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12/11/2008

14-18 EN CHANSONS....

Georges Brassens La Guerre De 14-18

podcast


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Depuis que l'homme écrit l'Histoire
Depuis qu'il bataille à cœur joie
Entre mille et une guerr' notoires
Si j'étais t'nu de faire un choix
A l'encontre du vieil Homère
Je déclarerais tout de suite:
"Moi, mon colon, cell' que j'préfère,
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit!"

Est-ce à dire que je méprise
Les nobles guerres de jadis
Que je m'soucie comm' d'un'cerise
De celle de soixante-dix?
Au contrair', je la révère
Et lui donne un satisfecit
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Je sais que les guerriers de Sparte
Plantaient pas leurs epées dans l'eau
Que les grognards de Bonaparte
Tiraient pas leur poudre aux moineaux
Leurs faits d'armes sont légendaires
Au garde-à-vous, je les félicite
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Bien sûr, celle de l'an quarante
Ne m'as pas tout à fait déçu
Elle fut longue et massacrante
Et je ne crache pas dessus
Mais à mon sens, elle ne vaut guère
Guèr' plus qu'un premier accessit
Moi, mon colon, celle que j' préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Mon but n'est pas de chercher noise
Au guérillas, non, fichtre, non
Guerres saintes, guerres sournoises
Qui n'osent pas dire leur nom,
Chacune a quelque chos' pour plaire
Chacune a son petit mérite
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Du fond de son sac à malices
Mars va sans doute, à l'occasion,
En sortir une, un vrai délice
Qui me fera grosse impression
En attendant je persévère
A dir' que ma guerr' favorite
Cell', mon colon, que j'voudrais faire
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit


La "Chanson de Craonne"

podcast

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Quand au bout d’huit jours, le repos terminé,
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c’est bien fini, on en a assez,
Personn’ ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civelots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s’en va là haut en baissant la tête…

Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés,
C'est nous les sacrifiés !

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu’un qui s’avance,
C’est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe,
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes… (au refrain)

C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c’est pas la mêm’ chose.
Au lieu de s’cacher, tous ces embusqués,
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens, car nous n’avons rien,
Nous autr’s, les pauvr’s purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là. (au refrain)

Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les troufions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l’plateau,
Car si vous voulez faire la guerre,
Payez-la de votre peau !


Une chanson antimilitariste de 1917
Premier couplet
Dans toutes les villes, dans toutes les campagnes
Vous entendez crier des mots partout
Oui, il nous faut anéantir l’Allemagne
On les aura, faut aller jusqu’au bout
Oui, mais ceux-là ne sont pas à la guerre
Ils sont chez eux à l’abri du canon
Ils sont bien loin, loin des balles meurtrières
Y a pas d’erreur, ils ne vont pas sur le front

REFRAIN
On les aura, vous pouvez être tranquille
Dans les bistrots et dans les cinémas
Au coin du feu en tapant la manille
Le civil tient bon on les aura

Deuxième couplet
On les aura la victoire est certaine
Car nos poilus ne se battent pas pour la peau
On reprendra l’Alsace et la Lorraine
Albert Thomas l’a crié assez haut
Plus de socialistes, plus de révolutionnaires
Plus d’anarchos, patriotes avant tout
Des munitions pour continuer la guerre
Pour la Patrie faut aller jusqu’au bout

REFRAIN
On les aura cela vous pouvez le croire
Car c’est Hervé et Briand qui l’ont dit
Cela est sûr on aura la victoire
Car leurs amis sont à l’abri

3° Couplet
On les aura c’est devenu populaire
Pour les civils et pour les embusqués
C’est pour cela qu’on leur donne la croix de guerre
Car les poilus ne veulent plus la porter
Mais pourtant c’est la classe ouvrière
Qui se fait tuer oui sans savoir pourquoi
Pour un drapeau, une loque, quelle chimère
Les patriotes allez-y c’est votre droit

REFRAIN
Mais nous les gars crions à bas la guerre
Sachez le bien c’est le cri le plus beau
Plus de canons ni fusils ni frontières
A bas la guerre et ses bourreaux

4° Couplet
Ecoutez tous, vous les jusqu’auboutistes
Pour les avoir je vous montre le chemin
Prendre un fusil c’est logique c’est simple
Et vous irez sûrement jusqu’à Berlin
Près du canon près des balles meurtrières
C’est votre place, il faut vous dépêcher
Car les poilus eux ne veulent plus la guerre
C’est votre devoir d’aller les remplacer

