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01/05/2007

LE 1er MAI

BONNE FETE DE 1er MAI A TOUTES ET A TOUS ! SOUVENONS NOUS !ET N'HESITONS PAS A EN PARLER A NOS PETITS ENFANTS ! C'EST UN DEVOIR POUR NOUS DE LEUR TRANSMETTRE NOTRE HISTOIRE !!!

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LE 1er MAI DANS LE MONDE.

Le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200.000 travailleurs américains d'obtenir la journée de huit heures. Le souvenir de cette journée amène les Européens, quelques années plus tard à instituer la Fête du Travail.


UNE REVENDICATION NATIONALE.
Au cours du IVe congrès de l'American Federation of Labor, en 1884, les principaux syndicats ouvriers des États-Unis s'étaient donné deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils avaient choisi de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d'entreprises américaines entamaient ce jour-là leur année comptable.

Arrive le 1er mai 1886. Beaucoup de travailleurs obtiennent immédiatement satisfaction de leur employeur. Mais d'autres, moins chanceux, au nombre d'environ 340.000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.

Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago.Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C'est alors qu'une bombe explose devant les forces de l'ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police.
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Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines.

Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l'un des condamnés, Augustin Spies : «Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui»
Manifester pour la journée de 8 heures
Trois ans après le drame de Chicago, la IIe Internationale socialiste réunit à Paris son deuxième congrès. Celui-ci se tient au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, pendant l'Exposition universelle qui commémore le centenaire de la Révolution française.

Les congressistes se donnent pour objectif la journée de huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé). Jusque-là, il est habituel de travailler dix ou douze heures par jour (en 1848, en France, un décret réduisant à 10 heures la journée de travail n'a pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale).

Le 20 juin 1889, sur une proposition de Raymond Lavigne, ils décident qu'il sera «organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d'appliquer les autres résolutions du congrès. Attendu qu'une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l'AFL, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation.»

LE PREMIER MAI 1891 A FOURMIES.
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Le premier mai 1891, à Fourmies, le beau temps est au rendez-vous en ce premier jour du "mois de Marie", un vendredi. Sur les haies du bocage, l'aubépine veut fleurir. Les amoureux ont cueilli des rameaux de frêle blancheur pour les fiancées. Quoi qu'il arrive, les jeunes seront les héros de la fête.

La scène du théâtre est prête: une esplanade rehaussée où la mairie, l'église et des estaminets invitent aux allées et venues, au rassemblement et aux harangues.

A 9 heures, après une échauffourée avec les gendarmes à cheval, quatre manifestants sont arrêtés. Des renforts sont demandés à la sous-préfecture qui envoie en renfort deux compagnies du 145e de ligne casernée à Maubeuge. Le 84e RI d'Avesnes est déjà sur place.


Dès lors le premier slogan : " c'est les huit heures qu'il nous faut " est suivi par " c'est nos frères qu'il nous faut ".
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18h15 : 150 à 200 manifestants arrivent sur la place et font face aux 300 soldats équipés du nouveau fusil Lebel qui contient de 9 balles (une dans le canon et huit en magasin) de calibre 8 mm. Ces balles peuvent, quand la distance n'excède pas 100 mètres, traverser trois corps humains sans perdre d'efficacité. Les cailloux volent ; la foule pousse. Pour se libérer, le commandant Chapus fait tirer en l'air. Rien ne change. Il crie : " baïonnette !.. en avant ! " Collés contre la foule, les trente soldats, pour exécuter l'ordre, doivent faire un pas en arrière. Ce geste est pris par les jeunes manifestants pour une première victoire. Kléber Giloteaux, leur porte drapeau s'avance.
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Il est presque 18h25....le commandant Chapus s'écrie : " feu !feu !feu rapide ! visez le porte-drapeau ! "
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Neufs morts, trente cinq blessés (au moins) en quarante cinq secondes. C'était à Fourmies le premier mai 1891.


Maria Blondeau,
18 ans
tuée à bout portant, les yeux dans les yeux de son exécuteur, d'une balle dans la tête

Louise Hublet
20 ans
deux balles au front et une dans l'oreille
Ernestine Diot
17 ans
une balle dans l'œil droit, une dans le cou, son corps contient cinq balles
Félicie Tonnelier
16 ans
une balle dans l'œil gauche et trois autres dans la tête
Kléber Giloteaux
19 ans
trois balles dans la poitrine et deux autres dont une à l'épaule
Charles Leroy
20 ans
trois balles
Emile Ségaux
30 ans
cinq balles
Gustave Pestiaux
14 ans
deux balles dans la tête et une à la poitrine
Emile Cornaille
11 ans
une balle dans le coeur
Camille Latour
46 ans
commotionné après avoir assisté à la fusillade, décédera le lendemain.
Charles Leroy, Emile Ségaux, Gustave Pestiaux et Emile Cornaille ne participaient pas à la manifestation et furent atteints par des balles qui ne leurs étaient pas destinées.

