03/07/2009
GOEMONIERS...LES TRAVAILLEURS DE LA MER ...
Autrefois sur ces côtes nord du Finistère, durant l'été, on pouvait voir sur les dunes et les grèves l'activité des paysans goémoniers. Le travail se faisait en famille. Le marin allait récolter les laminaires sur les hauts fonds proches de la côte. A l'arrivée des bateaux sur la grève, les algues étaient transférées sur une charette et transportées sur les dunes pour le séchage. Ensuite, elles étaient mises en tas en attendant le brûlage qui se faisait dans des fours en pierres sur la dune. On obtenait ainsi des pains de soude qui étaient vendus aux industriels pour en exploiter l'iode.

J'ai emprunté ces 5 magnifiques photos au site de Bernard Koch dont je vous mets le lien pour son site ,ci dessous .Il nous montre la récolte du gomon à l'ancienne à Plougerneau !C'est un spectacle remarquable !Bravo !
http://bernard.koch.free.fr/Bretagne/Goemont/Goemont0.htm
Les fours à goémon sont des fossés creusés dans le sol. De 5 à 10 de mètres de long , les parois et le fond sont tapissés de pierres plates assemblées avec de la glaise. Ces fours étaient divisés en compartiments dans lesquels on brûlait le goémon sec. Après le brûlage, chaque compartiment recueillait un bloc de soude d'environ 50 kilos, et la soude récoltée était vendue aux usines de produits chimiques.
Il fallait environ 1 tonne de goémon vert pour obtenir un bloc de 50kg de soude dont l'usine extrayait au mieux 1kg d'iode.
Ces fours à goémon sont encore visibles en de nombreux endroits de la côte Finistère: Plozevet, Plouneour-Trez, Lampaul-Plouarzel, Porspoder, Ile de Molène, etc.






Les algues sont les plus anciennes formes de vie sur notre planète. Riche de variétés, le champ algal breton recèle à lui seul, plus de 800 espèces de ces végétaux marins. Les hommes ont cependant utilisé cette ressource abondante de façons très diverses selon les cultures. Si les Asiatiques ont développé très tôt une alimentation puis une gastronomie à base d'algues, les peuples du nord les ont toujours considérées comme un aliment de misère. Engrais naturel, combustible, nourriture, l'algue est devenue avec l'âge industriel une source de matières premières pour la pharmacie, la cosmétique, l'agroalimentaire et l'agro-fourniture.

On peut distinguer quatre époques dans l'utilisation du goémon en Bretagne. Le goémon fut d'abord utilisé comme engrais, puis pour la soude qu'il contient. En 1681, Colbert réglementa la récolte du goémon. La soude était utilisée dans la fabrication du verre. En 1811 on découvrit l'iode, produit rare et cher. Le goémon fut alors récolté pour l'iode qu'il contient. On l'obtenait en séchant et en brûlant le goémon. L'iode était utilisée en pharmacie (teinture d'iode). Dans les années 1950 l'iode produite au Chili vint concurrencer celui extrait des algues et le remplaça car il coûtait moins cher. Actuellement le goémon est recherché pour ses alginates (les sels de l'acide alginique) .Ils servent comme épaississant et gélifiant. On les trouve dans les produits dentaires, les crèmes glacées, les patisseries, les parfums, les cosmétiques, les médicaments ... On compte plusieurs centaines d'utilisations de ces alginates !
De nos jours, les bateaux goémoniers sont équipés d'une vis hélicoïdale nommée "scoubidou" qui enroule les algues et les remonte. Le scoubidou hydraulique a été une véritable révolution dans le métier. Le problème majeur des goémoniers est longtemps resté le séchage : soumis aux caprices du temps, il mobilisait toutes les familles pour un travail non rétribué. Le naufrage de l'Amoco Cadiz a pesé lourd dans la décision des usines d'acheter à partir de 1978 le goémon non sèché. L'usage du scoubidou, et ce dernier progrès a vraiment amélioré la qualité de vie des goémoniers. En l'an 2000 ce sont 25 bateaux du port de Lanildut qui ont pratiqué la récolte.