REFRAIN
Dans les tranchées cela est bien facile
Par les poilus vous serez approuvés
Engagez vous ce n’est pas difficile
Alors peut-être, peut-être vous les aurez


Mutins de 1917

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Mutins de 1917. Jacques Debronckart


Vous n'êtes pas aux Monuments aux Morts
Vous n'êtes même plus dans les mémoires
Comme vos compagnons de la Mer Noire :
Vous êtes morts et deux fois morts.
A vos petits enfants l'on ne répète
Jamais comment finit leur grand-papa :
Il y a des chos's dont on ne parle pas,
Mutins de mil neuf cent dix-sept

Sur votre dos, les Joffre et les Nivelle
Faisaient carrièr' dans les états-majors,
Leur humeur décidait de votre sort :
Aujourd'hui qui se le rappelle ?
Au lieu de s'emmerder en garnison,
Au lieu de piétiner au même grade,
C'était le temps béni de l'empoignade,
Vous parlez d'un' belle occasion...

Vous aviez fait tant d'assauts inutiles,
Juste pour corser le communiqué,
Vous vous sentiez tellement cocufiés,
Telle'ment pris pour des imbéciles,
Que vous avez voulu que ça s'arrête,
Cet abattoir tenu par la patrie,
Cette nationale charcuterie,
Mutins de mil neuf cent dix-sept

Avant l'attaque arrivaient les cercueils
Et vous coupiez votre pain sur leurs planches,
Tout juste si le crêpe à votre manche
N'annonçait votre propre deuil.
Par malheur, la France n'était pas prête,
Se révolter lui paraissait énorme,
Ell' bavait encore devant l'uniforme,
Mutins de mil neuf cent dix-sept

L'Histoir' vous a jetés dans ses égouts,
Cachant sous les flots de ses Marseillaise
Qu'un' bonne moitié de l'armée française
Brûlait de faire comme vous.
Un jour, sortirez-vous des oubliettes ?
Un jour verrons-nous gagner votre cause ?
J'en doute, à voir le train où vont les choses
Mutins de mil neuf cent dix-sept,
Mutins de mil neuf cent dix-sept

Commentaires

Paroles très émouvantes dont il nous faut nous souvenir comme il nous faut nous souvenir de notre histoire individuelle et collective.

Et puissions-nous avoir toujours assez de recul et de bon sens pour "baver" de moins en moins devant l'uniforme et apprécier l'irrévérence pleine d'humour et d'ironie de Brassens.

Merci pour ta note Jacques. C'est fou comme une chanson peut être porteuse d'histoire.

Bises. Monique

Écrit par : monique | 12/11/2008

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j'ai lu du début à la fin...
amitiés

Écrit par : henri | 12/11/2008

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Bonjour Jacques,

Textes forts et émouvants. De tous, c'est la chanson de Brassens que j'ai en mémoire.

Combien il y a t'il eu de "mutins" à la guerre d'Algérie, appelés objecteurs de conscience, et non fusillés cette fois.

Le grillon

Écrit par : Christian | 13/11/2008

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les paroles de ces chansons sont émouvantes

Écrit par : bernadette | 08/11/2013

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Coucou Jacques !
Wahou ! dur, dur mais adoucie avec humour, ce qu'il a fait passer comme message dans cette longue chanson, c'est bien du Brassens, à apprendre pour le centenaire. Je ne la connaissais pas. Bon week-end et bizoux !

Écrit par : françoise la comtoise | 09/11/2013

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Bonjour Jacques que je ne connais pas...

Vous demandez si gentiment un commentaire, alors voilà, je vous écris.

Je découvre votre blog lors d'une recherche : je suis quelqu'un qui aime chanter, et j'ai décidé d'apprendre des chansons anti-militaristes en prévision des commémorations insupportables que nous allons subir de 14 à 18 !

J'ai été presque déçue de ne trouver que des chansons que je connais déjà : le déserteur de Vian, la chanson de Craonne, la butte rouge, giroflé-girofla etc. Et puis voilà que, chez vous, je découvre "les mutins de 1917". Comme en plus il y a la musique, je vais être obligée de revenir chez vous l'écouter jusqu'à ce que je puisse le chanter toute seule (à moins que je ne l'achète sur iTunes pour simplifier).

Ce texte est remarquable aussi car il soulève une question que certains rêvent de remettre au goût du jour : la réhabilitation des soldats fusillés par "nos" hommes.

Et comme vous abordez pas mal de sujets qui m'intéressent, alors je tenterai de retrouver le temps de fouiller davantage dans vos pages.

Merci pour votre blog...

Amicalement

Kaly

Écrit par : Kaly | 02/12/2013

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