Ils seront inhumés le 4 mai.
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Deux procès auront lieu : le premier à Avesnes sur Helpe le deux mai, les 9 manifestants arrêtés la veille sont condamnés pour entraves à la liberté du travail, outrages et violences à agents, et rebellions à des peines d'emprisonnement de 2 à 4 mois.
Le second à Douai le 4 juillet. Hippolyte Culine et Paul Lafargue sont accusés pour provocation à attroupement armé. Le verdict arrive le lendemain dimanche 5 juillet, après cinq minutes de délibération. Culine est condamné à 6 ans de réclusion et 10 ans d'interdiction de séjour, Lafargue, 1 ans de prison.
Que la justice était rapide en ce temps là!
En 1903, un monument sera élevé à la mémoire des fusillés dans le cimetière. La journée de 8 heures, soit 48 heures par semaine a été accordée par la loi du 23 avril 1919.

LES MARTYRS DE FOURMIES

I
Ils étaient du même village,
Ils s'aimaient tous deux tendrement.
De s'unir par le mariage,
Tous deux s'étaient fait le serment.
Le Gars, travailleur énergique
Comme son père était mineur ;
Elle, ouvrière de fabrique,
Pour tout bien n'avait que l'honneur.

"Elle était jeune et belle ;
Il était grand et fort ;
Chacun se les rappelle
Les Fiancés du Nord". (bis)

II
Quand ils passaient devant l'Eglise,
Tous les deux relevaient leurs fronts.
Lui, murmurait à sa promise :
"C'est là que nous nous marierons"
-"Si tu veux, Pierre, ajoutait-elle,
"Ce sera pour le mois de Mai ;
"Mois où la nature est belle,
"Où tout dans l'air est embaumé".

Si tu veux, disait Pierre,
En l'embrassant bien fort !
Qu'ils étaient beaux naguère,
Les Fiancés du Nord !
III
Avril vit la fin de leur rêve,
Adieu, les beaux jours sont finis !
Voici, soudain, qu'un vent de grève
A soufflé sur tout le pays !
L'homme, l'enfant, même la femme,
Fatigués de trop durs labeurs,
S'arrêtent, et chacun réclame
Les justes droits des travailleurs.
Dans ces jours de tristesse
Que leur importe l'or ?
L'amour est la richesse
Des Fiancés du Nord !
IV

Il rayonnait comme une aurore,
Le premier jour du mois des fleurs ;
Ce jour où la France déplore
Le plus grand de tous les malheurs !
Devant l'église, dans la foule
Ils étaient dans les premiers rangs !
La poudre parle ! le sang coule !
Et tous deux tombent expirants !

O sinistre hécatombe
Que chacun pleure encor,
Les voilà dans la tombe,
Les Fiancés du Nord !
V
Le lendemain, la foule entière,
Suivant les parents en grand deuil,
Accompagnait au cimetière
Ceux qu'avait unis le cercueil.
Les pinsons à la voix sonore
Roucoulaient des sons éclatants,
Et partout on voyait éclore,
Les premières fleurs du printemps !

Elle était jeune et belle ;
Il était grand et fort.
Chacun se les rappelle,
Les Fiancés du Nord.
Créée par Marius RICHARD
à la Scala

Paroles de René ESSE
Musique de Gaston MAQUIS

Avec le drame de Fourmies, le 1er mai s'enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens.

Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l'Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai. L'horizon paraît s'éclaircir après la première guerre mondiale. Le traité de paixsigné à Versailles le 28 juin 1919 fixe dans son article 247«l'adoption de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures comme but à atteindre partout où elle n'a pas encore été obtenue».

Les manifestations rituelles du 1er mai ne se cantonnent plus dès lors à la revendication de la journée de 8 heures. Elles deviennent l'occasion de revendications plus diverses.

La Russie soviétique, sous l'autorité de Lénine, décide en 1920 de faire du 1er mai une journée chômée. Cette initiative est peu à peu imitée par d'autres pays (dont la France en... 1941).

