinq balles
Gustave Pestiaux
14 ans
deux balles dans la tête et une à la poitrine
Emile Cornaille
11 ans
une balle dans le coeur
Camille Latour
46 ans
commotionné après avoir assisté à la fusillade, décédera le lendemain.
Charles Leroy, Emile Ségaux, Gustave Pestiaux et Emile Cornaille ne participaient pas à la manifestation et furent atteints par des balles qui ne leurs étaient pas destinées.

Ils seront inhumés le 4 mai.
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Deux procès auront lieu : le premier à Avesnes sur Helpe le deux mai, les 9 manifestants arrêtés la veille sont condamnés pour entraves à la liberté du travail, outrages et violences à agents, et rebellions à des peines d'emprisonnement de 2 à 4 mois.
Le second à Douai le 4 juillet. Hippolyte Culine et Paul Lafargue sont accusés pour provocation à attroupement armé. Le verdict arrive le lendemain dimanche 5 juillet, après cinq minutes de délibération. Culine est condamné à 6 ans de réclusion et 10 ans d'interdiction de séjour, Lafargue, 1 ans de prison.
Que la justice était rapide en ce temps là!
En 1903, un monument sera élevé à la mémoire des fusillés dans le cimetière. La journée de 8 heures, soit 48 heures par semaine a été accordée par la loi du 23 avril 1919.

LES MARTYRS DE FOURMIES

I
Ils étaient du même village,
Ils s'aimaient tous deux tendrement.
De s'unir par le mariage,
Tous deux s'étaient fait le serment.
Le Gars, travailleur énergique
Comme son père était mineur ;
Elle, ouvrière de fabrique,
Pour tout bien n'avait que l'honneur.

"Elle était jeune et belle ;
Il était grand et fort ;
Chacun se les rappelle
Les Fiancés du Nord". (bis)

II
Quand ils passaient devant l'Eglise,
Tous les deux relevaient leurs fronts.
Lui, murmurait à sa promise :
"C'est là que nous nous marierons"
-"Si tu veux, Pierre, ajoutait-elle,
"Ce sera pour le mois de Mai ;
"Mois où la nature est belle,
"Où tout dans l'air est embaumé".

Si tu veux, disait Pierre,
En l'embrassant bien fort !
Qu'ils étaient beaux naguère,
Les Fiancés du Nord !
III
Avril vit la fin de leur rêve,
Adieu, les beaux jours sont finis !
Voici, soudain, qu'un vent de grève
A soufflé sur tout le pays !
L'homme, l'enfant, même la femme,
Fatigués de trop durs labeurs,
S'arrêtent, et chacun réclame
Les justes droits des travailleurs.
Dans ces jours de tristesse
Que leur importe l'or ?
L'amour est la richesse
Des Fiancés du Nord !
IV

Il rayonnait comme une aurore,
Le premier jour du mois des fleurs ;
Ce jour où la France déplore
Le plus grand de tous les malheurs !
Devant l'église, dans la foule
Ils étaient dans les premiers rangs !
La poudre parle ! le sang coule !
Et tous deux tombent expirants !

O sinistre hécatombe
Que chacun pleure encor,
Les voilà dans la tombe,
Les Fiancés du Nord !
V
Le lendemain, la foule entière,
Suivant les parents en grand deuil,
Accompagnait au cimetière
Ceux qu'avait unis le cercueil.
Les pinsons à la voix sonore
Roucoulaient des sons éclatants,
Et partout on voyait éclore,
Les premières fleurs du printemps !

Elle était jeune et belle ;
Il était grand et fort.
Chacun se les rappelle,
Les Fiancés du Nord.
Créée par Marius RICHARD
à la Scala

Paroles de René ESSE
Musique de Gaston MAQUIS

Avec le drame de Fourmies, le 1er mai s'enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens.

Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l'Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai. L'horizon paraît s'éclaircir après la première guerre mondiale. Le traité de paixsigné à Versailles le 28 juin 1919 fixe dans son article 247«l'adoption de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures comme but à atteindre partout où elle n'a pas encore été obtenue».

Les manifestations rituelles du 1er mai ne se cantonnent plus dès lors à la revendication de la journée de 8 heures. Elles deviennent l'occasion de revendications plus diverses.

La Russie soviétique, sous l'autorité de Lénine, décide en 1920 de faire du 1er mai une journée chômée. Cette initiative est peu à peu imitée par d'autres pays (dont la France en... 1941).

LE 1er MAI EN FRANCE

En France, dès 1890, les manifestants du 1er mai ont pris l'habitude de défiler en portant à la boutonnière un triangle rouge. Celui-ci symbolise la division de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs.
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Le triangle est quelques années plus tard remplacé par la fleur d'églantine. En 1907, à Paris, le muguet, symbole du printemps en Île-de-France, remplace cette dernière. Le brin de muguet est porté à la boutonnière avec un ruban rouge .
Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant, à titre exceptionnel, une journée chômée.

