vendredi, 05 octobre 2007

NOTRE DAME DU BOURG A DIGNE .(suite) LES VITRAUX DE D.RABINOWITCH

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PLEBS DOMINI - L'ENSEMBLE VOCAL DISCANTUS
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O BONE JESU -C.MONTEVERDI -ENSEMBLE VOCAL A SEI VOCI
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AVE MARIA STELLA -CODEX DE LA CHARTREUSE DE LA SCALA DEI- ENSEMBLE LIGERIANA
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MARIA PRECONIO-Id------

Dans la façade de la cathédrale et dominant le porche roman appareillé de pierres blanches et noires, une rosace gothique du début du XIVeme siècle, garnie de vitrages sous plombs plus récents, a pu être conservée. Ses douze branches représentent les apôtres, piliers de l’Eglise autour du Christ. Elle éclaire toute la nef depuis l’ouest





Les autres baies situées sur le mur de la nef, dans le bras sud du transept et dans le fond du chevet, ont été ornées de vitraux conçus par David Rabinowitch et réalisés par les ateliers Duchemin.

Toutes constituées d’un arc roman et offrant une grande unité, elles déterminent une ambiance lumineuse dans la cathédrale, captant la course du soleil tout au long de la journée, voilée en hiver par les reliefs situés au Sud.

Sans obligation de suivre un programme iconographique, David Rabinowitch a traité l’ensemble de ces neuf vitaux pour en conserver le plus de luminosité. Cherchant la continuité avec l’esprit des origines du vitrail roman et pour échapper à la contrainte visuelle des réseaux de plomb, il choisit de transmettre la lumière par un assemblage de verres clairs transparents, de verres blancs translucides gravés à l’acide et de cives colorées selon une gamme de cinq teintes et blanc. Le seul graphisme ressort des contours des plans de lumière juxtaposés, des découpes du verre blanc entre le contour des baies et le cercle coloré des cives, sans aucune autre séparation. La position du spectateur et son déplacement à l’intérieur de l’église créeront les conditions de la perception des vitraux : l’intensité de chaque couleur de cive sera vue selon l’angle formé entre l’axe du regard et celui de la lumière pénétrant dans l’édifice, dont les projections à l’intérieur animeront l’architecture de vibrations chromatiques changeantes. Le motif circulaire occupe dans chaque vitrail la plus grande largeur laissée disponible, en fonction des exigences mécaniques de fabrication. Sa répétition dans les trois groupes de fenêtres de la nef, du transept et du chevet, crée l’unité de tous les éléments liturgiques et décoratifs crées par l’artiste, et leur intégration dans l’histoire et la mémoire de la cathédrale. La référence la plus frappante sera vite identifiée, avec les tondos du XVeme siècle dont les traces sont parfaitement visibles sur les parois.

La trinité, annoncée dès le début de l’allée centrale par le triangle métallisé au sol, est magnifiée par le triplet du chœur. Ces trois vitraux organisent dès l’entrée une lecture de l’ensemble de l’architecture et des aménagements, dans un axe orienté immédiatement perceptible. Ils affirment la prééminence spirituelle pour l’assemblée des chrétiens de l’espace de la célébration, dominé par la croix de gloire. Ils reçoivent la lumière de l’aube, rappelant chaque jour la présence de Dieu à l’origine de toute existence. Les couleurs possèdent, chacune, leur signification propre, que seule la lumière a mission d’exprimer.




Le vitrail d’axe, au centre, est celui du Père. Le vert de la cive représente la création, la nature et la vie. C’est la couleur liturgique de l’espérance, un symbole de la foi.





Le vitrail de gauche désigne le Christ, fils de Dieu incarné parmi les hommes. Il est « assis à la droite du Père » (Paul aux Colossiens, 3, 34 ; Credo ; Gloria). Le violet a été choisi par l’artiste comme allusion au travail des hommes, symbolisé ici par la culture de la lavande : évocation de Jésus qui se fit homme jusque dans le travail en oeuvrant de ses mains.




Le vitrail de droite, à la gauche du Père, est celui de l’Esprit-Saint qui éclaire la route des hommes. Le jaune est celui du soleil qui dirige le chemin, la couleur même de la lumière en Provence.


Le vitrail isolé dans le mur Sud du chœur, et placé à la verticale de la cathèdre épiscopale, fait l’objet d’un traitement singulier. Deux cives ont été découpées après avoir été soufflées, et assemblées de manière à former une mandorle. Celle-ci est considérée dans l’iconographie chrétienne comme le nimbe d’où rayonne la lumière du Christ glorifié, l’auréole qui inclue l’homme dans l’univers céleste. Elle est rouge et baigne l’autel de la lumière de feu de la Pentecôte, dispensée sur tous depuis la place de l’évêque : elle fait mémoire de l’Esprit-Saint descendu sur les apôtres.


