14/05/2012
LE TYMPAN DE L'ABBATIALE DE CONQUES EN AVEYRON.
Cette note m'a demandé un gros trvail de préparation et je suis heureux de vous la présenter .Vous y découvrirez ce chef d'oeuvre unique de l'art roman du Rouergue ...Elle fait suite à ma note précédente et vous permettra d'explorer,d'une manière détaillée ,le tympan de l'abbatiale de Conques .

Au portail occidental de l'abbatiale de Conques, une profonde voussure en plein cintre abrite le tympan du Jugement dernier, l'une des œuvres majeures de la sculpture romane de la première moitié du XIIe siècle, par ses qualités artistiques et son originalité, par ses dimensions aussi. Il a vraisemblablement été réalisé sous l'abbatiat de Boniface, à la tête du monastère de 1107 à 1125, par un sculpteur qui avait sans doute déjà travaillé à la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle.
Large de 6,70 mètres pour une hauteur de 3,60 mètres, il n'abrite pas moins de cent vingt-quatre personnages dans un état de conservation tout à fait remarquable.
Pour le visiteur qui débouche sur le parvis, le tympan, à 3,50 mètres du sol, reste étonnamment lisible malgré le foisonnement des personnages et la diversité des scènes. Tout, en effet, s'ordonne autour de la figure centrale du Christ, démesurée par rapport aux autres personnages, et vers lequel le regard se trouve irrésistiblement attiré. A sa gauche, « l'enfer est comme l'image négative du paradis (à sa droite), un anti-ciel. Dans un cas tout est ordre, clarté, paix, contemplation et amour, dans l'autre violence, agitation convulsive, effroi » (Marcel Durliat).

La composition générale est d'une grande simplicité : le vaste demi-cercle du tympan comprend trois registres superposés que séparent des bandeaux réservés aux inscriptions gravées. Pour meubler ces registres, l'artiste les a divisés en une série de compartiments correspondant aux panneaux de calcaire jaune - au nombre d'une vingtaine - qu'il avait sculptés au sol avant de les assembler, comme dans un puzzle géant. Ce découpage, facile à discerner, a été réalisé habilement et de telle façon qu'un joint ne vienne jamais recouper un personnage ou une scène.
La source principale d'inspiration du Jugement dernier à été l'évangile de saint Matthieu. L'artiste a voulu fixer dans la pierre l'instant dramatique où le Christ prononcera les paroles gravées sur les petites banderoles que deux anges déroulent de part et d'autre de sa tête : « Alors il dira à ceux qui seront à sa droite : venez les bénis de mon Père, possédez le royaume préparé pour vous. Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche : éloignez-vous de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable... Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle ».

VOICI LE DIAPORAMA QUE J'AI REALISE...vous pouvez le regarder en mode "plein écran" et mettre le son ...
18:28 Publié dans ART ROMAN, VISITE DE LA FRANCE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : conques, tympan de l'abbaye de conques
13/05/2012
L'ABBAYE DE CONQUES EN AVEYRON.
Parmi les 10 plus beaux villages de France de l'Aveyron, je vous invite à partir à la découverte de toutes les richesses que nous offre Conques.

Tout d'abord, Conques est situé dans un environnement atypique. Le nom de Conques vient du site en forme de coquille échancrée par le torrent de l'Ouche et dominant la vallée du Dourdou. Conques était un grand centre de pélerinages et une des principales villes-étapes sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, sur la fameuse via Podensis.
Le panorama au point de vue du Bancarel permet de mesurer l'ampleur de la beauté du bourg. Etape majeure pour les pélerins sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, il est d'un autre temps. On découvre un patrimoine architectural miraculeusement épargné par les époques. Sur le versant ensoleillé, une ceinture de murailles se dresse, percée de portes fortifiées et flanquée de quelques tours. Elles délimitent un réseau de ruelles qui desservaient, autrefois, les lieux saints et les différents quartiers d'habitation. Préservée au cours des âges des destructions massives ou des rénovations, l'architecture civile se caractérise par la diversité des matériaux utilisés : schistes, grès rose et les fameuses toitures en lauze.Le dépaysement est assuré pour les visiteurs ou les pèlerins. Ces derniers y sont accueillis depuis le XIe siècle.
L'abbaye de Conques a été fondée par l'abbé Dadon vers la fin du VIII° siècle, un ermite qui avait élu domicile à Conques. C'est l'époque où les souverains carolingiens, pour des motifs autant politiques que religieux, favorisent et comblent de bienfaits les monastères de leur empire. Le Trésor de Conques a pour origine ces largesses royales. La mémoire collective ne retiendra que le nom de Charlemagne, le bienfaiteur par excellence, qui éclipsa tous les autres membres de sa famille. Et il aura tout naturellement sa place dans le cortège des élus sur le tympan du Jugement dernier.(Voir la note et le diaporama que j'ai entiérement consacré au tympan)

L'abbaye se développa surtout à partir de l'arrivée des reliques de Sainte Foy. Curieusement, le destin de Conques paraît avoir été scellé au temps de l'empereur romain Dioclétien lors de grandes persécutions. Loin d'ici, une jeune chrétienne de la cité d'Agen, refusant de sacrifier aux dieux du paganisme, endura le martyre. Convertie par l'évêque de la ville saint Caprais, Foy (Fides en latin) était âgée de douze ans à peine. Or à une époque où le culte des reliques prenait de plus en plus d'ampleur, où la présence de corps saints entraînait pour l'abbaye qui les détenait un grand rayonnement spirituel, Conques se trouvait singulièrement démunie. C'est alors que ses moines, après plusieurs tentatives infructueuses, jetèrent leur dévolu sur les précieuses reliques de sainte Foy d'Agen, très vénérées en Aquitaine. Le rapt, appelé pudiquement «translation furtive», se situe en l'an 866.

