20/12/2009
NOEL AUTREMENT !!!

Quelques questions
- Quelle relation entre réussite de la fête de Noël et consommation ?
- Dans quelles conditions de travail et de rémunération les cadeaux que j’achète sont-ils fabriqués ?
- Quel sens donné-je aux cadeaux que j’offre ? Est-ce que ce sont des cadeaux « durables » ?
Quelques questions
- Est-ce qu’un repas de Noël réussi passe nécessairement par une surabondance alimentaire ?
- Est-ce que je sais d’où viennent les aliments que j’achète ?
- Est-ce que je connais les conséquences de mes habitudes alimentaires (1g de protéines animales demande l’équivalent de 7 à 9 g de protéines végétales) ?
Quelques questions
- Est-ce que je connais l’impact énergétique de mon mode de chauffage ?
- Est-ce que je me suis déjà interrogé sur les actions que je pouvais facilement mettre en œuvre pour limiter ma consommation d’énergie ?
- Suisje prêt à faire quelques efforts pour limiter l’impact environnemental de mon chauffage ?
Quelques questions
- Multiplier les illuminations dans mon logement et audehors permetil de passer de meilleures fêtes de Noël ?
- Est-ce que j’ai réfléchi à l’impact énergétique et écologique des illuminations de Noël ?
Quelques questions
- Quelle place je fais dans ma vie, au moment de Noël, à ceux qui sont seuls, malades ou dans la misère ?
- Quelle place je réserve dans mon budget, à Noël, pour apporter un soutien financier, même modeste, aux associations de solidarité ?
- Quels enseignements puisje tirer des conditions dans lesquelles JésusChrist est venu au monde ?
11:42 Publié dans NOEL | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
26/12/2008
JOYEUX NOEL A TOUS ! AMI(E)S DE BLOG 50 ET LES AUTRES !!!
JE SUIS SUR QUE CETTE CARTE VA VOUS PLAIRE !!!
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Nativité de G. de la Tour
Adoration des bergers. G. de la Tour(1593-1652)
Adoration des mages .Rubens (1577-1640)
Adoration des bergers .Le Nain
Nativité .Philippe de Champaigne (1602-1674)
L'adoration des bergers .Caravage(1571-1610)
JE VOUS INVITE A ALLER SUR CE SITE .VOUS Y TROUVEREZ DES COMMENTAIRES A ECOUTER SUR CES TABLEAUX .PAR LA MEME OCCASION VOUS POURREZ DECOUVRIR CE SITE D'UNE GRANDE RICHESSE DANS BEAUCOUP DE DOMAINES : CANAL ACADEMIE .C'est extraordinaire !!! A METTRE DANS VOS FAVORIS !!!
C'est mon cadeau de Noël !!!
http://canalacademie.com/spip.php?article2523
15:11 Publié dans NOEL | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
25/12/2008
NUIT DE NOEL
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Noël déjà ! Et je tourne un regard incrédule
vers la flamme vive d'un souvenir,
d'une espérance (...).
Noël déjà !
Nos mains s'ouvrent irrésistiblement :
voici l'année mûrie, pressée, presque bue ;
si les peines s'étouffent, les joies bougent encore.
La rumeur pleine et sourde nous monte aux lèvres,
nous confondant à tous ceux-là
en route de par le monde depuis tant de siècles.
Cette nuit enfin, nous connaîtrons la halte,
nous déposerons dans l'allégresse le fardeau des heures
et nous renaîtrons au clair de l'Amour.
Colette Nys-Mazure
00:10 Publié dans NOEL | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
24/12/2008
MA CRECHE DE HAUTE PROVENCE...
16:25 Publié dans NOEL | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
23/12/2008
MARIE ROUANET ,SOUVENIR DE NOEL...
Camarès (Aveyron)
Le vin devenait celui du partage, celui-là même de la cène.