Dans le transept Sud a été placée la cuve baptismale en grès de l’église qui avait précédé celle-ci, et une statue du XVIIIeme de la Vierge Marie à l’enfant, debout sur une console de pierre adossée au mur Est.

Une baie éclaire le transept, au-dessus de la représentation de Notre-Dame. Le vitrail en est constitué de quatre cives redécoupées aux dimensions étroites de cette fenêtre, de teinte bleue qui est traditionnellement la couleur mariale. Ce sont les quatre éléments, symboles de vie et d’universalité, et les quatre vertus cardinales dont le baptisé se fait une règle de vie : la prudence, la justice, la force et la tempérance.
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Sur le mur sud, un autre vitrail de plus grandes dimensions inonde de la lumière de midi la cuve du baptême. Les deux cives en sont blanches. Ce sont, affirmées pour le nouvel entrant dans la communauté chrétienne, les deux natures indissociables du Christ, divine et humaine.

Les teintes du triplet du chevet se retrouvent dans les trois vitraux de la nef, à droite de l’entrée : les formes et couleurs en sont projetées au sol et sur l’assemblée elle-même pendant les offices. Elles se meuvent vers le chœur selon la progression du soleil.



Teintes des vitraux et coloration des symboles incrustés au sol se répondent en fonction de la lumière, bleu, vert, violet, jaune, rouge ou blanc. Les divers alliages qui ont permis de métalliser les formes géométriques dans l’allée centrale et les bras du transept ont été traités en patines de cette même palette.

Le blanc absolu, produit grâce à la transparence pure du verre support, apparaît dans le ruban qui détoure le rouge vif des cives formant la mandorle au-dessus du siège de l’évêque : ce blanc qui résulte de toutes les couleurs de l’univers, c’est la lumière première qui émane de Dieu dans sa gloire
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David Rabinowitch
Né à Toronto (Ontario), le 06 mars 1943
En quelque 40 ans de carrière, David Rabinowitch a conçu plusieurs cycles de sculptures et de dessins. Pour chacun de ces cycles, il élabore une série de considérations et de propriétés qui conditionnent l’expérience du spectateur. Les œuvres sont nourries par des considérations d’ordre architectural, scientifique, philosophique et musical.

Créateur autodidacte, il a amorcé son œuvre dans les années 1960, pratiquant d’abord la peinture, puis la sculpture. Un intérêt précoce pour la philosophie et la science l’a conduit à remettre en cause ce que nous voyons.

Rabinowitch jouit d’une solide réputation internationale. Installé à New York depuis 1972, il travaille également en France et en Allemagne
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LIVRE CONSACRE A L'OEUVRE DE D.RABINOWITCH A ND DU BOURG . Ed EREME

NOTRE DAME DU BOURG A DIGNE (Alpes de haute Provence)

LORS DE LA JOURNEE DU PATRIMOINE ,LE SOLEIL AIDANT ,JE SUIS ALLE FLANER DU COTE DE LA CATHEDRALE QUE JE CONNAIS BIEN .J'AI FAIT QUELQUES CLICHES QUE JE VOUS PRESENTE AVEC UN PETIT HISTORIQUE.IL Y AVAIT DU MONDE ET JE N'AI PAS PU PHOTOGRAPHIER COMME JE VOULAIS TOUS LES ASPECTS DE CE MAGNIFIQUE BATIMENT !AUSSI J'Y RETOURNERAI !(c'est fait et j'ai ajouté des photos..)
MAIS TRES BIENTOT JE VOUS PARLERAI DES VITRAUX REALISES PAR L'ARTISTE CANADIEN DAVID RABINOWITCH.

JE SUIS DESOLE POUR CEUX QUI N'AIMENT PAS LES EGLISES ,MAIS VOUS LE SAVEZ DEJA ,JE SUIS PASSIONNE D'ART ROMAN

COMME CETTE CATHEDRALE EST DEDIEE A "NOTRE DAME "JE VOUS PROPOSE D'ECOUTER LE GLORIA DE LA MESSE AVE MARIS STELLA DE JOSQUIN DESPREZ PAR L'ENSEMBLE A SEI VOCI
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LE PORTAIL

LE HAUT DE LA FACADE OUEST






LE CLOCHER ,DONT IL NE RESTE QUE LA BASE,ET DETAIL DE LA CONSTRUCTION.

PORTAIL :LES COLONNES DE DROITE sur lesquelles reposent les voussures.

LES COLONNES DE GAUCHE

PETIT PERSONNAGE CACHE DANS LA VOUSSURE.


BASES DES COLONNES ECLAIREE PAR LE SOLEIL COUCHANT.


LES DEUX LIONS GARDANT L'ENTREE DE LA CATHEDRALE

LE CHEVET PLAT ,A L'EST,ET SES TROIS FENETRES.