L'actuelle abbatiale Sainte-Foy de Conques est une église abbatiale, c'est-à-dire l'église d'une abbaye. Sa construction commença sous l'abbé Odolric (1030-1065) et semble s'être terminée sous l'abbatiat de Boniface (1107-1125).
En 1987, Pierre Soulages, peintre abstrait français de notoriété internationale, né en 1919 à Rodez, dont les souvenirs d'enfance ont été imprégnés par ce lieu, commence à travailler avec enthousiasme sur le projet de création des vitraux de l'église Sainte-Foy de Conques.
C'est en 1994, qu'il achève la réalisation de 95 verrières et de 9 meurtrières visibles de l'intérieur comme de l'extérieur qui respectent, tout en la magnifiant, l'austérité romane et ses symboles et invitent la lumière à pénétrer dans l'église.
Les vitraux de Pierre Soulages ont remplacé des vitraux plus classiques qu'on trouve aujourd'hui au centre d'art médiéval (en haut du village). Ces derniers obscurcissaient considérablement l'abbatiale et étaient finalement assez éloignés de ce qui existait à l'origine. A l'époque où l'usage des vitraux n'était pas encore répandu, des parchemins occupaient leur place : ils comblaient les fenêtres tout en laissant passer la lumière. L'intention de Pierre Soulages était de se rapprocher de cette luminosité particulière par des vitraux en verre dépoli, à motifs très simples. Après avoir suscité de vives polémiques, ces vitraux sont désormais bien acceptés.Il convient de préciser qu'ils ont été réalisés par le maître verrier Jean-Dominique Fleury.

Et maintenant ,je vous invite à regarder le diaporama que j'ai réalisé ...N'hésitez pas à le regarder en mode "plein écran"et à mettre le son...
14:00 Publié dans ART ROMAN, MON ROUERGUE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : abbaye conques
16/03/2011
ABBAYE SAINT SEVER DE RUSTAN. HAUTES PYRENEES
C'EST EN SEPTEMBRE 2009 QUE J'AI DECOUVERT CETTE ABBAYE PERDUE AUX CONFINS DES HAUTES PYRENEES ,A LA LIMITE DU DEPARTEMENT DU GERS .C'ETAIT LA JOURNEE DU PATRIMOINE .MALHEUREUSEMENT ,IL A PLU TOUTE LA JOURNEE ...MAIS J'EN GARDE UN EXCELLENT SOUVENIR QUE JE PARTAGE AVEC VOUS AUJOURD'HUI ...

Située sur l'Arros, Saint-Sever (prononcer saint sevé) est une commune au nord du département des Hautes-Pyrénées, près du département du Gers.
L’abbaye bénédictine de Saint-Sever, fondée vers l'an 800 et rattachée à Cluny eu IXe siècle est aujourd'hui un lieu d'expositions et de concerts. Elle se caractérise par une architecture monumentale qui tient plus du palais que de l'abbaye. Le cloître de l'abbaye a été acheté par la ville de Tarbes au XIXe siècle et se trouve actuellement dans le Jardin Massey.
À l'époque gallo-romaine, le domaine s'appelait Albiciacum (du nom d'un romain nommé Albius). Severus (Saint Sever), qui évangélisa la région et connut le martyr en 410, est enterré dans la ville qui porte désormais son nom et où il a construit une église. Son tombeau attirait de nombreux pèlerins et des moines bénédictins y édifient l'abbaye.
La bastide est fondée à proximité de l'abbaye en 1297. Avec son marché et sa justice, elle prétend au titre de ville ce qui lui fait valoir le sobriquet de Bourgès (bourgeois).
Pendant la Révolution, la ville s'appelle Rostaing.
A la suite du concile de Trente, l'Abbaye passe à la congrégation des Exempts puis, suite à l'interdiction de celle-ci, l'abbé Guillaume de Richard en fait une abbaye mauriste par contrat le 24 Juillet 1646.
Déjà incendiée par le Prince Noir au XIVéme siécle, l’abbaye est en partie détruite par les huguenots en 1573.
Restaurée par les moines à la fin de ce siècle et remaniée au XVIIIéme, l’abbaye devient bien national le 2 novembre 1789. À ce titre, elle est vendue en 1792 à la famille Mérens qui, une fois la Révolution passée, transforme son nom en de Mérens et appelle l'abbaye « le château ».
En 1815, l'orgue de l'abbaye est attribué à la paroisse de l'église Saint-Jean de Tarbes, sur décision du ministre de l'intérieur. Face à l'hostilité des habitants du village, le préfet des Hautes-Pyrénées aura recours à la force : le 10 décembre il envoie 500 soldats et deux pièces d'artillerie sous la conduite du général de Lintihiac, qui commande alors la place de Tarbes.
En 1890, le clôitre de l’abbaye, sur le point d’être vendu à des marchands d’antiquités, est acheté par la ville de Tarbes et est transporté dans le Jardin Massey.

L’abbaye est classée à l’inventaire des monuments historiques en 1914. Ce classement concerne « l'église, la sacristie et l'ensemble des monuments abbatiaux » En 1938, l'obtention d'une subvention permet de remettre à neuf les toitures du pavillon central et de l'église. Le 21 mai 1941, les toitures de l'aile nord de l'abbaye s'écroulent. Elles ne font pas partie du classement et resteront donc à l'état de ruine.
ARCHITECTURE
De l’époque romane il reste le portail historié et la très belle coupole de l’ancienne croisée du transept. ornée de chapiteaux d’influence toulousaine. De l’époque gothique subsiste tout l’Est de l’église et le narthex. De l’époque classique on peut voir la façade du Pavillon des Hôtes décorée d’un vaste fronton. Le joyau reste la sacristie tapissée de panneaux de noyer à montants de chêne et ornée de très beaux meubles.
L’architecture dépareillée de l’abbaye donne la mesure de l’histoire mouvementée de la région. Le lieu a en effet connu cinq campagnes de restauration d'envergure, aux Xe,XIIe,XVe,XVIe et XVIIIe.
Le plan général date du XVIIIe, le pavillon central de l’abbaye est couvert à la manière Mansart.

L'EGLISE ABBATIALE
Le plan de l'édifice est une croix latine, avec une nef unique séparée du chœur par le transept. La nef comporte quatre travées. La plus ancienne est de style roman, voûtée en coupole, la deuxième date du XVIe, les deux dernières ont été refaites au XVIIIe. La longueur totale du vaisseau est de 40m, la largeur de la nef est de 8m et sa longueur jusqu'au transept est de 25,5m. La hauteur des voutes sous la coupole est de 16m. L'épaisseur de la voute sous la coupole est de 1,3m



LE PORTAIL



L'ESCALIER MONUMENTAL
Un escalier monumental du XVIIIe dessert les chambres des moines. Il s'agit d'un ouvrage remarquable car il n'est maintenu que par l'encastrement de ses marches et par les murs de l'édifice : il n'y a pas de piliers de soutien. La cage de l'escalier fait 8,10x8,4m de base pour une hauteur d'une quinzaine de mètres. De grandes fenêtres inondent le lieu de lumière. La rampe de l'escalier était autrefois dorée à l'or fin.