Cette année-là, le froid vif et clair fut enfin dans nos régions vers le 20 décembre, rendant tout d’un coup crédibles les vitrines ornées de glaçons de verroterie, de givre en paillettes, les neiges immaculées en aggloméré, la ouate aux branches de sapins de plastique. Le Père Noël, à l’entrée des Nouvelles Galeries, ne suerait plus, misérablement, sous sa houppelande.
Et je ne décolérais pas contre moi-même. Cette année-là, j’avais accepté de chanter à une messe de minuit particulière, trop particulière : chanter de vieux noëls occitans lors d’une célébration qui se déroulerait dans le hall de la gare de Montpellier, au lieu d’aller la célébrer dans un village.
Et je mesurais tout le bonheur perdu : lancer sa voix dans des lieux aux formes parfaites, retrouver pour quelques heures les traditions anciennes, rêver que se ranimait la campagne si dépeuplée que « les morts sont plus nombreux sur la plaque du monument aux morts que les vivants dans les rues »
Le froid arriva donc, et je me retrouvais ficelée par mon engagement toute bête et pleine de regrets. La gare de Montpellier, nouvelle alors, est un jeu d’escaliers mécaniques, de vitrages et de portes automatiques. L’autel était installé à l’étage, au centre d’un décor si visiblement destiné à autre chose qu’il était dérisoire et un peu ridicule : guichets, allées et venues, trains nombreux et voix désincarnées annonçant arrivées et départs. Des vents coulis nous faisaient frissonner en permanence et à travers le verre on voyait le trafic d’une grande gare, les lumières de la ville, mais aussi le ciel.
Je n’étais pas la seule à avoir été piégée là, une « danseuse de Dieu » grelottait dans sa mini-robe et les musiciens se frottaient les mains pour les réchauffer.
La veillée commença. Les flammes des cierges vacillaient dans le courant d’air. L’autel et quelques rangées de chaises placées au centre sans délimitation créaient un espace étrange et ouvert, où parlait à voix menue, dans le tohu-bohu du monde, le prêtre qui annonçait la Bonne Nouvelle. Des gens emmitouflés et pressés nous jetaient un coup d’oeil en attendant de descendre vers les quais, des oreilles recevaient des chants, des bribes de message évangélique, une mélodie qui leur rappelait peut-être quelque chose. Ils passaient. Mais qui peut savoir où tombe la semence ?
Seuls restaient les marginaux, à demi ou tout à fait clochards, ceux qui trouvent habituellement refuge dans les gares.
Ils étaient là. D’abord debout aux franges d’un lieu qui, pour n’être pas entouré de barrières, devait leur paraître sacré, mais investissant peu à peu les sièges. Ils étaient là, mal lavés, mal peignés, avec leurs chiens, leurs chevelures de vagabonds, les ballots ficelés contenant tous leurs biens, leurs odeurs de vieille cigarette, de vin aigre, de sueur ancienne. Peu à peu, enlevant leur bonnet, quelques-uns prirent place. Ils écoutaient en silence, faisaient le signe de la croix, essayaient de suivre l’office sur la feuille distribuée. Certains reprenaient les refrains. La danseuse de Dieu dansait, je chantais, le prêtre racontait Noël. Parfois il s’interrompait pour laisser passer le bruit de tonnerre d’un train.
Voilà que, peu à peu, naquit la lumière. Le village ? La partie désuète de loto ? Que seraient-ils venus faire dans les spasmes de la planète ?
Cette fois, l’Église était sortie de ses murs protecteurs et prenait place au milieu des hommes. C’était Bethléem, car, en l’absence de bergers pauvres et analphabètes,l’enfant-Dieu s’offrait à l’adoration des clochards. Même l’occitan, langue des humbles, humble langue, était à sa place.
Après, on fit réveillon. Avec tous les présents. La jolie danseuse s’assit au milieu de tous. Les prêtres offrirent le vin et les friandises. Eux, les exclus du monde, retrouvaient les gestes de la politesse, disaient « c’est bon » et « merci ». Ils arrêtaient d’un geste les serveurs de vin : « Ça suffit. » Le vin, ils n’en avaient plus besoin comme drogue d’oubli. Il devenait celui du partage, celui-là même de la cène.