UNE DES FENETRES DU MUR SUD

MAINTENANT QUE NOUS AVONS VU L'EXTERIEUR PENETRONS DANS LA NEF....

LA VOUTE EN ARC BRISE.




LE MUR SUD LOGIQUEMENT PERCE DE FENETRES

PILIER BRISE SUR LE MUR NORD DE LA NEF


LE BRAS DU TRANSEPT SUD.




LE CHOEUR ET SON CHEVET PLAT PERCE DE TROIS FENETRES

Historique


Isolée de la cité médiévale bâtie autour de l’ancien château épiscopal sur la crête dominant la vallée de la Bléone, la cathédrale Notre Dame du Bourg se présente comme un bel édifice encore roman d’apparence implanté dans une vaste aire cimétériale, au cœur de l’étroite vallée de Mardaric, centre autrefois du quartier canonial fortifié. Cette curieuse dualité topographique a toujours posé problème et laissé supposer, depuis Pierre Gassendi, l’illustre prévôt du chapître en 1654, la présence de la ville antique à cet emplacement. Cette opinon, reprise au XIXe siècle par F. Guichard et le chanoine Cruvellier, puis combattue par G. Bailhache et R. Doré en 1932, se trouve aujourd’hui confirmée par les résultats convergents des fouilles récentes.

L’on est en revanche encore mal renseigné sur les origines exactes de l’évêché de Digne. Son histoire pourrait remonter à la fin du IVe siècle selon la tradition – contestée - qui attribue aux saints Domnin, évêque de Grenoble, et Vincent l’évangélisation de la région. Une petite église dédiée à Marie Mère de Dieu aurait alors été bâtie et l’évêque d’Embrun Marcelin serait venu le consacrer. Aucune preuve ne permettait pourtant de faire remonter à une période aussi précoce la christianisation de la cité dignoise, bien attestée par les textes à partir seulement du tout début du VIe siècle. Tout au plus pouvait-on faire remarquer que le vocable de Saint-Vincent est encore attribué à une chapelle d’origine peut-être funéraire établie sur la crête au-dessus de Notre Dame du Bourg. Ou que des vestiges des Ve - VIe siècles, fragments de sarcophages et autel-cippe chrétiens, furent retrouvés en plusieurs points de la cathédrale. Ou encore que des chapiteaux assez archaïques sont en remploi dans les parties hautes du clocher, lui-même plus ancien que la nef contre laquelle il s’accole.

La localisation même de la cathédrale médiévale à cet emplacement ne faisait par contre pas de doute puisque, à partir de 1180, le vocable et la fonction sont clairement affirmés dans les chartes du chapître. Date précoce cependant pour l’architecture conservée, l’église étant conçue sur un plan et une élévation d’une ampleur exceptionnelle. Ceci conduit J. Thirion, son dernier historien, à attribuer sa reconstruction à l’évêque Guigues de Revel vers 1185, le chantier ayant pu se terminer, selon lui, vers 1220 - 1230. Ceci aurait imposé un travail rapide, contredit en fait par les découvertes récentes. Sans doute faut-il tenir compte de la date de consécration (1330) indiquée sur le revers de la façade en se rappelant cependant que, dès cette période, deux chapelles complémentaires avaient été bâties sur le flanc nord de la cathédrale : l’une vers 1315, dédiée à Sainte Anne par l’évêque Raynaud de Porcellet, l’autre dédiée à Saint Elzéar par l’évêque Elzéar de Villeneuve, celui-là même qui procéda à la consécration de la cathédrale.

Celle-ci fut conçue sur un plan en croix latine aux anomalies habilement masquées par l’utilisation d’un transept bas et d’une voûte en berceau brisé sur doubleaux qui se poursuit jusqu’au contact du chevet plat surbaissé mais largement éclairé par un beau triplet de fenêtres. L’édifice s’impose par son unité apparente et sa réelle majesté. Orné d’un beau portail de type lombard, il était aussi richement décoré intérieurement comme le prouvent les nombreux prix-faits et inventaires qui en décrivent le mobilier et les peintures murales réalisées au XIVe siècle (treize grands médaillons circulaires) ou dans la seconde moitié du XVe siècle (Jugement Dernier, au sud, Annonciation et scène de martyr au nord).









Dès cette période cependant, le déclin commençait en raison du repli des habitants vers la ville haute mieux protégée et favorisée par la création intra-muros de l’église Saint-Jérôme (1490-1500). Les désastres suscités par les guerres de religion (cinq pillages entre 1562 et 1593) allaient aboutir à une ruine quasi totale du monument lui-même (rapport du juge de Digne en 1572) comme des tombes qui s’y trouvaient et qui furent brisées par les « salpêtriés » du Duc d’Epernon… De tels dommages étaient presque irréversibles. Malgré des consolidations immédiates décidées en 1613 et un effort de rénovation intérieures entrepris, semble-t-il, à l’initiative de Pierre Gassendi dans les décennies suivantes, la cathédrale présentait encore un aspect assez misérable autour de 1800, lorsque Constantin la dessina. Surtout, sa fonction semble n’avoir été alors que funéraire. Ce phénomène, extraordinairement apparent lors des fouilles – et ceci au moins jusqu’au milieu du XVIIe siècle – s’impose également à l’extérieur où le développement des cimetières effaça peu à peu les traces de l’ancien bourg canonial.