LE CLOÎTRE
Après le passage des Huguenots en 1573, le cloître est dans un état lamentable et est reconstitué à partir d'éléments architecturaux achetés aux Carmes de Trie-sur-Baïse.
Sur proposition de la société académique des Pyrénées, la ville de Tarbes acquiert le cloître pour la somme de 4000 francs le 28 janvier 1890. La municipalité de Saint-Sever n'avait en effet pas les moyens d'en assurer la restauration.
Le monument est alors transféré dans le Jardin Massey.

C'EST A CET EMPLACEMENT QUE SE SITUAIT LE CLOÎTRE
LE CLOÎTRE ,RECONSTITUE AU JARDIN MASSEY DE TARBES,JE SUIS ALLE LE VOIR .IL EST SPLENDIDE !!!JE VOUS LE PRESENTERAI DANS UNE PROCHAINE NOTE ...COMME JE VOUS L'AVAIS DEJA PROMIS DANS MA NOTE SUR LE JARDIN MASSEY /http://monpayslahauteprovence.blog50.com/archive/2009/10...
JE VOUS INVITE MAINTENANT A REGARDER LE DIAPORAMA QUE J'AI REALISE AVEC L'ENSEMBLE DE MES PHOTOS...
10:47 Publié dans ART ROMAN | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : abbaye, saint sever de rustan
10/03/2011
L'ABBAYE DE L'ESCALADIEU.HAUTES PYRENEES
UNE FOIS DE PLUS ,JE VOUS EMMENE DANS LE SUD OUEST,SUR LES ROUTES DE L'ART ROMAN CISTERCIEN...J'AI ILLUSTRE MA NOTE DE PHOTOS QUE J'AI PRISES LORS DE PLUSIEURS VISITES ,TANTÔT AVEC LE SOLEIL ,TANTÔT AVEC LA PLUIE ...MAIS A CHAQUE FOIS AVEC UN IMMENSE PLAISIR CAR C'EST UN SITE REMARQUABLE ...A LA FIN, VOUS DECOUVRIREZ UN DIAPORAMA QUE J'AI REALISE AVEC L'ENSEMBLE DE MES PHOTOS .
Site patrimonial classé Monument Historique depuis 1935, l’Abbaye cistercienne de l’Escaladieu est un haut lieu du patrimoine des Hautes-Pyrénées.
Cette photo,trouvée sur internet , est la seule qui ne soit pas de moi ...
L’abbaye de l’Escaladieu a été fondée en 1142, lorsque les moines cisterciens, vivant à Capadur dans la vallée de Gripp, sur les pentes du Tourmalet, ont quitté ce premier site montagneux trop difficile pour la vie quotidienne.
L'abbaye de l'Escaladieu était une halte importante pour tous les pèlerins de Compostelle qui empruntaient le Chemin du Piedmont : elle se situait à proximité de la grande route traditionnelle allant du Béarn au pays de Foix par le château de Mauvezin, tout proche, et Saint-Bertrand-de-Comminges.

Lieu de sépulture des comtes de Bigorre.Au XII°s, elle fut à la tête du rayonnement méridional cistercien et engendra deux abbayes dans le Gers : Flaran et Bouillas (cette dernière a disparu), et huit en Espagne dont Fitero, Sacraménia et Véruéla.
UN STYLE ROMAN EPURE
L’abbaye de l’Escaladieu obéit aux volontés puristes du projet spirituel de l’ordre cistercien et reproduit le plan dit « bernardin ». Sa conception reflète la composition d’une communauté hiérarchisée. Entre les moines issus de la noblesse et les frères convers issus de la paysannerie, la séparation apparaît nettement. Ces frères qui travaillaient les champs durant la journée n’étaient pas rétribués.
L'EGLISE ABBATIALE
Construite de 1142 à 1160, remarquable par la rigueur cistercienne et l'harmonie de ses proportions, elle a été endommagée aux XIVe et XVIe siècles (narthex et abside détruits).

Véritable centre de vie monastique, la pureté des lignes et la qualité des proportions de l'ensemble répondaient parfaitement au souci de recueillement des moines.
Son clocher octogonal date du XVIIIe siècle, construit sur la tour romane au-dessus du bras sud du transept.

Sa voûte en berceau brisé est soutenue par des doubleaux alternativement en pierres et briques et s'appuie sur deux gros piliers carrés marquant les travées de la nef.

Aucune décoration n'ornemente la nef mais les pierres de taille sont soigneusement agencées et la qualité de l'acoustique est remarquable. Le sol était couvert d'un étonnant carrelage de type azulejo, du XIVe siècle. Le mur du bras nord du transept présente les traces d'une ancienne porte murée qui menait au dortoir des moines, et d'une ancienne fenêtre bouchée d'où les moines impotents pouvaient suivre les offices.
Chaque saison estivale, lors des concerts qu'elle accueille, l'exceptionnelle qualité de son acoustique ne manque pas de séduire musiciens, et spectateurs.
LE CLOITRE
Le cloître était réservé aux moines. Ses galeries ouvertes desservaient des salles disposées en carré : sacristie, salle capitulaire, scriptorium, chauffoir, réfectoire et cuisine. Il entourait un espace libre, le préau, lieu de recueillement et de méditation. Ce cloître fut démonté et vraisemblablement vendu en 1825 ; on retrouve quelques colonnes qui supportaient les voûtes le long du mur oriental.
Les bâtiments qui l'entouraient ont été remaniés au XVIIe siècle. Certains ont même été détruits (réfectoire, cuisines, bâtiment des convers).
La fontaine du cloître, située à l'angle de l'ancienne galerie, a été remaniée au XVIIe siècle.


Dans le scriptorium situé dans l’aile sud, les moines effectuaient leur travail ce copiste et ornaient leurs manuscrits d’enluminures. Ils se réchauffaient dans le chauffoir placé en face.

LA SALLE CAPITULAIRE
L’aile Est des bâtiments est encore intacte. Elle abrite la salle capitulaire
Construite à la fin du XIIe siècle, sa composition architecturale est très caractéristique du gothique méridional. En effet, sa façade est dépourvue de tout ornement et les murs proposent une alternance de pierres et de briques. Les voûtes de briques, disposées en croisée d'ogive, de construction plus tardive (1200 – 1225) retombent sur quatre colonnes en marbre de Campan.


À l'image de l'ensemble architectural de l'abbaye de l'Escaladieu, les espaces extérieurs sont les témoins de l'élégance modeste de l'art cistercien : tandis que catalpas, buis, chênes, hêtres... plus que centenaires imposent leur charme entre pierre et brique, collines et forêts verdoyantes sur toile de fond des cimes enneigées, confèrent au lieu une ambiance feutrée qu'on ne manque pas d'apprécier.