Les manifestations du 1er mai 1936 prennent une résonance particulière car elles surviennent deux jours avant le deuxième tour des élections législatives qui vont consacrer la victoire du Front populaire et porter à la tête du gouvernement français le leader socialiste Léon Blum.
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C'est pendant l'occupation allemande, le 24 avril 1941, que le 1er mai est officiellement désigné comme la Fête du Travail et de la Concorde sociale et devient chômé. Cette mesure est destinée à rallier les ouvriers au régime de Vichy. Son initiative revient à René Belin. Il s'agit d'un ancien dirigeant de l'aile socialiste de la CGT (Confédération Générale du Travail) qui est devenu secrétaire d'État au Travail dans le gouvernement du maréchal Pétain.

À cette occasion, la radio officielle ne manque pas de préciser que le 1er mai coïncide avec la fête du saint patron du Maréchal, Saint Philippe (aujourd'hui, ce dernier est fêté le 3 mai) !

En avril 1947, la mesure est reprise par le gouvernement issu de la Libération qui fait du 1er mai un jour férié et payé... mais pas pour autant une fête légale. Autrement dit, le 1er mai n'est toujours pas désigné officiellement comme Fête du Travail. Cette appellation n'est que coutumière.


MES ARRIERES GRANDS PARENTS PATERNELS ,MES GRANDS PARENTS PATERNELS ,MES PARENTS ONT VECU ET SONT ENTERRES A FOURMIES....C'EST DONC AVEC BEAUCOUP D'EMOTION QUE J'AI EVOQUE LE 1 er MAI A FOURMIES.

04/04/2007

POUR LES PASSIONNES DE NOTRE HISTOIRE RV SUR ARTE CE SOIR

CE SOIR, 4 avril 2007 à 20:40



Rediffusions :
08.04.2007 à 18:05



L'EUROPE DES FRONTS POPULAIRES
(France, 2006, 52mn)inédit
ARTE F
Réalisateur: Laurence Jourdan


Retour sur l'histoire des fronts populaires européens, coalitions politiques initiées pour contrer la misère et la montée du fascisme dans les années 30. Une analyse remarquable, foisonnante d'archives, qui permet de repenser l'engagement social européen.


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Dans les années 30, suite au krach boursier de Wall Street, l'Europe est ébranlée par une crise sans précédent. Pour faire rempart à la misère et au fascisme qui, de l'Italie mussolinienne à l'Allemagne hitlérienne, menacent la paix et la démocratie, les gauches européennes - sous l'impulsion de la IIIe Internationale -, les syndicats, les intellectuels et de nombreux citoyens décident de se fédérer en une union inédite. La jeune république d'Espagne constitue dès 1934 une Alliance ouvrière dans les Asturies, deux ans à peine avant l'arrivée au pouvoir du Frente popular. En France, une coalition de communistes, socialistes et radicaux, regroupé autour de Léon Blum, triomphe pour la première fois aux élections législatives de 1936 avec le programme "Pain, paix, liberté". Si ces deux pays sont les seuls en Europe à hisser le Front populaire au pouvoir, la stratégie politique de fronts communs face à la peste brune est adoptée au même moment en Belgique, en Grèce, au Portugal et en Autriche où elle prend un visage plus clandestin.



LES INTELLECTUELS AU FRONT

Si les gouvernements, les syndicats et les partis politiques sont les acteurs majeurs de cette histoire, racontée grâce à des images d’archives de qualité, Laurence Jourdan met aussi en évidence les révoltes populaires et le rôle des intellectuels. Dès 1932, ces derniers sont à l’avant-garde d’une alliance jusque-là inédite. Ponctué par des extraits de pamphlets et de poèmes, le documentaire restitue la voix et le parcours d’écrivains engagés dans le combat antifasciste tels que Malraux, Gide, García Lorca, Orwell, Walter Benjamin ou Simone Weil. Premières victimes du nazisme, les écrivains allemands en exil amorcent le mouvement, en constituant dès 1933 autour de Heinrich Mann un comité préparatoire du front populaire allemand, le Volksfront. En France, après la création d’un Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, en juin 1935, 230 écrivains et artistes de 38 pays participent au premier Congrès international des écrivains pour la défense de la culture, sous l’égide d’André Gide et d’André Malraux. Mais les événements ont bientôt raison de leurs idéaux pacifiques : beaucoup d’entre eux prennent les armes lors de la guerre d’Espagne. En l’espace de quelques mois, l’unité du Front populaire incarné par le gouvernement Blum vole en éclats, finalement vaincue par le fascisme. Une dissolution consacrée par la signature du pacte germano-soviétique en 1939.

QUELQUES PHOTOS SOUVENIRS

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