Classée Monument Historique en 1840, cette cathédrale, seule en France à être restée propriété municipale, fut l’objet de consolidations à la fin du XIXe siècle sous la direction de l’architecte Jacob. Des travaux d’assèchement et d’assainissement extérieurs furent effectués en 1917. Mais ce n’est que tout récemment, à partir de 1978, que le développement urbain environnant et la volonté de redonner vie à l’édifice entraînèrent la mise au point d’un véritable programme de restauration accompagné d’une recherche d’ensemble sur l’ancienne cathédrale.


CRUCIFIX PLACE DANS LE CHOEUR.

samedi, 29 septembre 2007

L'ABBAYE DE SYLVACANE

DANS UNE NOTE DU 15 AVRIL 2007,JE VOUS PRESENTAIS L'ABBAYE DU THORONET .AUJOURD'HUI ,JE VOUS INVITE A VISITER SA SOEUR .....UN PEU DE PAIX ,DE SILENCE ,DE BEAUTE ALORS QUE CE MONDE EN A TANT BESOIN.......


L'ABBAYE DES ROSEAUX

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LA FACADE


LE CHEVET


LES CLOCHERS






DETAILS CHAPITEAUX DU PORCHE

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PLAN


Rituellement tournée vers le soleil levant, Silvacane est le plus pur joyau de l'architecture romane cistercienne en Provence.

Edifiée en 1174, Silvacane est la plus jeune des "trois soeurs" provençales. Pleinement romane, ses voûtes légèrement brisées annoncent cependant les futures élévations gothiques. Strictement cistercienne, elle assume ses originalités vis-à-vis de Senanque et du Thoronet et ouvre la voie aux splendeurs que seront la cathédrale St sauveur et l'église des chevaliers de Malte d'Aix en Provence.

Comme ses deux soeurs Le Thoronet (Var) et Sénanque (Vaucluse) l’architecture de l’abbaye est austère, rigoureuse, fonctionnelle et dépouillée ; caractéristique des cisterciens.

Ainsi, cette remarquable construction est parfaitement dans la ligne la plus pure de l’art roman des cisterciens de cette période de l’histoire.

Tous les ornements qui pouvaient détourner le moine de sa prière sont absents et ainsi, les règles de St Benoît et l'ordre de Cîteaux sont parfaitement respectées.

La beauté de l'Abbaye de Silvacane réside principalement l'harmonie des formes, les volumes, la perfection des pierres et des jeux de lumière perçant les ouvertures.
Ses sculptures sont réputées les meilleures de l'ordre cistercien, elles restent cependant dans le sobre registre du végétal et réduites à l'essentiel.

De hautes voûtes en berceau brisé sur de puissants supports cruciformes sont à observer.
Les chapiteaux sont simples et épurés. La salle du chapitre et la salle des moines sont du 13e siècle
Le cloître, lui aussi du 13e siècle, dont les galeries sont assez austères, accède à un préau par une série de baies en plein cintre .
Au nord du cloître, on accède au réfectoire qui fût construit en 1420.

Cette partie du monastère comporte une ornementation bien plus importante du fait de son époque plus tardive.

L'Abbaye de Silvacane est la plus récente des trois abbayes cisterciennes de Provence, c'est vers 1144 que le monastère fut fondé dans un site alors désolé et marécageux. C'est lui qui donna son nom au monastère Silva Cana : forêt de roseaux. Tout comme ses deux soeurs Le Thoronet (Var) et Sénanque (à Gordes) elle offre une architecture en parfaite harmonie avec les règles prônées par St Benoît et l'ordre de Cîteau : simple voir austère, rigoureuse, fonctionnelle et dépouillée de tous les ornements qui puissent détourner le moine de sa prière.


Il se dégage ainsi une atmosphère singulière, une totale sérénité, entre ombre et soleil, dans un cadre bucolique et dans un calme absolu, loin de la foule.

La beauté de l'Abbaye de Silvacane résulte aussi de la vigueur des volumes, de l'harmonie des formes, de la perfection de l'appareillage des pierres et des jeux de lumière au travers des rares ouvertures.
Ses sculptures sont réputées les meilleures de l'ordre cistercien, elles restent cependant dans le sobre registre du végétal et réduites à l'essentiel.