Vendue à la Révolution comme bien national ,en1793, l'abbaye devient la propriété de la famille Nayrac à laquelle succédera la famille Frossard.
En 1986, elle est vendue à l'association « Rencontres de l'Escaladieu » qui, sous l'impulsion de Jean Lemanceau, engage les premiers travaux de restauration et assure une animation des lieux. Francisco Ortiz, organise une série de concerts pour un festival d'été (Orquestre de Cologne, Jordi Savall, Michel Plasson...)ainsi qu'un stage de guitare en collaboration de Pedro Soler et de Javier Hinojosa.
En mai 1997, elle devient propriété du Conseil général qui développe un programme de restauration à long terme ; ce joyau de l'architecture cistercienne entre ainsi dans le domaine public.
D'autre part, l'abbaye de l'Escaladieu devient, au travers d'un programme d'animations variées (concerts, expositions, conférences, théâtre...), un lieu culturel agréable et vivant dans lequel chacun s'attardera avec plaisir.

En 2001 dans le film Le Pacte des loups, l'abbaye servit de décor au château du marquis d'Apcher.
JE VOUS INVITE MAINTENANT A REGARDER LE DIAPORAMA QUE J'AI REALISE ....


10:22 Publié dans ART ROMAN | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : l'abbaye de l'escaladieu, art roman, abbaye cistercienne
03/03/2011
SAINT MARTIN DE VOLONNE.HAUTE PROVENCE
VOUS CONNAISSEZ MA PASSION POUR L'ART ROMAN ...AUJOURD'HUI ,JE VOUS EMMENE DANS UN LIEU QUE J'AFFECTIONNE PARTICULIEREMENT .EN EFFET ,C'EST UN DES SITES LE PLUS ANCIEN ,REPRESENTANT L'ART ROMAN DANS LES ALPES DE HAUTE PROVENCE .CERTES ,C'EST UNE "RUINE"MAIS IL SE DEGAGE UNE ATMOSPHERE PARTICULIERE ET ,SANS EFFORT, ON ARRIVE A IMAGINER LA BEAUTE ET LA GRANDEUR DE CETTE EDIFICE AU TEMPS DE SA SPLENDEUR ,A LA FIN DU XIème SIECLE.



L'église saint Martin date de la seconde moitié du XIème siècle - restaurée suite à un incendie au 17ème siècle, laissée à l'abandon depuis un second incendie en 1830.
C'est l'ancienne église d'un prieuré dépendant de l'abbaye St Victor de Marseille.
Elle est située dans le cimetière de Volonne auquel on accède par un chemin carrossable bordé d'arbres fruitiers et d'oliviers depuis la route venant du village.
Si elle est aujourd'hui en ruines, elle ne manque pas de charme par sa rusticité et ses dimensions imposantes. Pour les spécialistes elle est un témoin précieux de l'art roman rural du XIe siècle en Provence.
Lieu magique diront les uns, lieu romantique diront les autres, ce site ne peut laisser indifférent et le volettement incessant des pigeons qui hantent ces ruines ajoute encore à la magie du lieu.
Historique
Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 20 octobre 1971 ainsi que d'une restauration importante par les soins de l'état, du département et de la « Communauté de Communes de la Moyenne-Durance ».
Architecture extérieure.
La façade occidentale, soutenue par trois contreforts très profonds, est percée de deux oculi et de deux fenêtres géminées séparées par une colonnette monolithe blanche surmontée d'un chapiteau orné de palmettes. Ces deux fenêtres sont réunies par un arc de décharge.


Elle est surmontée d'un clocheton percé de deux baies campanaires.
Cette façade est édifiée en moellons et galets, l'utilisation de la pierre de taille se limitant à l'encadrement et aux claveaux des fenêtres géminées, à une partie des maçonneries du clocheton et aux chaînages d'angle de l'angle sud de la façade.
La maçonnerie est percée de nombreux trous de boulin (trous laissés par les échafaudages).
Architecture intérieure.
L'intérieur, en ruines, est privé de son pavement et de sa couverture d'origine : l'édifice était en effet couvert d'une charpente qui a brûlé à plusieurs reprises.Une couverture partielle a été reconstituée au-dessus de la travée de chœur et des collatéraux.
L'édifice présente un plan basilical .La nef est séparée des collatéraux par des colonnes à base torique surmontées de chapiteaux carrés non décorés.






L'abside, surélevée par rapport à la nef et séparée de celle-ci par un arc triomphal double, est voûtée en cul de four et éclairée par une fenêtre axiale à simple ébrasement sans ornements.





