14/05/2012
LE TYMPAN DE L'ABBATIALE DE CONQUES EN AVEYRON.
Cette note m'a demandé un gros trvail de préparation et je suis heureux de vous la présenter .Vous y découvrirez ce chef d'oeuvre unique de l'art roman du Rouergue ...Elle fait suite à ma note précédente et vous permettra d'explorer,d'une manière détaillée ,le tympan de l'abbatiale de Conques .

Au portail occidental de l'abbatiale de Conques, une profonde voussure en plein cintre abrite le tympan du Jugement dernier, l'une des œuvres majeures de la sculpture romane de la première moitié du XIIe siècle, par ses qualités artistiques et son originalité, par ses dimensions aussi. Il a vraisemblablement été réalisé sous l'abbatiat de Boniface, à la tête du monastère de 1107 à 1125, par un sculpteur qui avait sans doute déjà travaillé à la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle.
Large de 6,70 mètres pour une hauteur de 3,60 mètres, il n'abrite pas moins de cent vingt-quatre personnages dans un état de conservation tout à fait remarquable.
Pour le visiteur qui débouche sur le parvis, le tympan, à 3,50 mètres du sol, reste étonnamment lisible malgré le foisonnement des personnages et la diversité des scènes. Tout, en effet, s'ordonne autour de la figure centrale du Christ, démesurée par rapport aux autres personnages, et vers lequel le regard se trouve irrésistiblement attiré. A sa gauche, « l'enfer est comme l'image négative du paradis (à sa droite), un anti-ciel. Dans un cas tout est ordre, clarté, paix, contemplation et amour, dans l'autre violence, agitation convulsive, effroi » (Marcel Durliat).

La composition générale est d'une grande simplicité : le vaste demi-cercle du tympan comprend trois registres superposés que séparent des bandeaux réservés aux inscriptions gravées. Pour meubler ces registres, l'artiste les a divisés en une série de compartiments correspondant aux panneaux de calcaire jaune - au nombre d'une vingtaine - qu'il avait sculptés au sol avant de les assembler, comme dans un puzzle géant. Ce découpage, facile à discerner, a été réalisé habilement et de telle façon qu'un joint ne vienne jamais recouper un personnage ou une scène.
La source principale d'inspiration du Jugement dernier à été l'évangile de saint Matthieu. L'artiste a voulu fixer dans la pierre l'instant dramatique où le Christ prononcera les paroles gravées sur les petites banderoles que deux anges déroulent de part et d'autre de sa tête : « Alors il dira à ceux qui seront à sa droite : venez les bénis de mon Père, possédez le royaume préparé pour vous. Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche : éloignez-vous de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable... Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle ».

VOICI LE DIAPORAMA QUE J'AI REALISE...vous pouvez le regarder en mode "plein écran" et mettre le son ...
18:28 Publié dans ART ROMAN, VISITE DE LA FRANCE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : conques, tympan de l'abbaye de conques
13/05/2012
L'ABBAYE DE CONQUES EN AVEYRON.
Parmi les 10 plus beaux villages de France de l'Aveyron, je vous invite à partir à la découverte de toutes les richesses que nous offre Conques.

Tout d'abord, Conques est situé dans un environnement atypique. Le nom de Conques vient du site en forme de coquille échancrée par le torrent de l'Ouche et dominant la vallée du Dourdou. Conques était un grand centre de pélerinages et une des principales villes-étapes sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, sur la fameuse via Podensis.
Le panorama au point de vue du Bancarel permet de mesurer l'ampleur de la beauté du bourg. Etape majeure pour les pélerins sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, il est d'un autre temps. On découvre un patrimoine architectural miraculeusement épargné par les époques. Sur le versant ensoleillé, une ceinture de murailles se dresse, percée de portes fortifiées et flanquée de quelques tours. Elles délimitent un réseau de ruelles qui desservaient, autrefois, les lieux saints et les différents quartiers d'habitation. Préservée au cours des âges des destructions massives ou des rénovations, l'architecture civile se caractérise par la diversité des matériaux utilisés : schistes, grès rose et les fameuses toitures en lauze.Le dépaysement est assuré pour les visiteurs ou les pèlerins. Ces derniers y sont accueillis depuis le XIe siècle.
L'abbaye de Conques a été fondée par l'abbé Dadon vers la fin du VIII° siècle, un ermite qui avait élu domicile à Conques. C'est l'époque où les souverains carolingiens, pour des motifs autant politiques que religieux, favorisent et comblent de bienfaits les monastères de leur empire. Le Trésor de Conques a pour origine ces largesses royales. La mémoire collective ne retiendra que le nom de Charlemagne, le bienfaiteur par excellence, qui éclipsa tous les autres membres de sa famille. Et il aura tout naturellement sa place dans le cortège des élus sur le tympan du Jugement dernier.(Voir la note et le diaporama que j'ai entiérement consacré au tympan)

L'abbaye se développa surtout à partir de l'arrivée des reliques de Sainte Foy. Curieusement, le destin de Conques paraît avoir été scellé au temps de l'empereur romain Dioclétien lors de grandes persécutions. Loin d'ici, une jeune chrétienne de la cité d'Agen, refusant de sacrifier aux dieux du paganisme, endura le martyre. Convertie par l'évêque de la ville saint Caprais, Foy (Fides en latin) était âgée de douze ans à peine. Or à une époque où le culte des reliques prenait de plus en plus d'ampleur, où la présence de corps saints entraînait pour l'abbaye qui les détenait un grand rayonnement spirituel, Conques se trouvait singulièrement démunie. C'est alors que ses moines, après plusieurs tentatives infructueuses, jetèrent leur dévolu sur les précieuses reliques de sainte Foy d'Agen, très vénérées en Aquitaine. Le rapt, appelé pudiquement «translation furtive», se situe en l'an 866.