Depuis son rachat par l'Etat en 1846, l'abbaye de Silvacane est peu à peu restaurée par les architectes des monuments historiques. Elle accueille chaque année quelques prestigieux concerts du célèbre Festival de Piano de la Roque d'Anthéron ainsi que ceux de Musique Vocale à Silvacane et du Festival International de Quatuors à Cordes du Luberon.


Filles de Cîteaux
A la fin du XIe siècle, la richesse et la puissance des monastères bénédictins suscitent un profond mouvement de réforme. Parti de l’abbaye de Cîteaux en Bourgogne, ce renouveau spirituel est mené par Bernard de Fontaine, futur Saint-Bernard, qui prône le retour à « la règle » dictée par Saint-Benoît au VIe siècle. « Orare et laborare » deviennent ainsi les maîtres mots d’une vie dédiée au travail et à la prière. En quelques années, l’ordre essaime dans toute l’Europe. Jusqu’à 700 monastères sont bâtis sur le modèle cistercien, un idéal architectural en accord avec une vie monastique tournée vers l'ascèse et le silence. Les trois sœurs de Provence sont les meilleurs exemples de ces nouvelles aspirations religieuses. Dépouillement des lignes, unité et simplicité des formes en font des chefs d’œuvre de l’art roman. Pour chacune, un seul et même modèle : les bâtiments réguliers s'organisent autour du cloître, une cour, intérieure, généralement carrée, ouverte sur le ciel, symbole de la recherche spirituelle qui guide la vie des moines. Lieu de méditation et de recueillement, la parole y est interdite, comme dans la plupart des bâtiments. Les filles de Cîteaux, comme on les appelle, constituent aujourd’hui l’héritage provençal de cet art qui donna à l’architecture médiévale ses lettres de noblesse.

Du déclin à la renaissance
L’ordre cistercien connaît son apogée au XIIIe siècle avant de décliner lentement, victime à son tour de la richesse foncière qu’elle finit par acquérir. Les abbayes provençales ne résistent pas. La chute de la monarchie a raison de l’abbaye de Silvacane. Transformée en ferme, elle fut sauvée au XIXe siècle par Prosper Mérimée. Depuis, elle est gérée, comme l’abbaye du Thoronet, par le ministère de la culture et son église abbatiale, construite de 1175 à 1230, accueille désormais le prestigieux Festival International de piano de la Roque d’Anthéron et le Festival de quatuor à cordes. Seule Sénanque abrite aujourd’hui encore une communauté. Celle qui fut fondée en 1148 a su résister. Chassée deux fois par le passé, en 1544 lors des guerres de religion qui ravagent le pays et en 1903 lors de la promulgation des lois sur les congrégations religieuses, la communauté ne revient s’installer qu’en 1988. La parole y est toujours interdite. Blottie au fond d’un champ de lavandins, elle attire chaque année au cœur du Luberon, non loin de Gordes, nombre de touristes, conquis par ses formes généreuses. Fidèles à la « règle », les moines, vêtus de leur traditionnelle tunique blanche en laine ceinturées par leur scapulaire noir, entretiennent eux-mêmes leur abbaye grâce à la vente de leurs productions de miel et d’huiles essentielles de lavandin.



L'EGLISE, composée d’une nef de trois travées, flanquée de larges collatéraux, d’un vaste transept dont les bras sont dotés de deux chapelles à chevet plat et d’un choeur carré; la nef centrale, le transept et le choeur sont voûtés sur croisées d’ogives.


LA NEF


LE CHEVET







LA VOUTE


LE CLOITRE.











LA SALLE CAPITULAIRE où se réunissait le chapitre et où le père abbé traitait des questions de la vie communautaire.






LE REFECTOIRE, reconstitution gothique, composé d’une seule nef à quatre travées d’ogives .
Le réfectoire gothique, reconstruit au XIVe siècle, fait partie du programme de restauration et de création de vitraux.
Sarkis** imagine le mobilier, cinq chaises, une par vitrail, et une barre de cristal pour l’ancienne chaire du lecteur, qui, sans fonction liturgique, interprètent l’espace.
Il réalise cinq vitraux qui diffèrent des verrières blanches cisterciennes de l’église, et vont diffuser dans ce réfectoire une lumière blonde, chaleureuse, tout en maintenant, par la transparence du verre, le contact avec l’extérieur, un extérieur qui devient partie prenante du propos de l’artiste.
Les motifs des vitraux sont des empreintes de doigts, les siennes pour la première plaque de verre collée, celles de ses cinq collaborateurs pour la deuxième plaque extérieure. La juxtaposition de ces milliers d’empreintes jaunes rythme les surfaces des baies, révèlent une lumière «aux couleurs de pollen, de miel, de caramel chaud, différente pour chaque vitrail et générant l’impression que les couleurs entrent en ébullition, que les empreintes se gonflent et deviennent pierreries ou légers pétales»
Réalisées par les ateliers Duchemin, les empreintes sont appliquées au jaune d’argent lié à l’huile de lin et broyé à la spatule.
Il semble que l’artiste ait voulu «toucher» du doigt la lumière, marquer « l’empreinte » du XXIe siècle dans la continuité de l’histoire du bâtiment