VOLONNE EST UNE COMMUNE SITUEE DANS LA VALLEE DE LA DURANCE ENTRE CHATEAU ARNOUX ET SISTERON SUR LA RIVE GAUCHE .
23:30 Publié dans ART ROMAN | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : art roman en haute provence, volonne, saint martin
10/09/2009
LE CLOITRE DE LA CATHEDRALE A VAISON LA ROMAINE
APRES LA CATHEDRALE,LE CLOITRE QUI SE SITUE JUSTE A COTE .VOUS POURREZ LE DECOUVRIR GRACE AU DIAPORAMA QUE J'AI REALISE...
02 AVE MARIA.wma
Le cloître qui s’élève au nord de la cathédrale, abritait les chanoines. Le plan de l’édifice, quatre galeries enserrant une cour, rappelle la fonction du péristyle de la maison romaine : éclairer, aérer et relier des pièces. Ainsi le cloître desservait la cathédrale et les salles réservées aux chanoines : l’armarium (c’est-à-dire la bibliothèque), la salle capitulaire, le réfectoire et la cuisine, le cellier, le dortoir… Des vestiges des installations propres à la vie quotidienne, seul subsiste le lavabo dans la galerie nord. Il se présente sous la forme d’une simple cavité établie dans l’épaisseur du mur et en relation avec un puits. Sobres et harmonieuses, les galeries sont ajourées de petites arcatures qui font entrer la lumière provenant de la cour centrale. Elles sont appuyées sur des colonnettes avec chapiteau et sont surmontées par des arcs plus grands. La plupart des chapiteaux sont décorés de feuilles d’eau (palmettes), mais sur quelques-uns, dans la galerie ouest, on peut admirer des feuilles d’acanthes, des entrelacs, et de petits personnages stylisés. Ces décors sont sculptés dans des blocs de marbre récupérés par les artisans du moyen-âge sur les vestiges antiques. Plusieurs qualité et couleurs de marbre se voisine. Il faut s’approcher pour découvrir la finesse de ce matériau recouvert par une fine couche de calcaire qui s’est déposée au fils des ans. En dehors de ce décor traditionnel, il faut signaler une gravure insolite qui éveille la curiosité : Elle s’intègre dans la clef de linteau de la porte ouest : Il s’agit d’un visage masculin. Les yeux en amande, le nez droit, la barbe bifide rappellent les représentations byzantines du christ. Ce qui surprend, ce sont les cornes de taureau qu’il porte sur la tête. Elles donnent souvent lieu à des interprétations variées : A-t-on là un christ ? Est-il représenté en chef gaulois, ou en lien avec le culte de Mythra ou encore avec un symbole lunaire ? En poursuivant la visite, on débouche dans le jardin qui offre une belle vue sur le clocher massif et crénelé. L’inscription monumentale en latin que l’on suit sur le bas-côté de la cathédrale est exceptionnelle par sa taille et rappelle en cela les grandes dédicaces antiques. Il s’agit d’une invitation à vivre selon la règle de l’Eglise. On y trouve la notion classique de l’opposition entre l’Aquilon (le nord qui est le péché) et l’Auster (le sud qui est la ferveur). Le cloître abrite également quelques éléments lapidaires chrétiens de différentes époques dont on ne citera que quelques pièces : un très beau sarcophage en marbre du IVème siècle présente les douze apôtres. A côté, on remarquera des inscriptions funéraires paléochrétiennes de la fin du IIIe siècle ou du début du IVème siècle. Plus loin, une croix à double face de la fin du XVème siècle est ornée du christ et de la vierge sur l’autre face. Elle ornait le tombeau de la famille de Blégier (Hôtel particulier à la Haute-Ville) Enfin des fragments de chancels et des pierres tombales complètent la collection présentée dans les galeries …
Pour comprendre la disparition de la ville médiévale qui comptait en plus de sa cathédrale, de son cloître, des édifices civils et des maisons particulières, il faut rappeler les querelles de possession qui ont opposées les comtes de Toulouse et les évêques. La ville a subi des attaques des gens du comte de Toulouse qui voulait récupérer ses biens. Dégradations, pillages, incendies se sont succédés à partir de la seconde moitié du XIIème siècle. Ces rivalités qui se sont étalées sur plusieurs générations ont engendré une modification importante de l’urbanisme. Elle commence avec la construction de la tour comtale, qui deviendra le château, sur la rive gauche, s’accompagne de la désertion de la population qui fuit la vallée. Au final, l’attraction du château et les espoirs de paix expliquent l’abandon de la cité médiévale au XIIIème siècle pour la nouvelle ville haute.
23:32 Publié dans ART ROMAN | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nd de nazareth le cloitre
CATHEDRALE ND de NAZARETH à VAISON LA ROMAINE
PENDANT MON COURT SEJOUR DANS LA DRÔME PROVENCALE ,JE SUIS ALLE A VAISON LA ROMAINE (dans le Vaucluse) DECOUVRIR LA ....
12 AVE MARIS STELLA.wma
De la ville antique à la ville médiévale, quelques siècles se sont écoulés. L’organisation urbaine s’est alors en partie superposée aux vestiges gallo-romains, souvent réutilisés pour l’édification des nouveaux bâtiments comme on le voit dans les fondations de la cathédrale.
Les fondations du choeur ont été dégagées. On y trouve des remplois romains : fragments de colonnes cannelées...
Avec l’expansion du christianisme, la ville s’est d’abord établie autour de son monument religieux, sur la rive droite de l’Ouvèze.
La cathédrale Notre-dame de Nazareth, église-mère du diocèse de Vaison (une quarantaine de paroisses dans l’Etat pontifical et le Dauphiné), se trouvait au centre d’une cité médiévale aujourd’hui disparue. L’évêque résidait dans le palais épiscopal proche et les chanoines dans le cloître et ses bâtiments annexes. Construite au XIème siècle à l’emplacement d’édifices paléo-chrétiens, selon un plan basilical, puis remaniée au siècle suivant, son architecture est un très bel exemple de l’art roman provençal. L’une de ses caractéristiques est la présence de vestiges antiques réemployés lors de sa construction. Accolé à la cathédrale, le cloître comporte quatre galeries entourant le jardin, ajourées de petites arcades groupées par trois sous des arcs de décharge. Les colonnettes sont surmontées de chapiteaux à feuilles d’eau pour la plupart, mais certains sont figuratifs. Les pièces réservées aux chanoines (réfectoire, dortoir, salle capitulaire…), desservies par la galerie du cloître, ont aujourd’hui disparu. La cathédrale ainsi transformée se compose d’une nef centrale de trois travées, flanquée de deux collatéraux sans transept. Le chevet tripartite comprend une abside centrale rectangulaire à l’extérieur et semi-circulaire à l’intérieur.
La nef est voûtée en berceau brisé sur doubleaux. Les collatéraux ont des voûtes rampantes. Les abords ombragés et la quiétude du cloître en font un agréable lieu de visite. Dans la seconde moitié du XIIème siècle, la ville est soumise au pillage ordonné par le comte de Toulouse, en désaccord avec l’évêque sur leurs possessions respectives. Il s’ensuit la construction de la tour comtale, qui deviendra le château, sur la rive gauche et l’abandon de la cité médiévale au XIIIème siècle pour la nouvelle ville haute.