Nous étions tous dans une grande innocence, un état de grâce d’avant le péché. La gare de Montpellier était la crèche.
Ce Noël de l’inconfort et de la vraie parole, je ne risque pas de l’oublier.
18:40 Publié dans NOEL | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
20/12/2008
MARIE ROUANET NOUS PARLE DE NOEL....
DANS DEUX NOTES PRECEDENTES ,LES 7 ET 16 MAI 2007,JE VOUS PRESENTAIS CETTE FEMME OCCITANE ,CONTEUSE,CHANTEUSE ,ECRIVAIN POUR LAQUELLE J'AI BEAUCOUP D'ADMIRATION.
AUJOURD'HUI,LA PERIODE EST PROPICE ,C'EST MARIE ROUANET ,FEMME DE FOI ,QUI S'EXPRIME .
CE QU'ELLE DIT ,DANS UN STYLE REMARQUABLE,NE PLAIRA CERTAINEMENT PAS A TOUT LE LE MONDE ...
MAIS PEU M'IMPORTE ! ELLE PARLE DE NOEL ,DU VRAI SENS DE CETTE FETE ,DE SES VALEURS ET MOI CA ME PLAIT !ALORS ....POURQUOI SE PRIVER DE CES PAROLES QUI INVITENT A VIVRE NOEL AUTREMENT !
12_Noël_au_village.wma
Avent, rien, pas même mon respect pour l'orthographe ne pouvait m'empêcher de l'écrire : Avant. Car le temps de Noël se situait «avant» la fête. Elle était à l'horizon des jours, bonheur annoncé dans l'obscurité de décembre. A quoi tenait ce bonheur, sinon à de grandes petites choses ? A ces santons qu'avec ma soeur nous allions désemmailloter de leur papier de soie. A «Nadalet» qui dix jours avant la fête ferait carillonner les cloches de la paroisse. A la répétition des chants de Noël surtout qui peuplaient l'Évangile de personnages charmants et si proches de moi. Longtemps j'ai cru qu'ils étaient tous tirés, même l'âne et le bœuf, de l'Evangile de Luc. Les historiettes chantées où saint Joseph faisait taire les Rois mages, où les animaux, les fleurs, les instruments de musique venaient s'offrir à jésus enfant, se mêlaient si étroitement à la Parole, remplissaient si bien les blancs qu'il était possible de croire à leur réalité. L'abondance même de ces chants de Noël -dits nadals ou nadalets- exprime qu'il y a joie à voir le mystère se vêtir de chair mortelle.
La naissance d'un enfant pauvre, le dénuement d'une étable, une mangeoire qui sert de berceau, les petits, les très humbles ne connaissent-ils pas cela? Dieu, pour une fois, cesse d'être incompréhensible et inaccessible. Il devient familier et terrestre. Il n'est pas celui « à qui la mer obéit» mais un nouveau-né impuissant. Pour une fois il ne parle ni aux prophètes ni aux prêtres mais aux bergers. Cela rapproche définitivement du coeur et des sens, Dieu et la Mère de Dieu.
Il n'y a pas un détail de cet Evangile de Luc dont l'imaginaire chrétien du peuple ne se soit saisi, sur lequel il n'ait brodé, de façon humaine et pourtant théologiquement juste.
Cet Ange qui apparaît, si éclatant qu'il fait peur aux pâtres, est l'occasion de dialogues, on peut même dire de discussions, entre le ciel et la terre. «Qu'est-il arrivé pour que l'on nous appelle depuis les astres ?» s'inquiètent les bergers. «A quoi sommes-nous bons, nous, de grand et d'élevé?» Et lorsqu'on leur annonce la naissance d'un Roi dans une bergerie, cela les fait sourire : «Non, cela ne s'est jamais vu qu'un roi naisse si pauvre, à peine les palais sont-ils assez grands pour eux!» Il arrive qu'un des bergers, simple d'esprit, croit entendre chanter le rossignol en plein hiver. Un autre est obligé de lui traduire ce chant dans la nuit: «Ce n'est pas le rossignol, c'est un ange qui nous dit qu'est né, dans une étable, un Dieu enfantelet.»