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VITRAIL DE SARKIS

DORTOIR.Par un escalier, on accède au dortoir qui s’étend au premier étage sur toute la longueur du «bâtiment des moines













**SARKIS

Sarkis Zabunyan, dit « Sarkis », peintre français, est né à Istanbul en 1938.
Tout jeune, il pratique la peinture qu’il complète par des études d’architecture intérieure à l’académie des Beaux-Arts d’Istanbul.
En 1964, il émigre en France.
Inspiré d’images d’actualité du monde entier, il réalise des peintures et des collages.
L’ensemble de son œuvre est marqué par la lumière, naturelle ou artificielle, l’espace, le monde qu’il ressent comme chaotique et riche.
Sélectionné par concours de la commande publique, il réalise en 2001 cinq vitraux pour le réfectoire de l’abbaye cistercienne de Silvacane, et en 2004 trente-neuf vitraux pour le réfectoire, le dortoir, la salle capitulaire du prieuré cistercien de Saint-Jean-du-Grais.






MARQUES DE TACHERONS TAILLEURS DE PIERRE SUR MUR EXTERIEUR.

lundi, 27 août 2007

VIGNORY. L'EGLISE SAINT ETIENNE.

JE VOUS PRESENTE AUJOURD'HUI UNE EGLISE ROMANE QUI ME TIENT PARTICULIEREMENT A COEUR .JE M'Y SUIS ARRETE UNE FOIS DE PLUS FIN JUILLET EN REDESCENDANT VERS LE SUD .
LORSQUE J'HABITAIS DANS LE NORD, C'ETAIT L'ARRET PIQUE-NIQUE SUR LA ROUTE DES VACANCES (JURA OU HAUTE PROVENCE)
ELLE EST SITUEE DANS LA HAUTE MARNE DANS UN PETIT VILLAGE A L'ECART DE L'AUTOROUTE !
C'EST LA PREMIERE EGLISE ROMANE QUE J'AI DECOUVERTE ET VISITEE (IL Y A 40 ANS!)ET J'AI ETE SEDUIT PAR CETTE ARCHITECTURE. DEPUIS JE SUIS PASSIONNE .....J'AVAIS QUELQUES VIEUX CLICHES NOIR ET BLANC DE CETTE MAGNIFIQUE EGLISE .CE FUT L'OCCASION DE FAIRE CES PHOTOS NUMERIQUES QUE JE PARTAGE VOLONTIER...




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FACADE


L'église de Vignory est un exemple remarquable d'architecture préfigurant le style roman. C’est l’un des rares édifices du nord de la France du tout début de l’ère romane qui a traversé l’histoire sans avoir subi de profonds remaniements, à l’exception de l’ajout, aux XV-XVIe siècles, de cinq chapelles ouvrant sur le bas-côté sud de l’édifice.

PORTAIL

DETAIL PORTAIL COTE GAUCHE

DETAIL PORTAIL COTE DROIT


FENETRES DE LA FACADE



La construction de ce bâtiment doit être mise en relation avec la fondation d’un collège de chanoines par Hugues de Breteuil, en 1032, à la demande de Gui, sire de Vignory.

COTE SUD

ABSIDE,ABSIDIOLES ET CLOCHER

DETAIL CLOCHER

ENSEMBLE ABSIDE,ABSIDIOLES.



La nef a été élevée au cours de la première moitié du XIème siècle alors que le chevet fut édifié entre 1050 et 1060 environ. Par une charte datée de cette époque, Roger, sire de Vignory, donne à l’abbaye Saint-Bénigne de Dijon l’église nouvellement construite et consacrée à Saint-Etienne par l’évêque de Langres, Hardouin de Tonnerre.

VUE D'ENSEMBLE DE LA NEF


LA VOUTE EN CHARPENTE
Lorsque le visiteur franchit le portail de l’église, il est surpris par l’étonnante clarté qui règne à l’intérieur. Du seuil, il embrasse du regard la nef centrale à claire-voie, l’arc diaphragme ajouré, le chœur et les colonnes du déambulatoire. Une volée de marches permet de descendre dans la nef charpentée à 9 travées. C’est une des premières églises à posséder une nef en élévation à trois niveaux.


COTE NORD

De grandes arcades en plein cintre à hauteur variable retombent sur des piliers quadrangulaires. Elles sont surmontées par l’étage à claire-voie composé de baies géminées séparées par des piliers de section carré qui ouvrent directement sur les bas-côtés. L’étage supérieur est percé de baies en plein cintre, une par travée, assurant l’éclairage de la nef principale. Le rapport entre les pleins et les évidements des murs d’élévation confère une certaine légèreté à ce grand vaisseau.