APRES AVOIR DECOUVERT LES EXTERIEURS DE CETTE CATHEDRALE .....JE VOUS INVITE A ENTRER .....
La voûte en berceau brisé
Le berceau brisé est la seule voûte romane dont la forme n'existait pas à l'époque romaine. Apparu au début du XIIè siècle (notamment dans l'architecture cistercienne), le berceau brisé introduit la forme de l'arc brisé dans le voûtement des églises romanes. Il exerce des poussées plus faibles que le berceau plein-cintre et donne plus de hauteur à la nef (la pression sur les murs est moins forte).
La voûte en cul-de-four
La voûte en cul-de-four est une demi coupole. Elle constitue, dès l'époque des basiliques civiles de Rome le couvrement par excellence de l'abside et des absidioles. La voûte en cul-de-four n'exerce de poussées que sur le mur qui la porte, et non sur le côté où elle est ouverte.
Du grec kathèdra : « siège », « chaire ». Dans la langue liturgique, la cathèdre est le siège épiscopal, le fauteuil à partir duquel l’évêque préside l’assemblée liturgique. Dans les églises ancien- nes, la cathèdre était placée dans l’axe de l’édifice, au fond de l’abside.
Le siège de l’évêque est le symbole de son autorité de docteur ; c’est normalement de son trône qu’il doit s’adresser à son peuple.
La cathèdre principale de l’évêque se trouve dans son église cathédrale, mais un trône épiscopal était naguère prévu, de façon permanente, dans les églises diocésaines ; c’était rappeler qu’aucune liturgie, aucune prédication n’est possible sans la communion avec l’évêque dont les prêtres sont les coopérateurs .
La coupole
C’est sans doute le type de voûte le plus ancien. C'est, à l'époque romane, le mode de couvrement idéal de la croisée du transept : d'une part parce qu'elle permet aisément de voûter de grands espaces carrés, et d'autre part parce que les autres voûtes peuvent en cet endroit l'épauler sur ses quatre côtés.
La seule difficulté de mise en œuvre tient au passage de la base circulaire de la coupole à la base carrée de la croisée ou de la travée. Deux systèmes différents permettent ce raccordement : Les pendentifs qui permettent à une coupole de plan circulaire de s'articuler directement à un plan carré. Les trompes, comme ici à ND de Nazareth ,formées de quatre arcs placés dans les angles qui transforment le carré en octogone : contrairement aux pendentifs, les trompes ne se raccordent pas totalement à la forme circulaire de la voûte.Au fond des trompes ,apparaissent les symboles attribués aux évagélistes :L'aigle de St Jean,le lion de saint Marc ,le boeuf de saint Luc et l'homme de saint Mathieu .
Le chapiteau est un élément architectural situé au sommet d’un l’élément porteur : une colonne, une colonnette ou un pilier. Il assure la jonction avec l’élément porté : la voûte ou supporte l’ensemble ou le départ d’un arc .
À l’époque romane (du XI° au XIII°siècle), les chapiteaux d’église, de cloître ou de monastère étaient sculptés et souvent peints et se différencient selon les régions et la pierre utilisée : calcaire tendre,volcanique...
Cependant, on distingue différents types de chapiteaux romans selon leurs décorations :
le chapiteau floral (comme ci-dessus)
C’est un chapiteau qui est composé en majorité de végétaux : palmes, fougères, feuilles ... Il est l’héritier des chapiteaux antiques
le chapiteau trapézoïdal :
Il est orné par des formes géométriques taillées et non sculptées. Il est composé d’une demi- sphère sur chacun de ses quatre côtés.
le chapiteau historié :
Il est constitué de personnages sculptés, animaux, monstres qui mettent en scène des passages des Saintes Ecritures. Ce chapiteau a pour but d’enseigner les fondements de la foi chrétienne, d’éduquer les fidèles et de les convaincre à renoncer aux péchés
22:21 Publié dans ART ROMAN | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : nd de nazareth vaison la romaine
22/03/2009
EGLISE SAINT DONAT le bas DE MONTFORT
Vous connaissez ma passion pour l'art roman ...
(Mon petit doigt m'a dit que certain(e)s d'entre vous la partage ...)
Je n'ai malheureusement pas toujours la disponibilité de réaliser des notes aussi souvent que je le souhaiterais sur le sujet car elles demandent un certain travail de recherches ...
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Aujourd'hui ,je vous présente l'église de St Donat le bas de Montfort dans les Alpes de Haute Provence .Elle est remarquable à plus d'un titre !
C'est d'abord ,pour l'amateur d'art roman ,un exemple rare du premier art roman méridional ,intégralement conservé dans son unité première .Un édifice qui ,à l'intérieur comme à l'extérieur, se caractérise par la perfection et l'austérité de ses lignes ,par l'équilibre et la puissance de ses volumes,par la rusticité des matériaux et la simplicité des techniques mises en oeuvre .C'est surtout ,un monument tout imprégné de sacré qui,par son environnement et par son histoire ,est un précieux témoin dela christianisation tardive de cette région montagneuse de Haute Provence .En un mot ,un chef d'oeuvre d'art et de foi .
Elle est située dans le val St Donat ,sur la rive droite de la Durance ,aux confins des pays de Forcalquier et de Sisteron ,au pied de la montagne de Lure dont je vous ai déjà parlé ...
Pour le promeneur qui aborde cette petite vallée depuis la Durance ,l'église St Donat apparait brusquement au sommet d'une butte située au confluent du Mardaric et du ravin du Pas de Véze qu'elle surplombe de sa masse imposante et sévère .
Si on la découvre par le haut ,venant de St Etienne les Orgues ,elle émerge d'une forêt de chênes et se dévoile comme une construction qui impose par son plan cruciforme ,la masse de sa nef et l'étagement de son chevet .
Un peu d'histoire (briévement)
Cette église porte le nom de St Donat ,comme le vallon où elle est située.St Donat était prêtre à Orléans à la fin du Véme et au dédut du VIéme siécle .Il se serait retiré au pays de Sisteron ,au pied de la montagne de Lure pour y fonder un ermitage .Ceci est rapporté dans un document du XII éme :LA VIE DE St DONAT dans lequel il est fait mention de nombreux miracles qui se produisirent sur le tombeau du saint homme .On peut supposer qu'une modeste cqmmunauté religieuse s'est installée autour des reliques du saint sur les lieux mêmes où il avait vécu .
On sait par ailleurs que Guillaume II ,comte de Provence donne à l'abbaye de St André les Avignons ,en 1018,le monastére de St Donat .Un siècle plus tard ,en 1118,une bulle du Pape Gelase II confirme les biens de l'abbaye .
Au milieu du XIVe ,le prieuré sera mis sous la dépendance du monastère de Ganagobie (voir l'album photos)
Il y restera jusqu'en 1787.Il est alors vendu comme bien national.Il doit sa survie comme lieu de pélerinage trés fréquenté pendant les XVIIe et XVIIIe .Il sera alors utilisé comme bergerie ,comme grange et comme lieu d'habitation pendant tout le XIXe.