Le voyage des bergers vers la crèche donne lieu à d'abondants développements. Si, avant de partir, les fermiers cossus distribuent le travail aux femmes: «Restez à la maison, gardez le troupeau, dévidez la soie, sortez les agneaux.» Les bergers, eux, font suivre les bergères: «Notre Mère a besoin de vous.» Ce n'est pas le moindre charme de ces chansons. Qui douterait de l'utilité des femmes lors d'une naissance ? Et les voilà partout, gaies et bavardes, efficaces, portant de grands tabliers blancs, langeant l'enfant, soutenant la mère, cuisant la soupe, chantant et même dansant. Bientôt, je vais commencer à fredonner les noëls, je vais puiser dans leur fraîche beauté. Au milieu du fatras commercial, dans le gaspillage, à travers tant de foies gras, de superflu, ils me seront fil d'Ariane vers la divine pauvreté.
De près... de loin.
La grâce de Noël
A Noël, au cœur des ténèbres s'amorce une lente remontée vers la lumière. L'occasion pour l'écrivain Marie Rouanet d'entrer dans la nudité de l'hiver. Pour se dépouiller et nous inviter à l'essentiel. Elle répond aux question d'une journaliste de Prier
Prier : Quels sont les Noël qui vous ont le plus marquée ?
Marie Rouanet: J'en évoquerai deux. Le premier, c'est lorsque, enfant, j'ai découvert que c'étaient les parents, et non le père Noël, qui nous faisaient des cadeaux. Avant, souvent maman disait : "Oh, cette année le père Noël n'est pas riche..." et je ne comprenais pas très bien ce qu'elle voulait dire. Aussi lorsque j'ai aperçu ma mère qui apportait au petit matin ce qu'elle destinait à mon soulier, j'ai été infiniment heureuse de savoir que ce petit présent, si humble soit-il, venait de mes parents. J'évoquerai ensuite une messe de minuit à laquelle, devenue adulte, j'ai participé dans la salle des pas perdus de la gare de Montpellier. Dans cet endroit ouvert aux quatre vents, des gens de passage s'arrêtaient pour voir. D'autres, des sans-abri et des exclus de la société qui ont assisté à la messe, me rappelaient les bergers des Evangiles. J'ai vécu ce soir-là un moment de grâce en présence des inconnus qui passaient dans la gare et de tous ces exclus. C'était un Noël bien plus fort que tous ceux des années précédentes : je dirai un vrai Noël.
Au fond, Noël, qu'est-ce que c'est ? Noël, c'est une espèce de joie très lumineuse et souterraine, intérieure comme un murmure. Rien à voir avec ce clinquant, cette surabondance, ce gaspillage auquel on assiste. Parce que la naissance du Christ a lieu au coeur de la nuit, au moment où tout est silencieux, où le temps est comme suspendu. Et là, nous nous trouvons dans un temps discret et fort. J'aime beaucoup le fait qu'on ait, avant Noël, touché le fond de la nuit, le fond des ténèbres solsticiales. A partir delà, la lumière va remonter. Au moment où les peuples "marchaient dans les ténèbres", le Christ est né. Il revient dans nos ténèbres en ce temps où l'humanité est en train de se perdre. Et Dieu sait si ce que nous vivons est imprégné de noirceur ! Le sens de Noël, c'est de savoir qu'on peut "recommencer", repartir vers l'éclat des jours.
Noël, c'est aussi le moment où la saison devient plus rude. Vous reliez cela à un certain dépouillement intérieur.