Le goémonier est un bateau de petit taille, à fond plat et non ponté, équipé d'un bras mécanique articulé plongeant dans l'eau et se terminant par un « scoubidou », outil en forme de crochet sur lequel les algues sont entraînées par un mouvement de rotation puis arrachées. Les algues remontées à la surface sont ensuite stockées dans la cale du bateau, une pompe tournant en permanence pour évacuer l'eau embarquée avec les algues.
35 000 tonnes d'algues, soit 60% de la récolte française sont débarquées au port de Lanildut dans l'Aber-Ildut (Finistère). Elle est constituée en presque totalité de Laminaria digitata destinée à la production d'alginates. Le niveau de production est très variable d'une année sur l'autre en fonction du cours des alginates sur le marché mondial où la France fait figure de nain.

LE PORT DE LANILDUT
Au 19 ème siècle, il y avait beaucoup de goémoniers qui travaillaient sur la côte. Alors certains ont décidé d'aller exploiter les champs d'algues de l'archipel de Molène. On les a appelé les goémoniers migrants ou "pigouillers".
Les goémoniers préféraient pêcher le goémon dans l'archipel de Molène (ce sont des îles regroupées) parce qu'il y a beaucoup de laminaires, que la mer et les îles sont plus abritées du vent que sur les côtes, donc les algues sont plus faciles à arracher. Mais la traversée était dangereuse.
Trajet du goémon.
Autrefois : Les goémoniers migrants habitaient sur l'archipel de Molène pendant 3 mois (du début mai au 15 octobre), ils allaient récolter le goémon autour des îles. Ils le faisaient sécher et le mettaient dans des sacs. Puis un sablier (grand bateau à fond plat) venait chercher les sacs pour les emmener au port de Lanildut. On les emmenait ensuite dans les usines.
Aujourd'hui : Les goémoniers migrants vont récolter le goémon avec des bateaux à moteur et un skoubidou hydraulique. Ils rentrent au port de Lanidult tous les soirs. Ils déchargent le goémon qui part tout de suite dans les usines (depuis 1978 et l'échouage de l'Amoco-cadiz, les usines ont accepté de prendre le goémon vert, c'est à dire non séché). Le travail est moins difficile.
Equipement
Autrefois : Avant les bateaux à moteur, les goémoniers migrants avaient dans leur bateau : une guillotine (long manche avec une faucille qui sert à arracher les algues), et de la nourriture pour la journée. Quand ils rentraient de mer, il y avait sur l'île le cheval et la charrette qui les attendaient pour décharger le goémon puis pour l'envoyer sur les dunes afin qu'il sèche pendant plusieurs jours.
Aujourd'hui : Ils partent avec un bateau plus perfectionné : ils ont un skoubidou hydraulique commandé par 5 manettes.
Les conditions de vie
Autrefois : La récolte a lieu du mois de mai au 15 octobre parce que c'est la période où les algues poussent. Les goémoniers partaient trois mois sur les îles de l'archipel de Molène. Ils habitaient dans des maisons en pierres et terre séchée. L'eau était peu potable, le pain était rarement bon, souvent il était moisi. Ils mangeaient aussi du lard et du jambon. A tour de rôle, un gémonier rentrait au port pour le ravitaillement. Ils avaient une ferme (ou travaillaient dans les fermes) pour pouvoir vivre le reste de l'année.
Aujourd'hui les goémoniers partent le matin pour arriver sur les champs d'algues à la mi-marée descendante et rentrent à la mi-marée montante. Ils déchargent à Lanildut, ils vont manger, puis repartent parfois pour une autre récolte.Beaucoup vont pêcher la coquille Saint-Jacques dans la rade de Brest le reste de l'année.
L'évolution du nombre de goémoniers
En 1945, en Bretagne, il y avait 3 000 goémoniers, 400 à 500 étaient de Plouguerneau. En 1950 il n'y en avait plus que 300.