Depuis ,l'ensemble fait l'objet de restauration grâce à un comité local de sauvegarde de la commune de Montfort et un mouvement Alpes de Lumière sous la direction des services des monuments historiques (classé M.H.le 27.2.1959)
Description
Le chevet ,austére,ramassé et sans aucun décor ,frappe par une certaine disproportion .L'abside principale ,lourde et massive est flanquée d'absidioles basses et peu saillantes .
La baie de l'abside principale est ornée d'une archivolte moulurée ,en saillie sur le nu du mur et faisant retour sur les piédroits .
La façade occidentale
La façade occidentale offre une large porte dont l'arc en plein ceintre soulage le linteau et circonscrit un tympan maçonné .Au dessus ,on découvre une baie géminée inscrite dans un plein cintre trés ébrasé ,admirablement appareillé et d'une trés grande pureté de ligne .
L'élévation sud frappe par son ampleur .
Elle présente 5 ouvertures hautes ,étroites et sans ornement .Elles sont trés ébrasées vers l'intérieur .On peut remarquer que les hautes façades sont dépourvues de contreforts et parsemées d'une constellation de trous de boulins .
Bras de transept sud
Voir la suite....
19:06 Publié dans ART ROMAN | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
21/03/2009
EGLISE SAINT DONAT le bas DE MONTFORT-2 Suite
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Structure et ordonnance intérieures
On ne peut pas accéder à l'intérieur .Les portes ,inexistantes ,sont remplacées par des grilles .Toutefois ,j'ai pu faire quelques photos à travers la grille de la porte occidentale .
La Nef est un majestueux vaisseau de trois travées ,contrebuté par deux colatéraux trés étroits ,séparés de la nef par de grandes arcades en plein cintre ,reposant sur huit puissantes piles arrondies .
La voûte qui couvre la nef centrale ,en plein cintre ,repose sur ces arcades .Les collatéraux sont couverts de quarts de berceaux qui contrebuttent la nef.Une vaste arcade fait communiquer la nef avec la croisée du transept .
Cette vaste priorale était conçue comme une basilique de pélerinage .La disposition des accés facilitait l'entrée et la sortie des fidéles (voir le plan)les colatéraux jouant le rôle de galeries de circulation .
La décoration est pratiquement inexistante.
Datation
St Donat présente toutes les caractéristiques des édifices du premier art roman méridional .qui se répandit au XI eme dans tout l'occident de la Lombardie à la Catalogne .
On peut donc penser qu'elle a été bâtie à cette période vraisemblablement par les bénédictins de Saint André de Villeneuve les Avignons .
Ce n'était pas ma première visite à St Donat ,mais samedi dernier ,un petit air de printemps m'avait attiré vers ce lieu que j'affectionne particulièrement .Le calme ,la beauté du site invitent au retour à l'essentiel ...
Quelques petits signes du printemps et de la vie qui s'éveille ...
Le soir tombant ,je quittais à regret cet endroit envoûtant ...Si un jour vous venez le découvrir faites silence et écoutez... les pierres vous diront leurs secrets ...et ceux que je leur ai confié ...
J'ai puisé toutes mes infos dans "Provence Romane 2"des Editions Zodiaque .La nuit des temps
08:00 Publié dans ART ROMAN | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
15/11/2008
BOSCODON :UNE ABBAYE CHALAISIENNE
VOUS LE SAVEZ ,JE SUIS PASSIONNE PAR L'ART ROMAN ET LORS DE MON SEJOUR DANS LES HAUTES ALPES ,FIN OCTOBRE ,JE SUIS RETOURNE DANS UN SITE QUI M'EST CHER ET QUE J'APPRECIE TOUT PARTICULIEREMENT POUR SA BEAUTE,SON CALME ET SA GRANDEUR ...JE VOUS INVITE A ME SUIVRE ...
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L'abbaye Notre-Dame de Boscodon est une abbaye du XIIe siècle située près de Crots et à proximité du lac de Serre-Ponçon, dans les Hautes-Alpes.
Historique
Fondée en 1132, l'abbaye de Notre-Dame de Boscodon est bâtie par des moines ermites de l'Ordre monastique de Chalais grâce aux dons de Guillaume de Montmirail. La donation, datée de 1130, s'est déroulée en présence de Guillaume de Bénévent, futur archevêque d'Embrun.En 1303, elle devient bénédictine lorsque l'ordre de Chalais passe sous la dépendance de la Chartreuse.
Les moines vivent de l'exploitation de la forêt et du domaine, et de l'élevage de moutons.
Au XVIIIe siècle, au moment de la Commission des Réguliers, l'abbaye est rattachée à l'archevêché d'Embrun, et une partie de ses bâtiments est détruite.
Suite à la Révolution française, l'abbaye et ses domaines deviennent propriété nationale. Joseph Berthe acquiert les bâtiments. Un hameau se construit autour de l'abbatiale, qui devient écurie, étable, logement.
Au XXe siècle, les habitants quittent progressivement le hameau. La propriétaire de l'abbaye décide alors de vendre le domaine à une association afin qu'il redevienne un lieu de culte. Les moines dominicains s'installent alors dans l'abbatiale et entament les travaux de restauration.
Les travaux de restauration ont débuté en 1972 et se poursuivent encore à ce jour. Ils sont dirigés depuis 1980 pour les travaux de restauration par l' Architecte en chef des monuments historiques et, pour les travaux de conservation, par l'Architecte des bâtiments de France territorialement compétents.
En 1974, les parties des bâtiments acquises par l' « Association des amis de l'abbaye de Boscodon » furent classées au titre de la loi du 31 décembre 1913 sur les monuments historiques, ce qui permit de commencer leur restauration.
Les études préliminaires à la restauration dirigées, au même titre que la maîtrise d'euvre des travaux, par Francesco Flavigny, Architecte en chef des monuments historiques, telles par exemple celles relatives à l'aile des Officiers, témoignent de la rigueur scientifique des choix des restaurations. Ces choix sont basés pour partie sur les rapports de fouilles archéologiques et confirmés le plus souvent possible par des documents d'archive. Pour la restauration de l'aile des Officiers, la découverte aux archives départementales, par la Sœur Jeanne-Marie, Supérieure de l’abbaye, d'un devis daté du 24 avril 1706 pour des « travaux de reconstruction de l'aile des Officiers, partiellement détruite par les ennemis de l'État en l'an 1692 », a fourni de précieuses informations. Rien que pour cette partie du monument, l'étude préliminaire s'est échelonnée de 1985 à 1994 par le repérage des murs, le repérage du bâtiment, le début du déblaiement, le dégagement de la cave nord, le dégagement de la cave du milieu, les fouilles au sol et les fouilles cave et partie sud et l’aide à la construction par triage et transport des pierres.
En 1997, la toiture, effectuée dans de mauvaises conditions vingt années plus tôt, a été reprise. En 2004 la fin des travaux de la partie sud de l’aile des moines et de la chapelle Saint Marcellin a été célébrée le 25 juin 2004.