J'ai toujours aimé cette saison, ce mois de décembre où la lumière diminue. Il fait froid, tout est nu. On voit la vérité des choses, on est dans une sorte de désert. Et si vous n'êtes pas pris dans un tourbillon, vous êtes dans le silence des jardins et des villages. Cela rejoint le désir de se dépouiller du bruit, de toute forme d'agitation, de dispersion et de tout ce qui nous encombre, y compris "soulager les autres de nous-mêmes", les alléger du poids de notre amour, de notre inquiétude...
Le véritable cheminement spirituel commence par là...
Il me semble que si l'on entre dans une démarche de désappropriation, c'est pour atteindre quelque chose qui va venir, qui va vous être dit. On ne se dépouille pas pour se dépouiller — ce n'est pas l'ascèse pour l'ascèse — mais pour mieux percevoir le monde qui nous entoure. S'exercer, en cette période de Noël, à renoncer à de petites choses, c'est entrer dans un mouvement qui entraîne une acuité des sens. Vous êtes plus sensible quand vous êtes tout nu, vous ressentez plus vivement les émotions. Cela va dans le sens d'une spiritualisation de votre vie, mais pas pour le plaisir de serrer les dents ! L'utilité de ce dépouillement, c'est une plus grande réceptivité à tout ce qui advient et que vous pouvez considérer comme des opportunités de renouvellement, je ne dirai pas des signes parce que je ne suis pas quelqu'un qui voit beaucoup de signes... Tout ce qui va arriver, on va le percevoir dans une dimension autre que celle dont on a l'habitude, dominée par le confort, l'utilitaire, le superflu. Or, souvent, il n'y a pas de limite à l'accumulation des objets comme des nourritures. Un repas de Noël peut être totalement démesuré par rapport aux besoins.
En somme, il s'agit d'entrer dans une profondeur ?
C'est cela même. En hiver où il n'y a plus de feuilles, les forêts deviennent profondes. Cela va permettre de voir plus loin. Symbole évident: étant plus réceptif à soi-même et à autrui, il est possible de voir au-delà des apparences, ce qu'elles cachent. Pratiquer une certaine ascèse n'a pas d'autre but. Le coeur d'autrui se révèle parfois comme un sol parfaitement nu et caillouteux. Une vérité apparaît.
C'est cela, la grâce de Noël ?
La grâce de Noël, c'est cette joie ténue, ni mesurable, ni achetable. Elle doit tout à l'amour. Noël, c'est ce mystère lumineux de la naissance dont tout le monde a une expérience concrète. Mais si Noël est une joie d'espérance, c'est aussi une joie inquiète. Pour quel destin ce nouveau venu est-il arrivé dans le monde ? Au soir de Noël, des enfants naîtront atteints du sida, d'autres déjà drogués ou alcooliques, d'autres iront extraire les diamants dans les mines, d'autres encore feront le trottoir. Et des centaines de millions d'êtres humains passeront leur vie à avoir faim. Où est leur espérance ? Le Christ est né pauvre. Avec lui, toute chair mortelle et fragile contient le mystère divin.
En cette période de l'avent, comment se préparer à Noël ?
Sur le plan des traditions, j'en ai gardé une qui consiste à faire lever un peu de blé, dès le 3 décembre, le jour de la Sainte Barbe. Déposé dans des coupelles, ce blé germe peu à peu. Selon une tradition provençale, ces coupelles de verdure printanière s'opposent aux arbres dépouillés, à la nuit qui n'est pas définitive. Le blé de la Sainte Barbe évoque le jour qui est là derrière, derrière l'ombre.
Et puis, il faut méditer, prier. Le temps de l'annonce de Noël est un temps qui s'ouvre, qui s'offre à la réflexion sur la pauvreté et sur la joie privée de possession. Comment inviter les autres à un bonheur aussi impalpable, aussi exigeant? Car ce Dieu fragile, qui naît et vient à ma rencontre, ne doit ni souffrir, ni manquer. Noël, c'est le moment d'ouvrir les yeux sur Jésus qui souffre à ma porte, qui est présent dans tous ceux qui ont faim de pain et d'amour. Noël, pour moi, c'est donner sans compter. Nos vies n'ont-elles pas besoin d'être dépoussiérées en se confrontant à l'enfant pauvre de la crèche ?