COTE SUD


ARC DIAPHRAGME

L'église de Vignory ne possède pas de transept ; la nef et le chœur se succèdent sans transition. Un arc diaphragme percé de sept baies sur deux niveaux (5 + 2) en marque la séparation. Le chœur à deux travées est encadré de bas-côtés voûtés.


CHEVET A DEAMBULATOIRE

DEAMBULATOIRE
L’édifice se prolonge par un chevet à déambulatoire avec trois chapelles rayonnantes. Les arcades de l’hémicycle prennent naissance à même le sol. L’architecte a choisi d’alterner les piliers quadrangulaires et les colonnes.

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Les deux colonnes centrales sont surmontées de chapiteaux sculptés en méplat. Sur les quatre faces du premier, deux lions stylisés s’affrontent de part et d’autre d’un arbre-palmette. Il s’agirait, selon E. Vergnolle, d’un emprunt aux motifs de tissus orientaux. L’autre chapiteau accueille sur les quatre faces de sa corbeille un superbe lion stylisé avec l’inscription LEO. Sur l’une des faces, l’inscription figure en écriture spectrale.

Le traitement des murs autour du déambulatoire marque une évolution par rapport au traitement de la nef. Ici, le maître d’œuvre module les espaces en utilisant pour alléger la structure, l’arcature aveugle et en encadrant les ouvertures par d’élégantes colonnettes.





Le décor sculpté fait son apparition dans l’église de Vignory sous forme de frises et de chapiteaux traités en méplat. Outre les deux chapiteaux du déambulatoire, les piliers supportant les grandes arcades sont décorés d’une frise à motifs géométriques.




A l’étage à claire-voie, chaque baie est séparée en deux par une courte colonne surmontée d’un chapiteau massif sculpté. Le traitement iconographique se réduit essentiellement à des motifs géométriques ou végétaux. Néanmoins, on note déjà l’apparition de l’animal, toujours représenté par paires affrontées, lions ou oiseaux. Ce sont les prémices du bestiaire roman.
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MAISON DU VILLAGE DE VIGNORY JUSTE DEVANT L'EGLISE

dimanche, 15 avril 2007

L'ABBAYE DU THORONET.

DE RETOUR DU THORONET ,JE N'AI PAS PU RESISTER A L'ENVIE DE VOUS PRESENTER L'ABBAYE DU THORONET ,UN JOYAU DE L'ART ROMAN CISTERCIEN .EN COMPLEMENT VOUS POURREZ VISUALISER L'ALBUM QUE J'AI REALISER AVEC MES PHOTOS.
(Mon séjour au Thoronet s'est bien passé mais il a fait un temps détestable!)

A mi-chemin entre Marseille et Nice,
entre les rivages de la Méditerranée
et les Gorges du Verdon, voici L'ABBAYE DU THORONNET

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La Carte du secteur

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La Vue aérienne de l'abbaye.

" O toi l'au-delà de tout,
comment t'appeler
d'un autre nom ?
Quel hymne peut te chanter ?
Aucun mot ne t'exprime.
Quel esprit peut te saisir ?
Nulle intelligence
ne te conçoit.
Seul, tu es ineffable...

L'universel désir,
le gémissement de tous
aspire vers toi.
Tout ce qui existe te prie
et vers toi tout être
qui sait lire ton univers
fait monter
une hymne de silence. "
Saint GREGOIRE DE NAZIANZE

L'acoustique de l'église est certainement une des meilleures de France!!!

Quelques chants grégoriens pour accompagner votre lecture...

06_Alleluia_De_Paques_-_Iegor_Reznik.mp3

Ce premier chant a été enregistré dans l'église de l'abbaye.

09_Ostern_Venite_Populi.mp3
12_Maria_Himmelfahrt_Ave_Maris_Stel.mp3


GRANDEUR ET RECUEILLEMENT.

Avec ses soeurs, Silvacane et Sénanque, l'Abbaye du Thoronet est l'une des trois merveilles cisterciennes de Provence.

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L'Abside.
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La nef.
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Le plan


C'est en 1136 qu'un groupe de moines quitte l'abbaye de Mazan en Ardèche pour fonder un monastère sur les terres de Tourtour.
Environ quinze ans plus tard, comme ce fut souvent le cas pour les Abbayes cisterciennes, les moines abandonnent leurs bâtiments provisoires, et se transportent à une vingtaine de kilomètres de leur emplacement premier, près de Lorgues, en un lieu boisé entre le coude d'une petite rivière et une source.
Les travaux d'édification de l'abbaye Notre-Dame-du-Thoronet débutent en 1160, s'achèvent pour l'essentiel en 1175, et se prolongent jusqu'en 1190.

