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05/02/2009

DOM HELDER CAMARA

"Quand je donne à manger à un pauvre, tout le monde m’appelle saint.
Mais lorsque je demande pourquoi les pauvres n’ont pas de nourriture,
alors tout le monde m’appelle communiste".


Une des phrases les plus célèbres, très brève mais suscitant une profonde réflexion, prononcées par l’archevêque et théologien brésilien Dom Hélder Pessoa Câmara . Le centenaire de sa naissance sera célébré le 7 Février , pas seulement dans son pays.


DOM HELDER CAMARA (7 février 1909, Fortaleza, Brésil - 27 août 1999, Recife) fut archevêque d'Olinda et Recife au Brésil .
Avocat des pauvres, apôtre de la Théologie de la libération et de la non-violence, Il est de ceux qui ont incarné l'image du Sauveur.


Tout jeune prêtre, il est chargé de la pastorale des intellectuels à Fortaleza au Brésil puis il devient membre du Conseil supérieur de l'enseignement à Rio de Janeiro. Apprécié pour son charisme et ses innombrables qualités, il est sollicité par les médias, par le ministère de l'éducation nationale, la municipalité… devenant ainsi l'une des figures les plus populaires de la capitale. Mais Dom Helder préfère servir les affaires du clergé : il fonde et préside l'Organisation des évêques du Brésil et devient archevêque auxiliaire de Rio en 1955. C'est alors qu'un homme d'Eglise l'exhorte à considérer le cas des pauvres de la capitale. Et surnommé très vite “l'évêque des bidonvilles”, Camara fonde une organisation de secours : la Banque de la Providence.

En 1964, au moment où l'armée prend le pouvoir et poursuit les “subversifs”, Dom Helder est promu archevêque des diocèses d'Olinda et de Recife. Plus que jamais désireux de réunir la société civile et l'Eglise pour défendre la cause des pauvres, il dénonce publiquement les injustices commises dans son pays, lance les “opérations Espérance” destinées à éduquer et responsabiliser le petit peuple. Inspiré par la Théologie de la libération et celle de la non-violence, il lance également le mouvement Action Justice et Paix fondé sur la “pression morale libératrice”. Et lorsqu'il est traité d'“évêque rouge”, il rétorque habilement : « quand je donne de la nourriture aux pauvres, on m'appelle un saint. Quand je demande pourquoi ils sont pauvres, on m'appelle un communiste ».

C'est l'heure où son ami, le prêtre Pereira Neto, est assassiné, l'heure où il prêche en faveur d'une plus juste répartition des richesses, où il construit des maisons, fonde un service d'information pour les pauvres... Mais surpris de la réserve de Rome, il exprime son désir de voir l'ensemble du corps ecclésial évoluer et s'engager. « C'en est assez d'une Eglise qui veut être servie, qui exige d'être toujours la première… qui crie qu'elle a le monopole de la vérité » déclare Dom Helder qui ne reconnaît le chrétien que dans son engagement contre l'injustice. Et lorsque Jean-Paul II nomme le conservateur Dom José Cardoso pour lui succéder, commence le démantèlement minutieux des communautés qu'il avait créées dont le séminaire d'Olinda suspecté de centre d'enseignement marxiste ainsi que la Commission Justice et Paix. « Le désert est fertile ! », écrira Dom Helder inébranlable et résolument confiant en l'avenir au point qu'il lance en 1990 sa campagne “an 2000 sans misère”. Lui qui avait tant misé sur l'appui des institutions religieuses, politiques et universitaires, il comprend désormais que son rêve d'un « monde plus respirable et plus humain » ne se réalisera que par la volonté et le dévouement des minorités disposées à « espérer contre toutes espérances ».
Vivant, Dom Helder le sera toujours à travers les mouvements et ONG actuels qu'il a suscités par la force de son Amour, défiant les limites de la peur, de l'ignorance, du pouvoir et des institutions. « Chaque matin, je choisis d'aimer » disait Dom Helder offrant à l'humanité la clé d'un monde meilleur…
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Je vous conseille ces livres:
Dom Helder Camara - Jean Toulat : Dénonçant sans répit la course aux armements et les ventes d'armes, Dom Helder Camara a mérité le Prix populaire de la Paix. Il est le symbole de cette non-violence active qu'il fonde sur “la force nucléaire de l'amour”.

Dom Helder Camara, les puissants et les pauvres -Richard Marin : La parole libre et sans ménagement pour les puissants de Dom Helder Camara, ses conflits à répétition avec les pouvoirs ont fait de celui qui fut l'archevêque d'Olinda-Recife de 1964 à 1985, l'un des symboles de la théologie de la libération.

Dom helder Camara, la violence d'un pacifique -José de Broucker

Commentaires

Il existe partout des êtres d'exceptions qui font bouger le monde en étant non violents.Jolie ta belle histoire sur la colombe chez moi et je t'en remercie.Salut Jacques

Écrit par : heraime | 04/02/2009

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super portrait d' un de ces rares très grands Humains !
amitiès

Écrit par : ventdamont | 04/02/2009

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Quel beau témoignage à un homme de bonne volonté.....il en faudrait des milliers comme lui pour que la vérité sur la pauvreté se clame partout...
On est dit-on très civilisés par le monde des bien nantis,mais je suis assurée qu'un certain esclavage, appelé autrement, exploitation par exemple, existe partout.
Le même abime subsiste toujours entre les humains....oui, le veau d'or est toujours debout!!

On nous abreuve de bons sentiments...mais les gestes ne suivent pas...N'oublions jamais que l'autre doit être écouté!!


Je t'embrasse
hélène

Écrit par : hélène | 04/02/2009

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peu de chance de le voir béatifié...un tel homme a sa place au Panthéon des Hommes,au fond que nous importe la volonté vaticane!
As tu lu La Vie avec les prises de positions au sujet de" l'intégration "des 4 évêques ?
je réponds aussi pour les images modifiées: avec Photofiltre téléchargement gratuit , très bon logiciel de retouche, facile et efficace.
et maintenant, dodo,
à demain,

Écrit par : framboisine | 05/02/2009

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une très belle figure qui "rachète" un peu les positions du vatican sur la théologie de la libération , bien illustrées par le dessin et la maxime.

Béatrice

Écrit par : beatrice gabriot | 05/02/2009

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Bonjour Jacques,

"Espérer contre toutes espérances"... ."la force nucléaire de l'amour".Des mots simples, choisis, et qui ajoutés les uns aux autres,délivrent le message d'un grand humaniste,d'un combat mené pour une " juste justice" (pléonasme pourtant réel).

Et il est difficile de mener un tel combat quand "l'Institution" dont tu relèves est sourde à ta révolte elle ,si juste!

J'admire ces personnalités qui ont fait de leur vie un engagement..en, fait, je crois que ce sont les seuls que j'admire.

La photo du bidonville est " parlante".

Je t'embrasse Jacques.

merci pour cette note

Betty

Écrit par : betty | 06/02/2009

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