Dans la main de Dieu, que craindrais-je ?
Ne perds pas de temps
à sonder les origines et la fin.
Avance hardiment, joyeusement.
Garde allumée la lampe des vierges sages
et ne manque pas la venue de l'époux ;
Il s'avance voilé
dans tous ceux dont la chair est blessée
d'injustice, de sang, de crasse.
Avance. Un pas. Un autre.
Dans l'attente qui est espérance.
Marie Rouanet
Le maquis de l'âme
L’'ANNÉE DERNIÈRE, AUX APPROCHES DE NOËL, je vivais une épreuve. De plus, je logeais dans une maison vide. Il me sembla bon de la garnir de quelques objets qui fussent des repères.
Je me rendis donc dans l'un des hypermarchés les plus grands de la région. Il était tout agité de la turbulence des fêtes : fourmillement des gens, chariots débordants, fanfreluches, scintillements d'ors et d'argents. La galerie marchande était ponctuée d'espaces blancs habités de bêtes blanches. Chevrettes naines dans des berceaux immaculés, lapins de neige, pigeons-paon blanc pur avec un peu de rose aux pattes, souris et un mérinos de soie pâle ivoire clair. Les maisonnettes où on les tenait, découpées dans de l'aggloméré, la paille des litières, la neige en billes de plastique où se perdaient les petites crottes noires, tout était blanc et incarnait un rêve d'hiver glacé.
Mais je cherchais en vain la moindre allusion à la Nativité. Plus d'affiches montrant le ciel où apparaissaient les anges ou des santons. Plus d'Enfant Jésus sur la paille. Le fond sonore débitait : «Petit Papa Noël» mais on n'entendait plus, comme il y a peu de temps le Gloria in excelcis Deo ou l'Adeste fideles qui célèbre la «splendeur de Dieu voilée de chair».
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Noël, j'étais bien forcée de le constater, avait sombré dans ce que l'on nomme «les fêtes», globalement, toute une semaine de tables surabondantes, de boissons à flots, et des montagnes d'objets offerts. La tradition amicale, sympathique, des souhaits s'y était perdue, comme s'y perdait la grave irruption de Dieu dans les choses terrestres.
La lumière de l'étoile était bien trop douce pour être visible à travers les rues, les arbres et les magasins ruisselants de lumières.
Et pourtant l'annonce de Noël n'avait jamais été aussi pertinente qu'à cette minute même où naissaient dans le monde des millions d'êtres voués à la mort ou à une vie pire que la mort. Car Noël est exactement cela : la naissance d'un pauvre de plus.
Mais qui désirait entendre le message ? Avec la complicité de tous, il s'effaçait dans la nuit scintillante. Qui ne voulait sa tranquillité intacte ? Qui ne désirait pas profiter du festin de Thyeste ? —Thyeste trahit son frère avec la femme de celui-ci. Pour se venger, Atrée tua les deux fils de son frère et les fit servir comme mets à leur père. L'âme nue et déserte est table rase pour la grâce, en tous cas pour l'imprévisible. C'est ainsi que j'étais à ce moment-là. Prête. A condition toutefois de ne pas manquer le passage silencieux de l'ange.
Attends. Penche-toi vers ta nuit obscure, comme en hiver, quand tu sors sur le seuil et que tu écoutes le chant de la hulotte, le brame du cerf ou le cri de la souris croquée.
Garde-toi du monde sans refuser de le voir. Sois ermite au milieu de son agitation. C'est le plus difficile. Delteil appelait cela prendre le maquis de l'âme. Et avance à travers les arbustes épineux. Aussi bien, est-ce cela l'Avent.
Marie Rouanet
19:55 Publié dans NOEL | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note