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RAPPEL CHRONOLOGIQUE

1075 Achèvement de la basilique St Jacques de Compostelle
1090 Naissance de Saint Bernard
1095 Le Pape Urbain II prêche la première croisade
1098 Fondation de l’ordre cistercien à Citeaux
1099 Prise de Jérusalem par les croisés
1112 Entrée de Saint Bernard à Citeaux
1119 Fondation de l'Ordre des Templiers
1130 Apparition du gothique ( Noyon, Sens, Laon, Senlis, Paris...)

+-1136 Fondation de Notre-Dame de Florièges (près de Tourtour)

1137 Règne de Louis VII 1180
1147 St Bernard prêche la deuxième croisade à Vézelay
1153 Mort de Saint Bernard

+-1157 Transfert de Florièges au Thoronet
+-1160 Début de l’édification de l’Abbaye

1160 Mise en chantier de la cathédrale Notre-Dame de Paris
1167 Les croisés occupent Le Caire
1170 Naissance de Saint Dominique 1221

+-1175 Achèvement de l'Eglise abbatiale

1180 Naissance de Saint François d’Assise 1226
1180 Règne de Philippe Auguste 1223
1187 Prise de Jérusalem par Saladin

+-1190 Les travaux essentiels de l'Abbaye sont terminés
+-1201 Folquet de Marseille est élu abbé du Thoronet

1203 Les croisés s’emparent de Constantinople
1209 Appel à la croisade contre le catharisme
1226 Règne de Louis IX (Saint Louis) 1270

+-1230 Les annexes de l’abbaye sont, à leur tour, achevées.

1230 Apogée du gothique (Chartres, Amiens, Mont-Saint-Michel...).
1248 Construction de la Sainte-Chapelle
1291 Fin des royaumes croisés en Terre sainte
1300 Gothique rayonnant (Rouen, Lyon, Evreux, Albi)

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Le Chevet.

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La Nef et le choeur de l'église


Au début du XIIIème siècle, le monastère abrite une vingtaine de moines et quelques dizaines de frères convers.
Moins de deux siècles plus tard, le déclin de l'abbaye est déjà entamé. En 1660, le prieur fait état de "la grande nécessité que les bâtiments de cette abbaye ont d'être réparés étant en piteux état". En 1699, on signale des fissures et effondrements des toitures, portes rompues et fenêtres délabrées...




En 1790, sept moines âgés y résident encore. La disparition de l'abbaye menace lorsque, la découvrant, Prosper Mérimée la sauve en la signalant à Revoil, architecte des monuments historiques. Dès 1873, ce dernier s'attache à la restaurer. Cette restauration est reprise après 1907 par son successeur Formigé, et se poursuit depuis lors

Aux XI°-XII° siècles, la puissance de l'Eglise, avec, à sa tête, l'abbaye de Cluny, était à son apogée. En réaction aux relâchements observés de toutes parts, quelques moines désireux de renouer avec l'idéal monastique d'origine, tel que Saint Benoît l'avait enseigné au VI° siècle, décidèrent de fonder, en 1098, une abbaye : celle de Citeaux. Ce lieu situé à une vingtaine de kilomètres de Dijon était dénommé Cistel (dont le mot "cistercien" est dérivé) car, sur son sol marécageux, seuls les roseaux y poussaient en abondance.

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Durant les premières années de son existence, l'extrême pauvreté de la jeune communauté, mit sa survie en péril. Mais l'arrivée à Citeaux de Bernard, avec trente gentilhommes bourguignons, inversa la tendance. Sous son impulsion, l'Ordre cistercien connu une formidable expansion. Alors que l'Ordre comptait moins de 5 abbayes à l'époque de l'admission de Bernard à Citeaux en 1122, on en dénombrait plus de 600, à sa mort en 1153. implantées dans toute l'Europe.

Les abbayes de Sénanque (Vaucluse), Silvacane (Bouches du Rhône) et le Thoronet (Var), appelées "les trois soeurs provençales", furent toutes trois fondées - de 1147 à 1160 - à quelques années d'intervalle. De ces trois abbayes, seule l'abbaye de Sénanque est toujours en activité et occupée par des moines cisterciens.

Car après sa formidable expansion, l'Ordre cistercien connu, au fil des siècles, une longue période de régression à laquelle succéda un renouveau, lequel reste toutefois sans commune mesure avec l'âge d'or d'antan. On compte, de nos jours, environ 250 abbayes cisterciennes en activité dans le monde, réparties sur tous les continents. Elles regroupent, au total, environ 7500 moines et moniales.

Les religieuses, qui occupent des bâtiments annexes au Thoronet, (l'Abbaye, désaffectée, ayant été acquise par l'Etat en 1854) appartiennent à la Communauté de Bethléem. Elles ne sont donc pas des moniales cisterciennes. Leur présence contribue à rappeler que cet édifice, bien avant de devenir une destination touristique, était un haut-lieu de spiritualité dans la Provence d'autrefois.

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Le Dortoir
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Le Chapitre.
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Le Cloitre.
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