En mai 1997, des travaux de déblaiement, de tri, et de rangement ont été accomplis sur la bergerie jouxtant le chemin d'arrivée à l'abbaye, avec l'association « solidarités jeunesses ». En 1998-1999 a été réalisé le relevé du côté du cloître et la restauration et l’aménagement de l’aile des Convers. Fin 2000 et début 2001, le clocher du beffroi a été relevé et la cloche a été réinstallée.
Enfin, l'achat de petits terrains proches de l'abbaye lui donne plus d'espace et ouvre des possibilités futures.
Aujourd'hui, l'abbaye est habitée par une communauté de religieux (ce ne sont pas des moines).
Ce monument majeur attire aujourd'hui quatre-vingt-dix mille visiteurs par an. L'abbaye a été primée en 1989 au palmarès du concours du « meilleur accueil musée et monument ».
Architecture
L'abbaye de Notre-Dame de Boscodon est d'architecture romane. On y retrouve l'art cistercien primitif au travers de la simplicité extrême des éléments architecturaux, l'harmonie des volumes, la qualité de la maçonnerie (notamment l'appareillage des pierres à joints vif).
L'art roman utilise la géométrie. Toutefois, la symétrie n'est pas un élément fondamental de cette architecture, qui s'inspire aussi de la nature. Le tracé de l'abbatiale de Boscodon s'appuie sur des figures géométriques simples. Tracée à la règle et au compas, on y trouve les symboles de la croix, du carré, du cercle et du pentagone. Le système métrique n'existant pas, les mesures de références sont la coudée royale, le pied roman.
Les moines bâtisseurs accordent une importance forte à la symbolique des éléments. L'abbaye a été implantée et orientée en fonction des rythmes du soleil, des cours d'eaux alentour, de la présence d'une carrière de pierre (ni trop proche, pour respecter le silence sur le lieu de construction de l'abbaye, ni trop loin pour ne pas augmenter les contraintes d'approvisionnement), de la forêt, des hommes... L'importance des symboles se retrouve aussi dans la conception des bâtiments : répétition des éléments selon les chiffres clés (7 voûtes, comme les 7 jours de la semaines), rapports de proportions en harmonie avec le nombre d'or...
L'architecture de Boscodon est proche de l'art cistercien primitif. Elle est d'un style roman très pur. L'abbatiale en forme de croix latine est composée d'une nef sans collatéral, formant quatre travées voûtées en berceau légèrement brisé avec un transept bas. Le choeur et la chapelle de chaque transept ont un chevet plat. l'édifice est éclairé par vingt baies diffusant une magnifique clarté à tout moment de la journée. Le clocher de l'abbatiale, démonté vers 1880, sera bientôt reconstruit et retrouvera la cloche qui lui a été rendue en 1992 par la municipalité de Crots. Dans l'aile des moines, qui prolonge le transept sud, se trouvent : la sacristie avec la chapelle Saint-Firmin, la salle du chapitre, le passage des moines et l'ancienne salle des moines qui a été plus tard transformée en réfectoire. Les niveaux supérieurs servent de résidence à la communauté religieuse. L'aile des convers a disparu dans son élévation et à l'ouest se trouvait depuis le XVe siècle un bâtiment qui fut d'abord un grand cellier voûté , transformé au XVIe siècle en cinq logis pour les moines qui avaient un office. Détruite en 1774 dans son élévation, cette aile a été récemment restaurée et sert désormais d'espace d'accueil pour les visiteurs. Les galeries du cloître qui avaient été considérablement transformées au cours des siècles, ont elles aussi disparu. Mais les nombreux fragments lapidaires retrouvés et les fondations du mur-bahut pourront sans doute un jour permettre sa restitution. L'abbaye de Boscodon est aujourd'hui un monument incontournable de l'architecture religieuse, mais aussi un lieu de prière et de recueillement à découvrir ou à redécouvrir.
L’abbatiale
Portail d'entrée
Nous voici à l'intérieur de l'abbatiale ...
Le chevet plat avec ses trois ouvertures ...
Le christ en majesté ...
Visage du Christ
La chapelle Saint Firmin (fin XIV° siècle), considérée comme le cœur de l’abbaye, fera l’objet des premiers soins (1976-1977).
A l’extérieur, la maison abbatiale en ruines, et par conséquent dangereuse, devra être détruite. (1974)
S’opéra alors la réfection de la toiture de l’église abbatiale en bardeaux de mélèze ainsi que des baies et parements en pierre de cargneule issue du torrent du Colombier.
Voici cette pierre dite de cargneule
L’aile des moines
La première partie des travaux s’effectue entre 1983 et 1987. Le travail le plus ardu consistera à consolider le bâtiment, le mur est reposant sur un important remblai. Une fois réalisé, ce travail permettra la restauration des façades et du toit. Une grande partie des éléments architecturaux seront repris, tant sur les façades (porte romane ou fenêtre XVIIIème sur la partie sud) qu’à l’intérieur du corps du bâtiment, aujourd’hui résidence de la communauté (cheminées et alcôves des cellules monastiques).
L’aile des "officiers"
En 1975, apparition lors des premiers coups de pioche, d’un bâtiment conventuel. A partir de 1991, des campagnes de dégagement permettent de retrouver escaliers, planchers et fragments de vaisselle du XVIIIème. Ces campagnes révèleront l’existence antérieure d’un cellier allant de l’entrée primitive du monastère au parvis de l’abbatiale et des aqueducs médiévaux d’amenée d’eaux vers le cloître. Cette aile fut convertie plus tard (XVème) en trois puis cinq logis pour les moines dotés d’un « office » et nommés ainsi « officiers ». Il fut aussi découvert que ce bâtiment existait sur deux étages, permettant d’aménager une cave pour chaque officier. Grâce au mécénat et aux subventions des collectivités, ce bâtiment sera relevé en 1994–1995.
La salle capitulaire
Les galeries couvertes du cloître ont été démolies et reconstruites deux fois au cours des siècles et finalement détruites et non reconstruites. L’étude d’un relèvement partiel est en cours : les côtés sud et ouest, en charpente et couverture de mélèze, et des maquettes grandeur nature le long de l’abbatiale (côté nord), reproduisant les arcades en pierre taillée des cloîtres XIIIème et XVème siècles, avec couverture en mélèze. Le mur bahut relevé dessinera l’ensemble du cloître, alors que le côté est demeurera sans couverture (pour respecter la restauration du balcon de bois de l’ancienne école de Boscodon et du logement de l’institutrice (XX° siècle). Comme jadis pour le clocher, une souscription va être ouverte et la recherche de mécénat entreprise.
SI VOUS PASSEZ PAR LES HAUTES ALPES FAITES LE DETOUR ,VOUS NE SEREZ PAS DECUS !!!
11:18 Publié dans ART ROMAN | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : site chalaisien, boscodon, art roman


































































