L'actuelle abbatiale Sainte-Foy de Conques est une église abbatiale, c'est-à-dire l'église d'une abbaye. Sa construction commença sous l'abbé Odolric (1030-1065) et semble s'être terminée sous l'abbatiat de Boniface (1107-1125).
En 1987, Pierre Soulages, peintre abstrait français de notoriété internationale, né en 1919 à Rodez, dont les souvenirs d'enfance ont été imprégnés par ce lieu, commence à travailler avec enthousiasme sur le projet de création des vitraux de l'église Sainte-Foy de Conques.
C'est en 1994, qu'il achève la réalisation de 95 verrières et de 9 meurtrières visibles de l'intérieur comme de l'extérieur qui respectent, tout en la magnifiant, l'austérité romane et ses symboles et invitent la lumière à pénétrer dans l'église.
Les vitraux de Pierre Soulages ont remplacé des vitraux plus classiques qu'on trouve aujourd'hui au centre d'art médiéval (en haut du village). Ces derniers obscurcissaient considérablement l'abbatiale et étaient finalement assez éloignés de ce qui existait à l'origine. A l'époque où l'usage des vitraux n'était pas encore répandu, des parchemins occupaient leur place : ils comblaient les fenêtres tout en laissant passer la lumière. L'intention de Pierre Soulages était de se rapprocher de cette luminosité particulière par des vitraux en verre dépoli, à motifs très simples. Après avoir suscité de vives polémiques, ces vitraux sont désormais bien acceptés.Il convient de préciser qu'ils ont été réalisés par le maître verrier Jean-Dominique Fleury.

Et maintenant ,je vous invite à regarder le diaporama que j'ai réalisé ...N'hésitez pas à le regarder en mode "plein écran"et à mettre le son...
14:00 Publié dans ART ROMAN, MON ROUERGUE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : abbaye conques
13/03/2012
IL FAIT SI BON VIEILLIR ???
Prenez le temps le temps d'écouter cette jeune fille...
Elle dénonce une réalité qu'il est urgent de bannir afin de faire respecter les droits humains jusqu'au bout de la vie de chacun.
Il fait si bon vieillir... par MEMORIALCAEN
Cette jeune fille est lycéenne en terminale au lycée Champagnat, à Saint-Symphorien-sur-Coise, dans le Rhône.. Elle vient de remporter le concours de plaidoierie organisé par le Mémorial de Caen. Elle a choisi pour thème la fin de la vie, celui que nous redoutons tous, et elle l'a transcendé.
Alma Adilon Leonardi a 16 ans, d'où lui vient cette maturité, cette profondeur? Elle sait écrire, elle sait dire, elle sait partager, elle sait vibrer, elle sait penser. En un mot ,elle sait aimer ....
[Dans un texte bouleversant, elle s'indigne du sort réservé aux vieilles personnes dans certaines maisons de retraite, dénonce la relégation de nos vieux dans des mouroirs, accuse la société "plongée dans une loi du plus fort, dans une course au profit, à l'efficacité et à la rentabilité, d'évincer et de dévaloriser la vieillesse".
En ouvrant sa plaidoirie, elle a raconté une scène qui parlera sans doute à beaucoup de familles. Une scène vécue par sa belle-mère, rentrée triste et abattue après avoir visité des établissements d'hébergement pour trouver une place à sa maman souffrant de la maladie d'Alzheimer. "Une employée m'a menée à un semblant de salon. Trois vieilles femmes étaient recroquevillées sur leurs fauteuils. (...) A côté d'elles, une chaise roulante vide, à un détail près. Deux prothèses de jambe gisaient à ses pieds, revêtues de bas de laine. Voyant mon trouble, l'aide-soignante a devancé ma question : "Ne vous inquiétez pas, ce n'est que le fauteuil d'une résidente morte il y a deux jours." (...) Devinant mon indignation, elle m'a aimablement rassurée :"Ils ne s'en rendent pas compte vous savez, ils sont vieux, ça ne les dérange pas...""
Touchée par cette histoire, Alma Adilon-Lonardoni s'est documentée, a découvert sur Internet de multiples témoignages de familles désemparées. Depuis sa victoire à Caen, la jeune fille a reçu de nombreux courriers. "Son texte a même été affiché dans le hall de certaines maisons de retraite", témoigne l'un de ses professeurs.
La crise financière a balayé les grands projets. La réforme promise de la dépendance a été enterrée. Reste le coup de gueule d'Alma. Sous quel regard et où vieillirons-nous ? Le comédien François Morel, qui sait si justement dire, sur France Inter, "ferme ta gueule" aux politiques qui dérapent, aurait pu dire à Alma Adilon-Lonardoni : "Ouvre ta gueule, Alma, ouvre ta gueule !"]
Le texte souligné est de Sandrine Blanchard du journal Le Monde .
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Bravo et un immense merci !!!
Grâce à sa victoire, elle va partir pour New York visiter le siège de l'ONU. Bon voyage!
23:33 Publié dans DROITS DE L'HOMME | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note