LE 1er MAI EN FRANCE

En France, dès 1890, les manifestants du 1er mai ont pris l'habitude de défiler en portant à la boutonnière un triangle rouge. Celui-ci symbolise la division de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs.
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Le triangle est quelques années plus tard remplacé par la fleur d'églantine. En 1907, à Paris, le muguet, symbole du printemps en Île-de-France, remplace cette dernière. Le brin de muguet est porté à la boutonnière avec un ruban rouge .
Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant, à titre exceptionnel, une journée chômée.

Les manifestations du 1er mai 1936 prennent une résonance particulière car elles surviennent deux jours avant le deuxième tour des élections législatives qui vont consacrer la victoire du Front populaire et porter à la tête du gouvernement français le leader socialiste Léon Blum.
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C'est pendant l'occupation allemande, le 24 avril 1941, que le 1er mai est officiellement désigné comme la Fête du Travail et de la Concorde sociale et devient chômé. Cette mesure est destinée à rallier les ouvriers au régime de Vichy. Son initiative revient à René Belin. Il s'agit d'un ancien dirigeant de l'aile socialiste de la CGT (Confédération Générale du Travail) qui est devenu secrétaire d'État au Travail dans le gouvernement du maréchal Pétain.

À cette occasion, la radio officielle ne manque pas de préciser que le 1er mai coïncide avec la fête du saint patron du Maréchal, Saint Philippe (aujourd'hui, ce dernier est fêté le 3 mai) !

En avril 1947, la mesure est reprise par le gouvernement issu de la Libération qui fait du 1er mai un jour férié et payé... mais pas pour autant une fête légale. Autrement dit, le 1er mai n'est toujours pas désigné officiellement comme Fête du Travail. Cette appellation n'est que coutumière.


MES ARRIERES GRANDS PARENTS PATERNELS ,MES GRANDS PARENTS PATERNELS ,MES PARENTS ONT VECU ET SONT ENTERRES A FOURMIES....C'EST DONC AVEC BEAUCOUP D'EMOTION QUE J'AI EVOQUE LE 1 er MAI A FOURMIES.

Commentaires

les 3*8....... travail, sommeil, loisirs déjà en 1890....on a rien inventé.....

Écrit par : jack | 01/05/2007

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Il en a fallu des conflits, des bagares, des morts aussi pour que nous arrivions à vivre comme nous vivons aujourd'hui. ..
Tu as raison, il ne faut pas l'oublier. Les congés payés, le travail sur 5 jours de 8 heures et encore moins maintenant, c'est un héritage que nous devons respecter car il a coûté très cher à nos ancêtres. Ne l'oublions pas.
Bonne journée

Écrit par : Anne-Marie | 01/05/2007

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Tu as raison de rappeler tous ces combats.
Bon premier Mai à toi et ta famille.

Écrit par : Allier-née | 01/05/2007

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Voilà une actualité bien raconté, faites de bagarres, conflits en tous genres, l'assassinat de Jaurès, 1936, 1968, 1981...et j'en passe, dire que certains veulent nous faire oublier tout cela...

Amitiés.

Jean Claude

Écrit par : Jérémie Ménerlache | 01/05/2007

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Une histoire familiale qui rejoint l'Histoire, belle leçon pour la Mémoire, Framboisine

Écrit par : la poule au Pau | 01/05/2007

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a propos d'en parler aux petits enfants ... y va falloir attendre un peu

Écrit par : francois | 01/05/2007

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Il ne faut pas oublier ces luttes qui on fait tant de morts pour que vive enfin la liberté.Ces hommes ont droit à notre respect pour leur contribution au mieux social, mais il reste tellement à faire encore, la lutte n'est pas terminée...
L'égoÏsme, le manque de solidarité sont un mal du siècle,difficile à éradiquer...;Vivons dans l'espoir!

Amicalement
hélène

Écrit par : hélène | 01/05/2007

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Un grand merci pour cet historique du 1er Mai Jacques ; j'en fais une copie à garder précieusement pour instruire mes petits enfants à l'occasion. Amitiés. Monique

Écrit par : monique-âne | 01/05/2007

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devoir de mémoire...pour toutes les luttes ouvrières
merci

Écrit par : henri | 02/05/2007

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quelle page épatante ! parce que l'histoire du Premier Mai la valait bien n'est-ce pas ? Bravo.. chapeau ! bises de miche

Écrit par : miche | 12/05/2007

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