En 1998 il y avait 70 bateaux de goémoniers. En 1999, il y a 62 bateaux de goémoniers en Bretagne : 8 bateaux avec 2 grues et 54 bateaux avec 1 grue. Parmi ces goémoniers, 8 sont de Plouguerneau : 2 travaillent à Saint Michel, 2 à Kervenni, 4 sont des goémoniers migrants. Le nombre de goémoniers a beaucoup diminué.
La récolte des algues :
La récolte des algues se fait de début mai au 15 octobre (elle dure 6 mois), parce que les laminaires poussent à cette époque. Le travail a lieu à marée basse car le skoubidou n'est pas assez long pour atteindre le goémon à marée haute.
Les ports de déchargement d'algues des goémoniers de Plouguerneau:
Lanildut : Lanildut est situé dans le Finistère, à côté de Ploudalmézeau. Ce sont les goémoniers migrants qui y viennent. C'est le premier port d'Europe pour le déchargement d'algues. Il y a environ 25 bateaux qui déchargent 45 % (3 000 tonnes d'algues) de la production nationale.
Le Koréjou : Les 2 goémoniers qui travaillent au large de Saint Michel déchargent au Koréjou (port de Plouguerneau).
Lilia : Les 2 goémoniers qui travaillent du côté de Kervenni déchargent à la cale de Lilia.
22:03 Publié dans VISITE DE LA FRANCE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
LES CHEVAUX DE LA COTE DES LEGENDES
SI VOUS LE VOULEZ BIEN ,ON VA RESTER EN COMPAGNIE DES CHEVAUX...
A PLUSIEURS ENDROITS ,LE LONG DE CETTE MAGNIFIQUE COTE DES LEGENDES, ENTRE PORTSALL ET PORSPODER ,ON RENCONTRE DES TROUPEAUX DE CHEVAUX ,DES JUMENTS ET LEUR POULAIN ...UNE CLOTURE ELECTRIQUE TRES DISCRETE LES MAINTIENT DANS UN ESPACE RICHE D'UNE HERBE CERTAINEMENT D'UN GOUT EXQUIS .LE PANORAMA EST A COUPER LE SOUFFLE .
IL Y A DONC TOUT CE QU'IL FAUT POUR SE LAISSER TENTER PAR CE SPECTACLE ...PAS DE GESTES BRUSQUES ,UN PEU DE PATIENCE ET DE CALME ET TRES VITE LES CHEVAUX S'HABITUENT A MA PRESENCE ET CELLE DE L'APPAREIL PHOTO ...
APRES QUELQUES RECHERCHES ,IL ME SEMBLE AVOIR TROUVER LA RACE DE CES CHEVAUX :CE SONT DES CHEVAUX DE TRAIT BRETON .
21:26 Publié dans VISITE DE LA FRANCE | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : chevaux de landunvez, cote des legendes
01/07/2009
LE CHEVAL ET LA MER ....
JE VOUDRAIS AUJOURD'HUI PARTAGER UNE EMOTION .....
AU COURS D'UNE DE MES BALADES AU BORD DE MER ,J'AI ASSISTE A CETTE SCENE UN PEU IRREELLE ...UN CHEVAL ET SON CAVALIER ONT SURGI DE LA MER ...
EN CREANT CETTE NOTE ,J'AI PENSE A CE MAGNIFIQUE POEME D'EMILE VERHAEREN.
Les pêcheurs à cheval
Vagues d'argent et beau ciel clair
Le flot sur les grèves se vide.
Les cinq pêcheurs équestres de Coxyde
Pêchent nonchalamment, sur le bord de la mer.
Dans les lueurs et dans les moires
Des vagues pâles, passent,
Allant, venant,
Leurs silhouettes noires
Les chevaux vieux, les chevaux las,
Parfois lèvent la tête, et regardent là-bas,
L'espace ...
Les mailles traînent
Lentes et pesantes ; dans le remous,
Les bêtes vont, les rênes
Tombantes sur le cou,
Et monotones ;
Le corps houleux, au rythme de leur dos,
Leur cavalier les yeux mi-clos,
Siffle ou chantonne.
Une heure passe, une heure ou deux ;
On est heureux ou malchanceux ;
Le poisson vient ou bien se cache ;
On travaille par les temps chauds, par les temps froids,
Toujours, et néanmoins, on retourne chez soi,
- Oh ! que de fois ! -
Les paniers creux, sonnants et lâches.
Ainsi peinent les pêcheurs vieux,
Contents de rien, contents de peu,
Usant dans le malheur ou dans la chance,
Dans la contrainte et dans l'effort,
Les sabots de l'existence
Qui se brisent un jour et réveillent la mort ;
Pourtant, tels soirs d'été, quand, aux heures de lune
Sur leurs chevaux pesants, ils remontent les dunes
Et apparaissent, au loin, sur les crêtes, à contre-ciel,
Chargés de filets et de toiles,
On croirait voir de grands insectes irréels
Qui reviennent de l'infini
Après besogne faite et butin pris,
Dans les étoiles.
Émile VERHAEREN (1855-1916)
10:42 Publié dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : cheval, mer, verhaeren




























