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28/03/2009

SERAPHINE DE SENLIS

SORTI IL Y A QUELQUES MOIS DEJA MAIS RECOMPENSE DEBUT MARS PAR LES OSCARS ,JE SUIS ALLE VOIR CE FILM A DIGNE AU DEDUT DE LA SEMAINE ...
IL M'A VRAIMENT ENTHOUSIASME .YOLANDE MOREAU EST STUPEFIANTE DANS LE ROLE DE SERAPHINE LOUIS !
AUSSI AVEC CETTE NOTE ,SI VOUS N'ETES PAS ALLE VOIR CE FILM REMARQUABLE ,J'ESPERE VOUS DONNER L'ENVIE ....


Il était d’usage durant la Renaissance de désigner l’artiste par le nom de la ville ou du village d’où il était issu. Ainsi nous connaissons Antonello da Messina, Léonard da Vinci comme s’ils étaient des noms propres. Séraphine a rejoint cette tradition à l’aube du XXe siècle en devenant Séraphine de Senlis ou Séraphine tout court. Humble femme de ménage, elle est dévorée par l’envie de peindre, cette fameuse nécessité intérieure dont parlait Kandinsky à propos de tout artiste gagné par le vrai désir de création. Or c’est dans cette ville de Senlis,où baigne encore un climat gothique, que l’esthète et collectionneur allemand Wilhelm Uhde découvre le talent et la personnalité de celle qui était sa femme de ménage. Uhde est stupéfait par la puissance, l’ampleur et surtout l’intensité qui se dégage des compositions florales peintes par Séraphine.













Si elle rejoint la famille des peintres primitifs par la manière dont on la désigne, sa peinture entre elle aussi dans ce monde étrange du primitivisme.Uhde voit dans ses oeuvres l’expression du primitivisme moderne, c’est-à-dire la puissance de représenter le monde de l’inconscient libéré de toute école, de tout académisme ou de toute filiation.

Séraphine est autodidacte, elle fait ses couleurs elle-même et en conservera le secret. Elle est au seuil entre un art de la pathologie et l’embrasement de son esprit habité par des visions qu’elle découvre parfois en regardant la rosace de la cathédrale de Senlis lorsque celle-ci est illuminée par la lumière. Semblable aux populations du haut Moyen Âge qui tombaient en adoration face à la clarté des couleurs et des images, Séraphine reproduit dans sa peinture l’incendie qui a enflammé la psyché de générations entières. C’était l’une des dimensions de son art qui fascinait le regard de Wilhelm Uhde. Il avait vu dans la peinture du Douanier Rousseau, dont il fut l’un des premiers à comprendre le talent, la même force d’expression qu’il retrouva chez Séraphine. Uhde lui organisa des expositions et la fit entrer dans l’histoire de la peinture moderne. Sans lui, ses tableaux seraient restés oubliés, accrochés dans quelques études de notaire. N’oublions pas que l’on a découvert l’importance de Georges de Latour qu’à partir des années trente et qu’il fallut attendre la fin du XIXe siècle pour isoler Vermeer du reste des petits maîtres hollandais !
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Le film de Martin Provost* qui retrace les épisodes de la vie tragique, mais oh combien émouvante de Séraphine, est une occasion trop rare d’exhumer un grand artiste de l’oubli.Le musée Maillol qui possède dans ses collections un fonds important réuni par Dina Vierny des oeuvres des cinq primitifs modernes, et tout particulièrement des chefs d’oeuvre de Séraphine, s’associe pleinement à cet événement.


Bertrand Lorquin.Conservateur du musée Maillol




En 1912, le collectionneur allemand Wilhelm Uhde, premier acheteur de Picasso et découvreur du douanier Rousseau, loue un appartement à Senlis pour écrire et se reposer de sa vie parisienne. Il prend à son service une femme de ménage, Séraphine, 48 ans. Quelque temps plus tard, il remarque chez des notables locaux une petite toile peinte sur bois. Sa stupéfaction est grande d’apprendre que l'auteur n'est autre que Séraphine. S'instaure alors une relation improbable entre le marchand d'art visionnaire et l'humble femme de ménage dont tout le monde se moque...

Yolande Moreau n'a pas hésité


S'appuyant sur les quelques biographies disponibles sur la peintre naïve née en 1864, et sur les journaux intimes tenus par Wilhelm Uhde, Martin Provost restitue minutieusement l'existence de celle qui finit par sombrer dans la folie et qui fut d'ailleurs internée à l'hôpital psychiatrique de Clermont à partir de 1932. Pour interpréter Séraphine, il a immédiatement songé à la comédienne belge Yolande Moreau, révélée dans "Sans toit ni loi" d'Agnès Varda ou les Deschiens (ce fut aussi la concierge d'Amélie Poulain). "Il se trouve que Yolande vit aussi près de Vernon, à trois kilomètres de chez moi", raconte Martin Provost; "je suis allé lui lire l'histoire de Séraphine. Je lui ai apporté tout ce que j'avais collecté. Je me souviens que nous étions assis dans son jardin. Elle a tout de suite été fascinée par cette histoire et n'a pas hésité un instant. Et le plus drôle, c'est que lorsque je lui ai montré des vieilles photos de Séraphine, elle s'est écriée : "Ce n'est pas flatteur, mais c'est tout à fait moi". Il est vrai que la ressemblance avec Séraphine était frappante !".


Le Vexin luxuriant

Touchante et troublante d'un bout à l'autre, Yolande Moreau incarne le personnage avec une infinie justesse. Bonne à tout faire le jour, Séraphine passait toutes ses nuits, comme habitée, à peindre à la bougie, inlassablement. N'ayant jamais reçu le moindre enseignement, elle avait appris à fabriquer, à partir d'ingrédients naturels, les couleurs vives dont elle se servirait pour peindre fleurs et fruits comme jamais personne n'avait osé le faire, mis à part peut-être Van Gogh. Tourné à Senlis et dans la campagne luxuriante du Vexin normand, le film a la beauté lustrée d'un film de James Ivory, avec ses tableaux d'époque somptueux, à l'image de cette splendide scène au lavoir, un régal.




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Commentaires

Une superbe note....j''aime beaucoup Yolande MOREAU, l'anti-star intégrale, et les tableaux de Séraphine, merveilleux de couleurs, j'aimerais bien voir le film...j'attendrai le DVD.... Merci pour ces images dont tu as le secret!!!

Je n'ai pas reçu ton mail, je te redonne mon e mail : hvallin@club-internet.fr
ou sur orange : hvignals@orange.fr.


Je t'embrasse
hélène

Écrit par : hélène | 27/03/2009

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Je t'ai envoyé un mail en espérant avoir mis la bonne adresse.
Bises
hélène

Écrit par : hélène | 28/03/2009

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superbe note sur séraphine, découverte sur le tard mais qui mérite et Ô combien la reconnaissance, tout comme ma chère Yolande , enfin récompensée.
Le traitement quasi onirique des compositions florales, est exceptionnel, le qualifiquatif de "génial" est de mise,


Formidable Séraphine qui nous confirme que l'Art et la beauté n'ont pas de classes sociales ni d'éducation primitive essentielle


Merci Jacques,


Belle journée


Fanfan du fatras

Écrit par : framboisine | 28/03/2009

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tres beau film qui m'a fait decouvrir cette artiste

Écrit par : fleurbleu | 28/03/2009

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