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27/11/2008

MUSEE HAUT MUSEE BAS

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Distributeur : Warner Bros. France
Sortie cinéma France : 19 Novembre 2008
Genre : Comédie
Un film de Jean-Michel Ribes
Avec Pierre Arditi, Julie Ferrier, Josiane Balasko, Michel Blanc, Evelyne Bouix, Isabelle Carré, François-Xavier Demaison, André Dussollier, Guillaume Gallienne, Gérard Jugnot, Philippe Khorsand, Pierre Lescure, Fabrice Luchini, Tonie Marshall, Yolande Moreau, François Morel, Daniel Prévost, Muriel Robin, Valérie Lemercier, Urbain Cancelier, Eva Darlan, Dominique Besnehard, Victoria Abril, Laurent Gamelon, Valérie Mairesse, Franck De La Personne
Durée : 1h33


Un conservateur terrorisé par les plantes vertes, une mère plastifiée pour être exposée, un ballet de Saintes Vierges, des gardiens épuisés par Rodin, un ministre perdu dans une exposition de sexes, une voiture disparue au parking Rembrandt, des provinciaux amoureux des Impressionnistes, touristes galopins galopant d'une salle à l'autre, passager clandestin dans l'art premier, Picasso, Gauguin, Warhol, ils sont tous là dans ce petit monde qui ressemble au grand, dans ce musée pas si imaginaire que ça, valsant la comédie humaine jusqu'au burlesque.

Musée haut, musée bas est l'adaptation cinématographie de la pièce homonyme écrite par Jean-Michel Ribes. Celui-ci nous rappelle comment sa pièce est née : "Je me suis mis à écrire des personnages qui se promenaient dans un musée, un peu comme on tapote sur un piano pour trouver un air, et peu à peu, ils m'ont entraîné dans ce lieu libre et fou où se mêlent l'imaginaire, le sublime, l'élevé, mais aussi le grotesque, le ridicule, le moche, bref le haut et le bas. Je me suis vite aperçu que les chefs-d'oeuvre qui m'intéressaient étaient les gens qui regardaient les chefs-d'oeuvre. Je suis parti m'isoler quelques jours à Naples pour essayer de mettre tout cela sur le papier et puis en rentrant à Paris, je me suis décidé à placer ce charivari sur scène."
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CE MAMMOUTH EST DESORMAIS AU MUSEE DE LA PREHISTOIRE DE QUINSON QUI EN A FAIT L'ACQUISITION (voir ma note du 17/02/2008 catégorie Préhistoire)

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VOICI LA CRITIQUE DE TELERAMA....MOI J'AI BEAUCOUP AIME CE FILM ....
Quand les cinéastes américains installent leurs caméras dans un musée, c'est pour y suivre une ténébreuse affaire criminelle (Da Vinci Code) ou traquer un monstre mutant (Relic). En France, pays de Descartes et de Bourdieu, il s'agit plutôt de réfléchir au rapport de l'oeuvre exposée avec ceux qui la regardent, et plus généralement à ce haut lieu d'une nouvelle forme de sacré. De façon sérieuse et élégiaque quand Olivier Assayas tourne L'Heure d'été ; sur un ton plus malicieux, mais non moins subtil, avec ce Musée haut, musée bas, marquant le retour au cinéma d'un homme de théâtre, Jean-Michel Ribes.

Adaptant sa propre pièce, créée en 2004 au Théâtre du Rond-Point (qu'il dirige), Ribes s'amuse d'une faran­dole de « caractères » s'entrecroisant dans un musée imaginaire, encyclopédique, exhaustif - le musée de tous les musées. Lieu quasi unique, arpenté du sous-sol aux combles, où s'observent les mille et une ma­nières - beauf ou pédante, émerveillée ou déroutée - de « vivre » l'art.

La volonté de divertissement populaire est évidente, et elle est servie par une distribution assez incroyable, un casting « all stars » qui voit se côtoyer plusieurs ­familles de l'actorat français : famille Splendid (Jugnot, Balasko, Blanc), famille « stand up » (Lemercier, Robin, Demaison), famille Resnais (Arditi, Dussollier, Isabelle Carré), famille théâtreux (Luchini, quelques « comédiens français » dont Guillaume Gallienne et Judith Chemla).

Les plus connus aident à une identification immédiate des groupes de visiteurs, tous s'expriment avec talent dans des dialogues taillés sur mesure : on aime la tirade lasse de Luchini en gardien épuisé par la beauté qui l'entoure ; Dussollier est hilarant en ministre très « langien » inaugurant d'un air hébété une expo de photos de sexes masculins ; sans parler des apparitions de Valérie Lemercier à qui l'auteur a réservé cette réplique fondamentale : « J'adore ­cette période qui va de Vinci à Warhol. »

S'il se contentait de se moquer gentiment du tourisme culturel de masse, le film serait une simple satire, succession de tableaux mordants, au risque du mépris. Il est bien davantage dès que l'écriture de ­Ribes s'enfonce dans l'absurde, et c'est l'art contemporain qui lui en donne l'occasion. Il y a une verve à la Ionesco dans la scène du « family art » où l'artiste « oeuvre » en direct en tuant sa mère - beau numéro de Micha Lescot et de Josiane Balasko.

Et l'on quitte définitivement l'ironie dans le beau passage où, sous la houlette d'un mystérieux artiste, ce sont les spectateurs eux-mêmes qui constituent l'oeuvre exposée. Evidemment, cette abracadabrante installation, artifice suprême du créateur, reflète une vérité de l'art conceptuel d'aujourd'hui. Elle illustre l'astucieuse position du dramaturge-cinéaste : en même temps caricaturiste cinglant et décrypteur sagace, bref agitateur d'idées à la verve ­communicative.

Aurélien Ferenczi

Télérama, Samedi 22 novembre 2008

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Commentaires

J'ai beaucoup apprécié aussi. C'est plein de vérités et de drôlerie : un vrai miroir à connaisseurs.

Bonne soirée. Bises. Monique

Écrit par : monique | 27/11/2008

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